24 mai 2024

L’avenir de l’éducation est axé sur les défis

Publié en anglais dans TheFutureEconomy.ca le 17 mai 2024.

Les grands enjeux de politique publique du Canada sont nombreux, et ils ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Notons parmi eux l’offre de logements durables et abordables, la sécurité alimentaire, la préparation et la prévention des grandes catastrophes naturelles, la conception de villes et d’espaces respectueux de notre environnement, la transition vers des énergies propres et la prise en charge d’une population vieillissante.  

Ce sont là nos défis communs, tant au niveau national qu’au niveau mondial. La bonne nouvelle, c’est que le Canada bénéficie d’un des secteurs postsecondaires les plus solides au monde. Si nous réfléchissons stratégiquement aux «qui», «quoi», «pourquoi», «quand» et «comment» de l’apprentissage, chaque défi se transforme en une opportunité stratégique pour les collèges et instituts. Leur qualité d’éducateurs, de partenaires et d’innovateurs leur permet en effet de contribuer davantage à la solution. 

Mariana Mazzucato, économiste et professeure, appelle cela l’«innovation axée sur les défis». Cette notion veut que des objectifs bien définis et axés sur la résolution des grands défis de la société puissent nous aider à établir des priorités, à rationaliser et à mobiliser des ressources dans tous les secteurs pour élaborer des solutions. Dans un monde marqué par une multiplication des défis et une réduction des dépenses publiques, ces solutions sont plus que jamais nécessaires. 

Investir dans l’apprentissage est essentiel. Une approche axée sur les défis implique de commencer par «pourquoi». 

Étape 1 : Identifier le défi 

Prenons l’exemple du logement. En 2022, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) signalait que 1,4 million de ménages au Canada n’avaient pas accès à un logement de qualité. Si l’on veut que le marché du logement redevienne abordable, le Canada devrait, toujours selon la SCHL, construire 3,45 millions de logements supplémentaires d’ici à 2030. D’autres estiment en revanche que les chiffres réels sont bien plus élevés.

La population canadienne a désespérément besoin d’une réponse. Parmi les solutions proposées figure un Fonds pour accélérer la construction de logements. Doté d’un budget de 4 milliards de dollars, il prévoit entre autres des incitatifs pour les municipalités et des allègements fiscaux pour les promoteurs immobiliers. Il est clair que le défi du logement abordable se pose à l’échelle du pays. Mais si nous reconcevons la nature réelle du défi, il sera plus facile de savoir quelles solutions systémiques les collèges et instituts peuvent apporter à la table.   

Comment? 

Très concrètement, les enjeux tels que l’accessibilité et l’abordabilité des logements ne se limitent pas à l’aspect pécuniaire. Il s’agit aussi de développer une main-d’œuvre capable de répondre à la demande. C’est là que les collèges et instituts rentrent dans l’arène. 

Les travailleuses et travailleurs des métiers spécialisés bâtissent et réparent des structures telles que des maisons, des écoles, des hôpitaux et des routes, en plus d’autres infrastructures essentielles. Sans ces hommes et ces femmes, notre économie serait à l’arrêt. La construction d’une maison type nécessite l’intervention sur chantier de plus de 30 corps de métier différents et autres professions. Pour assurer son avenir, le secteur du logement au Canada a besoin non seulement d’hommes et de femmes pour la conception, la peinture, la plomberie, l’électricité, la maçonnerie, le recouvrement, mais aussi de beaucoup d’équipements. 

Pourtant, un rapport de Leadership avisé RBC révèle en 2021 qu’au cours des cinq prochaines années le Canada manquera de 10 000 personnes dans les métiers du Sceau rouge reconnus à l’échelle nationale.  Lorsque l’on tient compte des 250 métiers reconnus au niveau provincial, ce nombre est décuplé. Si nous voulons vraiment relever les défis du Canada en matière de logement, ces chiffres ne peuvent être ignorés.

Ce sont les collèges et instituts qui forment directement à ces emplois. Nous devons toutefois redoubler les investissements publics si nous voulons accroître les débouchés. La School of Construction and the Environment du British Columbia Institute of Technology offre ainsi plus de 90 programmes et 272 cours à temps partiel, microcertifications et options de formation personnalisées dans des domaines tels que le génie civil, la gestion de la construction, la ferronnerie, le soudage et la plomberie. Au Nova Scotia Community College, les étudiantes et étudiants peuvent apprendre des métiers tels que la maçonnerie de briques et de pierres, le dessin, la tuyauterie et la charpenterie.

Étape 2 : Découvrir les besoins du marché 

Outre le logement, la plupart des grands défis de ces cinq dernières années en matière de main-d’œuvre relèvent directement du domaine des collèges et instituts. Leurs programmes sont directement adaptés, en temps réel, aux besoins de la population canadienne (tant du point de vue des employeurs que de celui des apprenants).  

