11 juin 2025

Les défis du Canada, les solutions des collèges

 

Le premier ministre Carney et son Cabinet agissent rapidement pour engranger des progrès significatifs dans la mise en œuvre du mandat du nouveau gouvernement. Ce dernier entend bâtir un Canada plus abordable, plus fort, plus uni et mieux connecté à l’échelle mondiale, tout en mettant l’accent sur la discipline budgétaire en réduisant les dépenses et en augmentant les investissements.  La réunion des premiers ministres tenue le 2 juin à Saskatoon a souligné la volonté des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de collaborer à des projets nationaux visant à stimuler la croissance et la diversification de l’économie.

Nous vivons une période cruciale pour notre pays, et la réalisation de ce programme ambitieux exigera des idées novatrices et des mesures encore plus fortes.

Le 14 mai, la présidente-directrice générale de CICan, Pari Johnston, a adressé une lettre ouverte au premier ministre.

Son message ? Les collèges, instituts, cégeps et établissements polytechniques publics du Canada sont des partenaires essentiels dans la construction d’un Canada fort, souverain et résilient. En préparant nos bâtisseurs, en investissant dans l’innovation à l’échelle locale et en élaborant une stratégie nationale en matière de main-d’œuvre, le gouvernement peut tirer parti du réseau dynamique des collèges et instituts publics du Canada pour relever les défis actuels.

Lire la lettre ouverte

29 mai 2025

Une main-d’œuvre compétitive à l’échelle mondiale, c’est au pays que ça commence

Le Canada doit impérativement diversifier ses relations commerciales, progresser sur les marchés émergents et tisser de nouveaux liens mondiaux. Le succès à long terme et la résilience de notre pays dépendent plus que jamais de notre population.

Celles et ceux qui bâtissent, cultivent, fabriquent, soignent et assurent les premières interventions ont besoin d’une ouverture sur le monde qui leur permette de s’adapter à des environnements inconnus, de communiquer au-delà des cultures, de faire preuve de réactivité et d’apporter des idées et perspectives novatrices à des employeurs confrontés à des défis locaux et mondiaux. Ce sont ces mêmes compétences que des milliers d’étudiantes et étudiants canadiens ont acquises grâce au programme Expérience compétences mondiales (ECM).

Un modèle transformateur

Le programme « Expérience compétences mondiales », qui s’est achevé en mars dernier, était un programme conjoint de Collèges et instituts Canada et d’Universités Canada. Financé par le gouvernement du Canada, il avait pour but de rendre les expériences d’apprentissage internationales plus accessibles aux étudiantes et étudiants canadiens de niveau postsecondaire.

  • Au cours des cinq dernières années, près de 15 000 étudiant(e)s canadiens ont vécu, travaillé et étudié dans plus de 100 pays grâce à ECM. Ces expériences leur ont permis d’élargir leurs perspectives, entamé des carrières prometteuses, acquis une meilleure compréhension du monde et de la place qu’ils y occupent. Les participant(e)s ont également tissé des liens internationaux qui placent le Canada en position de tête.
  • Surtout, les trois quarts des participant(e)s s’identifiaient comme autochtones, en situation de handicap ou issus de milieux défavorisés. Des jeunes qui, historiquement, sont confrontés aux obstacles les plus importants en matière d’expériences internationales. 
  • Dans tous les cas, les étudiant(e)s sont rentrés chez eux plus instruits sur le plan culturel, plus résilients, plus adaptables et prêts à réussir avec les compétences pertinentes que les employeurs recherchent et dont l’économie canadienne a besoin.

Une main-d’œuvre qualifiée, agile et mobile

Pour les travailleur(euse)s canadiens, l’expérience internationale est synonyme de capacité à intégrer le marché du travail, de compétences recherchées et de nouvelles perspectives qui confèrent à celles et ceux qui bâtissent, fabriquent et agissent un avantage concurrentiel. Pour le pays, cela signifie des réseaux mondiaux plus résistants et des entreprises canadiennes plus productives et plus compétitives. Ce dont nous avons besoin pour réaliser ce qui compte le plus.

Notre nouveau gouvernement expose ses ambitions de bâtir une économie nationale unifiée et une main-d’œuvre qualifiée, de renforcer le commerce en s’orientant vers de nouveaux partenaires, de sécuriser le pays et de protéger nos valeurs. Dès lors, des programmes de développement des compétences tels qu’ECM laissent un héritage dont l’impact sur la prochaine génération du Canada ne peut être ignoré.

14 mai 2025

C’est le moment, c’est l’instant : Des mesures audacieuses pour le Canada

En un peu plus de deux semaines depuis son élection, le premier ministre Mark Carney a déjà tracé des objectifs ambitieux, notamment en matière de construction de logements, d’amélioration de l’accessibilité à la propriété, de stimulation de la productivité et de transformation de l’économie canadienne grâce à des mesures audacieuses.

Le message de notre secteur est clair quant à ces priorités : Les collèges et instituts du Canada sont des partenaires incontournables pour la réalisation des objectifs.

Les grandes discussions

Le mois dernier, CICan a réuni plus de 130 responsables provenant des collèges, instituts, cégeps et établissements polytechniques publics du Canada aux côtés de représentants d’organismes partenaires clés. Il s’agissait du tout premier Sommet des leaders, une initiative visant à tracer la voie à suivre pour permettre à notre secteur de continuer à exceller. 