Penchons-nous brièvement sur l’industrie du cannabis. Dès les premiers mois qui ont suivi la légalisation, une dizaine de collèges et instituts ont élaboré et mis en œuvre des programmes visant à former des professionnels à tous les aspects de ce secteur florissant. Quant au secteur des technologies émergentes, les collèges et instituts proposent près de 50 programmes dans des domaines tels que l’IA, les mégadonnées, l’analyse de données et l’apprentissage automatique. 

Pour ce qui est du vieillissement de la population au Canada, les collèges et instituts offrent des possibilités de recherche et de formation pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées. Ils proposent notamment un programme national de microcertification pour remédier rapidement à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur des soins de longue durée.

Quoi? 

Aujourd’hui, parmi nos plus grands défis figurent l’énergie, la durabilité et les compétences vertes. La transition énergétique ne se limite pas aux éoliennes et aux panneaux solaires. Elle consiste à restructurer radicalement nos modes de production, d’utilisation, de stockage et de gestion de l’énergie dans tous les secteurs, et pas seulement dans celui des ressources naturelles.  

Le rapport «Électricité en demande» (2023) de Ressources humaines, industrie électrique du Canada (RHIEC) a identifié des domaines tels que les maisons et les villes intelligentes, l’intégration des véhicules électriques, l’efficacité énergétique et le stockage de l’énergie comme des domaines prioritaires où la demande sur le marché du travail augmentera au cours des cinq prochaines années. Le rapport souligne qu’une stratégie d’investissement dans la quantité et la qualité de la main-d’œuvre est essentielle pour garantir la durabilité de la croissance dans le secteur. En d’autres termes, nous devons former davantage de travailleuses et travailleurs dans ce secteur et veiller à ce qu’ils possèdent la formation et les compétences adéquates.

La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, s’est récemment exprimée à ce sujet dans un discours important. Elle a déclaré que, si nous veillons à ce que la formation et l’éducation permettent aux Canadiennes et Canadiens d’acquérir les compétences nécessaires, nous pourrons stimuler l’innovation et la productivité et ainsi réduire les risques d’inflation future.

C’est exactement à ce genre de demande sur le marché du travail que les collèges et instituts répondent par leurs programmes. L’Algonquin College, par exemple, est un partenaire de longue date d’Hydro Ottawa dans le cadre du programme de diplôme de technicien en lignes électriques. Les instructeurs chevronnés de l’Algonquin College dispensent les éléments théoriques du programme d’études. Les employés d’Hydro Ottawa donnent quant à eux des cours pratiques dans leurs installations, ce qui permet aux étudiantes et étudiants d’apprendre le métier sur le tas. Dans le cas présent, les collèges et instituts répondent directement aux besoins réels des employeurs et des fournisseurs d’énergie. 

Au Cégep de Saint-Jérôme, les étudiantes et étudiants ont littéralement la possibilité de faire avancer la transition écologique du Canada grâce au programme de Technologies des véhicules électriques. Ils apprennent à travailler sur des aspects fondamentaux de ce secteur en plein essor, depuis le développement et la fabrication jusqu’à l’inspection, la maintenance et le contrôle de la qualité.  

Pour que notre transition énergétique et durable soit un succès, nous devons nous concentrer sur les connaissances enseignées dans le cadre de nos défis majeurs, tout en abordant la question de la qualité de la main-d’œuvre. L’autre moitié est une question de quantité. 

Étape 3 : Rendre accessible et appliqué 

La simple réalité est que nous avons besoin de plus de travailleuses et de travailleurs pour répondre à la demande du marché du travail résultant de ces défis majeurs. Une main-d’œuvre diplômée des collèges et instituts est indispensable. Pourtant, trop souvent, le public se méprend sur le secteur des collèges et des instituts. Sans oublier que les limitations à l’accès rentrent aussi en ligne de compte. Nous devons mieux recadrer les perceptions sur la formation professionnelle et les métiers spécialisés. Pour ce faire, il nous faut prendre comme base des données probantes. Tout cela est crucial pour chacune de nos collectivités.  

La réalité veut que les collèges et instituts soient pertinents, qu’ils soient adaptés aux besoins de l’industrie et qu’ils mènent à des carrières hautement qualifiées, gratifiantes et bien rémunérées. Les données de Statistique Canada montrent que les compagnons formés dans les collèges et instituts dans certains domaines liés à la construction (dont les techniciens de lignes électriques, les grutiers et les techniciens d’instrumentation et de contrôle industriels) peuvent gagner plus de 100 000 dollars par an. En bref, les collèges et instituts aident la population à acquérir les compétences axées sur l’emploi indispensables pour pouvoir s’épanouir immédiatement au travail. Ce type d’apprentissage est de plus en plus fréquent dans un environnement de recherche appliquée.  

Par exemple, le Green Building Technologies Access Centre du SAIT collabore avec des partenaires de l’industrie de la construction pour concevoir, mettre en œuvre et commercialiser des technologies, des procédés, des systèmes et des services respectueux de l’environnement. Ces derniers sont dès lors susceptibles de transformer la manière dont nous construisons les espaces résidentiels et industriels.  

La recherche appliquée menée au sein des collèges et instituts nous aide certes à trouver des solutions à nos problèmes climatiques et de logement. Mais aussi, pour les étudiantes et étudiants, le fait de travailler sur un projet de recherche appliquée leur offre une perspective interne sur leur secteur d’activité, ce qui leur permet de mettre en pratique les compétences acquises en classe dans des scénarios concrets et de commencer à constituer leur boîte à outils professionnelle. En 2021-2022, ce sont 27 000 étudiantes et étudiants qui ont contribué à des projets de recherche appliquée dans les laboratoires et les centres de recherche des collèges et instituts. 

Qui? 

Il est important que davantage de Canadiennes et Canadiens, ainsi que les nouveaux arrivants au Canada, aient la possibilité de contribuer de manière significative à notre économie et d’aider à résoudre ces défis majeurs. Cela implique que les programmes soient flexibles, accessibles et produisent des résultats rapides pour améliorer ou renforcer les compétences, en particulier pour les groupes traditionnellement sous-représentés dans l’enseignement postsecondaire. 

Étape 4 : Investir dans l’enseignement et l’apprentissage pour relever nos défis nationaux 

Les collèges et instituts contribuent à une croissance économique inclusive en générant plus de 190 milliards de dollars en retombées économiques annuelles et en travaillant avec une foule de partenaires privés et communautaires pour offrir plus de 10 000 programmes de formation à des étudiants en milieu urbain, rural, éloigné ou nordique. Le manque de financement est une menace existentielle qui pèse sur cet impact économique. Pourtant, notre pays n’a pas revu à la hausse de manière significative le financement public des collèges et instituts au cours des dix dernières années.

Les collèges et instituts sont des établissements bénéficiant d’aides publiques. Cela signifie que leur mode de financement détermine leurs possibilités d’action. Contrairement aux organismes privés, qui sont eux guidés par leurs clients. Certains débats publics détournent souvent la conversation des véritables enjeux. C’est le cas par exemple de celui qui se déroule actuellement sur le thème de la croissance durable du nombre d’étudiants internationaux.

L’avenir de l’éducation est axé sur les défis Si nous définissons «qui», «quoi», «pourquoi» et «comment» investir dans l’apprentissage à partir de nos défis majeurs, chacun d’entre eux deviendra une opportunité pour les collèges et instituts. Leur qualité d’éducateurs, de partenaires et d’innovateurs leur permet en effet de contribuer davantage à la solution.   

«Quand» veut tout simplement dire «maintenant». 

17 avril 2024

Une nation commerçante a besoin d’une main-d’œuvre ouverte sur le monde

Ce texte d’opinion a été publié par le Hill Times le 15 avril 2024.

Le Canada est un État commerçant : en 2022, les échanges bilatéraux de biens et de services du pays ont atteint un sommet de 1,9 billion de dollars. Nous avons conclu quinze accords de libre-échange qui représentent plus de 60 % du PIB mondial. De plus, le Canada est le seul pays du G7 à bénéficier d’un accès complet au libre-échange avec tous ses homologues du G7 et avec l’Union européenne.

Il s’agit là d’un avantage unique sur le marché mondial. Le gouvernement fédéral a fait de la diversification et de l’expansion une priorité. Toutefois, une telle dépendance au commerce nous fait aussi courir des risques : les réalités géopolitiques continuent d’évoluer, les secteurs et les chaînes d’approvisionnement se redéfinissent, les nouvelles technologies modifient les lieux et les méthodes de travail.

Les expériences d’études et de travail à l’étranger, comme celles que rend possibles le financement du programme Expérience compétences mondiales (ECM) – l’un des piliers de la Stratégie du Canada en matière d’éducation internationale – exposent la population étudiante à de nouveaux environnements, à de nouveaux enjeux, à de nouvelles façons de penser. Ces expériences contribuent à mieux former les talents canadiens sur le plan culturel, améliorent leurs capacités d’adaptation et facilitent leur intégration au marché du travail. Pour les entreprises, cela signifie que le personnel est mieux outillé pour aborder et comprendre la clientèle, les fournisseurs et la concurrence dans le monde entier.

Ces compétences et ces caractéristiques s’avèrent essentielles, car le Canada s’est doté de projets de croissance ambitieux qui nécessiteront un investissement important dans les talents du monde entier. Alors que les multinationales disposent des ressources et des réseaux nécessaires pour attirer du personnel du monde entier, 98 % des entreprises canadiennes sont des petites et moyennes entreprises qui s’appuient principalement sur les talents locaux. Nous devons veiller à ce qu’elles aient également accès à du personnel doté de compétences internationales.

Il est important de réfléchir de manière stratégique à l’acquisition et au maintien en fonction de ces personnes talentueuses, en particulier si l’on tient compte de la composition démographique du Canada. Ainsi, nous savons que les jeunes Autochtones font partie des populations dont la croissance est la plus rapide. Si nous rendons les expériences de travail et d’études à l’étranger plus accessibles pour les étudiantes et étudiants qui se heurtent traditionnellement à des obstacles en matière de participation, entre autres les étudiantes et étudiants qui s’identifient comme autochtones, ayant des capacités différentes ou issus de milieux à faible revenu, des programmes comme ECM contribueront à uniformiser les règles du jeu et à élargir le bassin de main-d’œuvre qualifiée dans lequel les entreprises canadiennes pourront puiser.

N’oublions pas qu’un État commerçant a besoin d’une main-d’œuvre mobilisée et présente à l’échelle de la planète. Les liens entre les personnes et entre les entreprises renforcent la place du Canada à l’international. Plus il y aura de Canadiennes et de Canadiens dans le monde, plus nous confirmerons la réputation du Canada comme pays axé sur l’innovation et comme lieu d’affaires international. Dans le même ordre d’idées, plus il y aura de Canadiennes et de Canadiens qui rentreront au pays avec des compétences mondiales, mieux nous positionnerons nos entreprises pour qu’elles réussissent à l’échelle du globe.

Les projets d’ECM ont déjà contribué à la création de plus de 800 partenariats entre des établissements d’enseignement postsecondaire, des entreprises et des organisations internationales dans plus de 100 pays. Parmi ces destinations, 80 % sont considérées comme non traditionnelles pour la population étudiante canadienne – entre autres le Japon, le Mexique et le Costa Rica – et constituent d’importants marchés de croissance.

Le programme ECM est un réseau établi et un projet pilote réussi qui a fait ses preuves. Il est logique, d’un point de vue commercial, qu’il devienne un élément permanent de l’ambition de croissance du Canada.

La Chambre de commerce du Canada représente plus de 400 chambres de commerce locales, et plus de 200 000 entreprises de tous types, tailles et secteurs. Nous savons que notre prospérité à long terme est étroitement liée à notre façon de participer aux activités mondiales. Si nous manquons d’efficacité, c’est plus qu’une occasion de croissance que nous perdrons; nous ferons courir un risque existentiel à nos entreprises, nous remettrons en question notre prospérité économique.

Perrin Beatty est président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada.

24 janvier 2024

L’imprévisibilité mondiale place le Canada à la fois devant des défis de taille et de nouvelles opportunités

Par Margaret Biggs, Matthews Fellow en politique publique mondiale, Queen’s University , et Roland Paris, directeur de l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa. Publié pour la première fois dans le Globe and Mail. 

Le Canada ne s’adapte pas assez rapidement à un monde où la concurrence et les conflits s’intensifient. Et ce n’est pas seulement parce que les gouvernements et les entreprises du Canada mettent du temps à réagir aux nouvelles conditions économiques et de sécurité mondiales. Trop peu de Canadiens et Canadiennes acquièrent l’expérience internationale nécessaire pour aider nos gouvernements et nos entreprises à bien s’adapter. 

Ce constat peut paraître surprenant quand on sait que la société canadienne est l’une des plus diversifiées au monde. Toutefois, la diversité ne se traduit pas nécessairement par une ouverture sur le monde ou par le type de compétences mondiales dont le Canada aura de plus en plus besoin, soit une main-d’œuvre outillée pour aider les gouvernements et les entreprises à gérer des problèmes mondiaux de plus en plus complexes. 

Dans le rapport de notre groupe de travail, paru il y a cinq ans, nous avons souligné à quel point le Canada était à la traîne. Nos principaux partenaires et concurrents – dont les États-Unis, l’Union européenne et l’Australie – investissaient dans des stratégies ambitieuses pour encourager leurs propres étudiants et étudiantes à travailler ou à étudier à l’étranger pendant leur parcours postsecondaire. Ces pays ont reconnu l’intérêt stratégique de former des personnes diplômées dotées de compétences internationales à une époque où le monde était en pleine mutation. Le Canada, en revanche, ne faisait pas grand-chose. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À l’époque, environ 33 % des étudiants et étudiantes de premier cycle en France partaient à l’étranger pour une partie de leur cursus. En Allemagne, la proportion était de 29 %. En Australie et aux États-Unis, c’était 19 et 16 % respectivement. Au Canada, seulement 11 % de la population étudiante était dans cette situation. 

La bonne nouvelle, c’est qu’en 2021 le gouvernement du Canada s’est associé à des collèges et universités de tout le pays pour lancer le programme pilote Expérience compétences mondiales. Son objectif : accroître l’accessibilité de l’apprentissage international pour la population étudiante de niveau postsecondaire. 

Il ne s’agit pas d’une initiative traditionnelle d’études à l’étranger. Expérience compétences mondiales offre à nos jeunes des occasions d’apprendre non seulement en classe, mais aussi dans le cadre d’emplois temporaires et de stages à l’étranger. Il cible également un plus grand nombre de pays : alors que les étudiants et étudiantes d’ici privilégient le plus souvent quelques destinations familières – les États-Unis, l’Europe occidentale et l’Australie – le nouveau programme met l’accent sur des pays émergents comme l’Indonésie et le Brésil, qui jouent un rôle toujours plus important dans l’économie mondiale. 

Au cours des deux dernières années, plus de 6200 étudiants et étudiantes des collèges et universités du Canada ont fait des études et des stages à l’étranger dans le cadre de ce programme. Ils représentent la promesse d’une future génération de Canadiennes et de Canadiens professionnels dotés de connaissances et de relations internationales. 

Toutefois, la fin du projet pilote ECM est prévue pour 2025, et sa continuité est incertaine. En contexte de restrictions économiques, il risque d’être considéré comme un luxe réservé aux « jeunes de familles riches ». Ce serait toutefois une perception erronée. À ce jour, 75 % des personnes qui ont participé au programme viennent de groupes traditionnellement sous-représentés dans l’enseignement supérieur, notamment des jeunes issus de familles à faible revenu et des Autochtones. 

Ce n’est pas un hasard. Le programme a pour objectif d’aider les étudiants et étudiantes de tous horizons et de les préparer à de bons emplois. Des études montrent que les personnes qui étudient ou travaillent à l’étranger ont plus de chances de terminer leurs études et de trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme, et que ces avantages sont encore plus marqués pour les étudiants et étudiantes de milieux défavorisés. 

Les employeurs sont de plus en plus à la recherche de personnel possédant les compétences internationales et interculturelles que procurent ces expériences. Selon la Table ronde du milieu des affaires et de l’enseignement supérieur, qui représente certains des plus gros employeurs privés du pays, les expériences d’apprentissage internationales améliorent la pensée critique des étudiants et étudiantes, leur aptitude à résoudre des problèmes et leur capacité de s’adapter à divers environnements culturels, en plus de leur faire découvrir les pays où ils travaillent ou étudient.  

Les entreprises et les gouvernements auront besoin d’un grand nombre de personnes possédant ces compétences pour les aider à naviguer dans les méandres d’un monde en mutation, et ce, pour plusieurs raisons. La longue période d’après-guerre caractérisée par une prospérité et une sécurité relatives est terminée. La concurrence accrue pour les technologies émergentes et les ressources essentielles reconfigure rapidement les marchés mondiaux et les chaînes d’approvisionnement. La concurrence géopolitique ne montre aucun signe d’apaisement. L’imprévisibilité mondiale place le Canada à la fois devant des défis de taille et de nouvelles opportunités. 

Les entreprises canadiennes doivent prendre des risques sur de nouveaux marchés et avec de nouveaux produits, tout en prévoyant et en gérant les risques – une tâche difficile, mais essentielle. Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent également les soutenir, notamment en mettant en œuvre la stratégie indopacifique du Canada et en défendant les intérêts du pays dans d’autres parties du monde. 

Les secteurs public et privé du Canada devront travailler fort pour relever ces défis. Mais sans une population active possédant l’expérience et les connaissances internationales nécessaires, leurs efforts ne produiront pas les résultats escomptés. Et le Canada prendra encore plus de retard. 

28 septembre 2023

Le postsecondaire : le point de départ pour combler l’écart de compétences au Canada

Par Denise Amyot, présidente-directrice générale, Collèges et instituts Canada
Publié dans The Hill Times

Dans une économie aussi diversifiée et vaste que celle du Canada, prévoir et satisfaire les besoins en compétences est une tâche complexe. Certes, nous avons besoin de professionnels de métiers et de la santé qualifiés. Par contre, les professionnels de l’éducation préscolaire, de la conception de logiciels et de l’entrepreneuriat sont tout aussi indispensables à la croissance de notre économie en évolution. La mondialisation complique considérablement notre profil national de compétences et, plus que jamais, les employeurs canadiens ont besoin de candidats et candidates dotés d’une combinaison optimale de compétences professionnelles et mondiales.

Les collèges et instituts ont toujours axé l’enseignement sur des compétences recherchées par le marché du travail. Ils offrent d’ailleurs plus de 10 000 programmes conçus avec les secteurs pour veiller à ce que les objectifs d’apprentissages correspondent aux attentes des employeurs.

Les expériences d’études et de travail à l’étranger complètent cette équation. Les « compétences mondiales » sont les compétences communes à tous les professionnels, telles que la communication, la collaboration et la capacité d’adaptation. Les expériences à l’étranger permettent aux étudiants et étudiantes d’acquérir ces compétences avant d’intégrer le marché du travail. Cependant, les statistiques montrent que les Canadiens et Canadiennes sont moins susceptibles que leurs homologues du G7 à vivre de telles expériences. Dans un contexte mondial, c’est un désavantage. Heureusement, les programmes comme Expérience compétences mondiales (ECM) peuvent combler cet écart.

Financé par Emploi et Développement social Canada et géré conjointement par Collèges et instituts Canada et Universités Canada, ECM facilite l’accès aux expériences d’apprentissage à l’étranger pour les Canadiens et Canadiennes aux études postsecondaires. Dans le cadre du programme, les établissements organisent et concrétisent des expériences d’études et de travail à l’étranger qui favorise l’acquisition des compétences mondiales recherchées par les employeurs et nécessaires à l’économie canadienne.

Par exemple, le programme de soutien à la mobilité internationale des entrepreneurs autochtones I’M SIENT (International Mobility Supporting Indigenous Entrepreneurs) du Sault College en Ontario est une initiative financée par ECM qui permet aux étudiants et étudiantes autochtones de perfectionner leurs compétences techniques et analytiques et d’appliquer leurs connaissances avec des pairs et des entrepreneurs autochtones du Yucatan, au Mexique. Le potentiel de compétences de cette initiative est incalculable, d’autant plus qu’elle cible des groupes généralement sous-représentés dans la main-d’œuvre canadienne et les études postsecondaires.

ECM mise sur les forces d’un réseau de plus de 250 établissements postsecondaires pour favoriser l’intégration d’environ 11 000 étudiantes et étudiants canadiens sur quatre ans (particulièrement ceux et celles qui ont traditionnellement un accès limité à ces expériences) à une population active concurrentielle.

À ce jour, plus de 5000 étudiants et étudiantes, dont 75 % s’identifient comme membres d’un groupe traditionnellement sous-représenté, ont participé à une expérience d’étude ou de travail financée par ECM dans une centaine de pays. Parmi eux, 64 % sont à faible revenu, 18 %, en situation de handicap et 13 %, autochtones.

Le postsecondaire a toujours été la clé pour relever les défis du marché du travail. En effet, l’évolution du monde de l’emploi doit absolument se refléter dans l’éducation, et les expériences d’apprentissage hors de la salle de classe et du pays sont plus pertinentes que jamais.

Les expériences d’études et de travail à l’étranger, telles que celles financées par ECM, exposent les étudiants et étudiantes à de nouveaux environnements, défis et mentalités qui leur permettent d’acquérir des compétences, de la confiance et une appréciation pour la diversité. Elles constituent de plus un élément clé de la Stratégie en matière d’éducation internationale du gouvernent du Canada.

Les participants et participantes d’ECM ont identifié l’adaptabilité, la collaboration, le réseautage, la résolution de problème, les compétences linguistiques et la communication parmi les principales compétences acquises lors des expériences financées par le programme. D’ailleurs, chacune de ces compétences concorde avec l’initiative Compétences pour réussir du gouvernement du Canada, qui liste neuf compétences nécessaires pour participer et s’épanouir aux études, au travail et dans la vie.

Le Canada a besoin d’un flux permanent de talents compétitifs à l’échelle mondiale. Le financement permanent de programmes comme ECM profite donc aux étudiants, aux étudiantes et aux employeurs tout en aidant les établissements d’enseignement à offrir encore plus d’expériences d’études et de travail à l’étranger sécuritaires, enrichissantes et accessibles.

Avec un financement garantissant sa pérennité et sa croissance, ECM pourra cumuler les succès, former davantage de professionnels à la réussite et approfondir les liens interpersonnels à l’échelle mondiale. Les Canadiens et Canadiennes qui vivent des expériences à l’étranger rapportent de nouvelles compétences chez nous. La vitalité de notre main-d’œuvre en dépend.

12 septembre 2023

Les collèges et instituts mettent fin à la stigmatisation des métiers

Par Denise Amyot, présidente-directrice générale, Collèges et instituts Canada 

Publié dans Éducation pour l’emploi, automne 2023.

D’ici à 2028, ce sont plus de 700 000 personnes de métier qualifiées qui prendront leur retraite au Canada. Voilà ce que révèle un rapport de Leadership avisé RBC en 2021 (Powell & Richardson, 2021). Il précise également que l’un des principaux défis du secteur est la persistance de la sous-représentation des femmes et des immigrants. Les défis à relever sont certes considérables pour l’avenir du secteur. Mais les débouchés le sont tout autant.  

Les travailleuses et travailleurs des métiers spécialisés bâtissent et réparent des structures telles que des maisons, des écoles, des hôpitaux et des routes, en plus d’autres infrastructures essentielles. Sans ces hommes et ces femmes, notre économie serait à l’arrêt. Et pourtant, on constate une diminution du nombre de titulaires de certificats d’apprentissage en âge de travailler. Selon les données du dernier recensement, ces chiffres ont soit stagné, soit diminué de 10% entre 2016 et 2021.  

Cette tendance est de mauvais augure pour l’avenir du secteur. Il est urgent d’agir pour la combattre. La bonne nouvelle, ce sont les nouveaux investissements des gouvernements pour recruter de nouveaux travailleurs qualifiés. La mauvaise nouvelle, en revanche, est que le secteur reste confronté à la stigmatisation, aux idées préconçues et aux restrictions d’accès.  

Modifier la perception liée aux revenus 

Dans les métiers spécialisés, un compagnon est un individu qui a réussi son examen et reçu un certificat de qualification de la part de l’autorité provinciale ou territoriale compétente en matière d’apprentissage. On peut devenir compagnon soit en suivant une formation en apprentissage, soit en passant l’examen sans avoir suivi d’apprentissage formel. On parle dans ce dernier cas de figure d’ouvrier professionnel. 

Bien qu’il existe de nombreuses filières différentes pour faire carrière dans les métiers, la formation en apprentissage formel permet d’améliorer l’employabilité. En moyenne, les personnes qui suivent une formation formelle déclarent gagner davantage que les ouvriers professionnels. C’est ce que révèle un rapport publié en 2021 par l’Education Policy Research Initiative et le Conseil de l’information sur le marché du travail (Finnie, Dubois, & Miyairi, 2021).  

Si l’on compare les chiffres, le rapport a révélé que le salaire moyen des personnes de métier s’élevait à 62 000 dollars au cours de la première année suivant l’obtention du certificat. En outre, le rapport révèle que celles et ceux qui suivent une formation formelle en apprentissage gagnent près de 10% de plus que les ouvriers professionnels au cours de la première année après la délivrance de leur certificat. Le rapport indique également que les compagnons qui suivent une formation en apprentissage ont probablement de meilleures relations avec les réseaux professionnels formels et informels. Il en ressort aussi qu’ils sont plus à même de trouver des emplois mieux rémunérés que les ouvriers professionnels. 

Des données similaires de Statistique Canada montrent également que les compagnons dans certains domaines liés à la construction, comme les monteurs de lignes électriques, les opérateurs de grues et les techniciens en instrumentation et contrôle industriels, peuvent gagner plus de 100 000 $ par année. 

Experts en apprentissage pratique 

Les apprentissages combinent formation en milieu de travail et études en salle de classe. Ces expériences sont précieuses tant pour les étudiantes et étudiants qui se lancent dans les métiers que pour les employeurs. Les apprentissages aident les employeurs à recruter de nouveaux talents et permettent aux étudiantes et étudiants de décrocher un diplôme validant les compétences requises par les employeurs.  

Les programmes de préapprentissage préparent les étudiants à entrer en apprentissage, à développer leurs compétences professionnelles et leur préparation au métier, ainsi qu’à trouver un emploi en tant qu’apprentis. Cette filière contribue à remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans les métiers en donnant aux étudiants la possibilité de découvrir une carrière potentielle tout en minimisant les enjeux. 

Les collèges et instituts sont des experts de l’apprentissage pratique. Ils proposent plus de 300 programmes de préapprentissage dans plus de 20 métiers spécialisés. En outre, plus de 80 de ces programmes sont conçus pour appuyer les groupes traditionnellement sous-représentés dans les métiers.  

Par exemple, le Nunavut Arctic College offre cinq programmes de préapprentissage conçus pour préparer ses étudiantes et étudiants à des carrières dans des métiers tels que l’entretien des logements, la menuiserie et la mécanique des systèmes de chauffage. Cette approche pluridisciplinaire permet aux apprenantes et apprenants d’acquérir non seulement des connaissances et des compétences techniques, mais aussi de renforcer leur confiance en eux. Ce qui est important pour leur réussite.  

Au George Brown College, le programme Women Transitioning to Trades and Employment (Femmes en transition vers les métiers et l’emploi) accompagne les femmes et les personnes non binaires, trans et bispirituelles à la recherche d’un emploi stable dans les métiers et les domaines liés à la construction. Ce programme a pour but d’augmenter le nombre de personnes issues de groupes sous-représentés souhaitant s’orienter vers les métiers et y prospérer. 

Les collèges et instituts organisent aussi régulièrement des activités interactives pour les élèves du secondaire. Elles servent à leur apprendre à se repérer dans les offres de formation, à identifier les compétences nécessaires pour réussir et à se familiariser avec les méthodes permettant de s’engager sur la voie de la réussite.  

Ce ne sont là que quelques exemples des types d’apprentissages de haute qualité qui préparent les individus à des carrières prometteuses dans les métiers.  

Renforcer l’intérêt et la passion professionnelle 

Il y a trois ans, en partenariat avec le Forum canadien sur l’apprentissage, Collèges et instituts Canada (CICan) mettait en œuvre un programme visant à accroître la participation des groupes sous-représentés dans les métiers spécialisés afin de contribuer à leur réussite. Il visait notamment les femmes, les Autochtones, les nouveaux arrivants, les personnes en situation de handicap et les jeunes.   

Le programme, intitulé « Favoriser l’accès à des parcours inclusifs en préapprentissage », a permis à des personnes confrontées à des obstacles à l’éducation d’accéder à une formation sur mesure conçue pour faciliter le développement des compétences, les possibilités d’apprentissage pratique et l’accès à une carrière épanouissante. Afin d’avoir un impact sur l’ensemble du secteur, nous avons recueilli des données, mené des entretiens et mis au point une panoplie de ressources. Citons parmi celles-ci une analyse environnementale, un inventaire des programmes de préapprentissage, un outil sur la diversité et l’inclusion, etc.  

Sur les 84 participants ayant suivi et réussi le programme, 77% ont exprimé leur intérêt à poursuivre une carrière dans un domaine lié aux métiers. Et 60% d’entre eux ont exprimé le désir de suivre un apprentissage.  

Ces résultats mettent en évidence que les programmes de formation formelle peuvent renforcer la passion pour les métiers. Cela est particulièrement vrai pour les personnes traditionnellement sous-représentées dans le secteur. Si nous voulons bâtir un avenir durable, il nous faut davantage d’hommes et de femmes pour la plomberie, la chaudronnerie, l’exploitation d’équipements lourds et la soudure. Ceci permettra de refléter la diversité de nos collectivités.  

L’avenir du secteur 

Nous savons qu’il existe actuellement un fossé entre les employeurs du secteur des métiers et les apprentis. Il peut être difficile pour les employeurs de recruter et de fidéliser de jeunes travailleuses et travailleurs. La rentabilité est souvent affectée par le temps investi dans la formation et les apprentis, aussi enthousiastes soient-ils, ont parfois du mal à trouver un stage. Il faut trouver des solutions à ces défis au fur et à mesure que nos besoins et nos préférences évoluent.  

En tant que porte-parole national des collèges et instituts, nous rassemblons nos établissements dans le cadre de programmes et de projets nationaux. Ces derniers visent à trouver des solutions à des défis économiques et sociaux similaires à ceux rencontrés aujourd’hui dans le secteur des métiers. Il peut notamment s’agir d’accorder des subventions salariales pour aider les étudiantes et étudiants à décrocher un emploi, de mettre au point de nouvelles microcertifications et des méthodes d’enseignement novatrices, d’aider les nouveaux arrivants sur le marché du travail, et bien plus encore.  

Apprentissages Lancement de carrière, par exemple, offre des incitatifs financiers et d’autres ressources aux petits et moyens employeurs des secteurs de la construction et de la fabrication pour les aider à embaucher de nouveaux apprentis. Le programme permet aux employeurs d’accéder aux talents nécessaires pour faire prospérer leur entreprise. Il leur permet aussi de bénéficier d’incitatifs pour recruter, embaucher et intégrer de nouveaux apprentis, sans oublier le soutien nécessaire pour naviguer dans les systèmes de certification des apprentis au Canada, ceux-ci variant d’une province à l’autre. Mais aussi, il contribue à accroître la diversité dans les métiers en incitant les employeurs à embaucher des apprentis issus de groupes traditionnellement sous-représentés dans le secteur et en leur fournissant les ressources nécessaires pour les accompagner dans leur démarche. 

Les collèges et instituts forment un réseau pancanadien de fournisseurs de compétences. À ce titre, ils rendent de telles ressources facilement accessibles aux collectivités et aux employeurs de l’ensemble du pays. Et de fait, avec ses quelque 700 campus, plus de 95% des Canadiens et plus de 86% des peuples autochtones se trouvent à moins de 50 km d’un collège ou d’un institut. 

Une carrière dans les métiers spécialisés est gratifiante, bien rémunérée et implique un travail hautement qualifié et des connaissances spécialisées – sans parler des possibilités de posséder sa propre entreprise. Nous devons nous efforcer de remettre en question les idées reçues sur la formation professionnelle et les carrières spécialisées telles que les métiers. Elles sont cruciales pour chacune de nos collectivités.  

Les collèges et instituts sont des chefs de file dans le domaine de l’apprentissage axé sur les compétences de haute qualité. Ils font donc partie de la solution.