Réunissant les bonnes personnes pour poser les bonnes questions au bon moment, les conversations ont porté sur les enjeux les plus pressants, au carrefour des défis nationaux, des orientations du nouveau gouvernement et des perspectives prometteuses pour l’enseignement postsecondaire :  

  • Augmenter les inscriptions nationales de manière à former une main-d’œuvre qualifiée « fabriquée au Canada », stimuler la transformation numérique et tirer parti des outils numériques pour renforcer l’innovation et la productivité canadiennes, ainsi que promouvoir la mobilité interprovinciale des apprenants et des titres de compétences pour bâtir une économie canadienne connectée et concurrentielle. 

Quel en a été le résultat? Un esprit renouvelé d’unité et d’urgence, qui inspire des mesures audacieuses pour le Canada.

Quelques-unes des idées :   

  • Renforcer les programmes à partir de données en temps réel sur le marché du travail et de partenariats avec l’industrie. 
  • Concevoir de nouveaux modèles à l’appui des microcertifications, de l’apprentissage modulaire et de l’évaluation et reconnaissance des acquis (ÉRA). 
  • Accompagner les apprenantes et apprenants non traditionnels au travers d’aides financières élargies et de parcours flexibles. 
  • Élargir des initiatives nationales telles que les Campus connectés pour les militaires afin d’augmenter les inscriptions et de mieux répondre aux besoins du Canada en matière de défense et de main-d’œuvre civile. 
  • Donner aux enseignants et au personnel les moyens de porter l’innovation numérique grâce à une formation dispensée par leurs pairs. 
  • Équilibrer l’enseignement numérique et l’apprentissage pratique pour répondre aux besoins diversifiés des apprenantes et apprenants. 
  • Tirer parti d’outils sectoriels tels que Campus numérique Canada et la Coalition canadienne pour un apprentissage abordable afin de favoriser l’accès, l’efficacité et l’innovation. 
  • Permettre aux apprenantes et apprenants de trouver plus facilement des programmes et des carrières grâce à des outils numériques et à des données sur le marché du travail. 
  • Plaider en faveur d’une coordination nationale en matière de reconnaissance des diplômes et des compétences. 
  • Mettre à l’essai des modèles innovants tels que Authentic Competency Evaluation (ACE), un projet mené par Atlantic Colleges Atlantique (ACA) qui évalue les compétences réelles et non pas uniquement le temps passé en classe. 
  • Former des coalitions régionales et nationales pour donner une impulsion politique, échanger les meilleures pratiques et accélérer le changement. 
  • Donner la priorité à des solutions inclusives qui fonctionnent pour les apprenantes et apprenants non traditionnels, marginalisés et mobiles. 

La route à suivre

Il s’agit ici d’un nouveau chapitre pour le Canada et notre secteur. Les Canadiennes et Canadiens ont besoin de changement, de garanties et de confiance à l’égard des établissements publics après ce qui a été qualifié de scrutin le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et notre secteur occupe une place prépondérante dans ce contexte national.

Les collèges, instituts, cégeps et établissements polytechniques publics du Canada jouent un rôle de premier ordre pour pouvoir construire et fabriquer au pays. Nous ouvrons la voie à de belles carrières dans les métiers spécialisés et assurons une croissance exponentielle des talents et de la mobilité de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire aux secteurs d’importance nationale cruciale. Nous sommes des partenaires essentiels pour stimuler la productivité des PME canadiennes grâce à l’adoption de l’IA, à la recherche appliquée et à l’innovation à grande échelle, ainsi que pour renforcer la sécurité nationale et la capacité de défense du Canada par des partenariats de formation.

Investir dans la capacité et l’expertise de nos établissements est non seulement une bonne politique, mais aussi une nécessité pour l’avenir du Canada. Que ce soit pour construire et fabriquer des biens chez nous, développer une main-d’œuvre et une économie plus compétitives et plus productives, ou renforcer le commerce mondial, notre secteur est au cœur de toutes ces initiatives.

17 mars 2025

Ma vision d’un secteur unifié des collèges et instituts publics

Qu’ai-je en tête? Avec Pari Johnston.

Je reviens tout juste d’une mission à Washington DC effectuée au début du mois avec la Chambre de commerce du Canada. J’ai pu y rencontrer des responsables de l’industrie américaine, des influenceurs politiques et mes homologues d’associations postsecondaires au sud de la frontière. Nous avons discuté, entre autres, de ce dont le Canada a le plus besoin pour préserver la stabilité économique, protéger les emplois et stimuler l’innovation.

Les conversations ont été fructueuses et stratégiques, et j’ai été frappée par la soif d’unité et d’objectifs communs. Dans un contexte de relations difficiles entre le Canada et les États-Unis, ainsi que d’incertitude politique et économique au niveau national, l’unité du secteur des collèges et instituts publics est le filet de sécurité sur lequel les Canadiennes et les Canadiens peuvent compter.

Ensemble au rendez-vous

Chez CICan, nous prenons au sérieux notre rôle consistant à rassembler la parole de tous les acteurs du secteur. Nous écoutons les préoccupations et les idées de nos membres, nous recueillons et diffusons les informations, pour ensuite les traduire en actions susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives de croissance.

  • Notre Forum sur l’avenir est la plus importante plateforme de rassemblement du secteur des collèges et instituts. Il a été conçu pour susciter des conversations nationales sur les tendances émergentes et la transformation de l’ensemble du système au service d’Équipe Canada.

Dans tout cela, les collèges et instituts publics du Canada mènent la conversation avec détermination. Et ils posent des questions audacieuses et stratégiques :

  • Comment pouvons-nous définir de nouvelles approches nationales pour le développement de la main-d’œuvre dans les secteurs cruciaux d’importance nationale pour le Canada, comme par exemple, les minéraux critiques et l’énergie nucléaire ?
  • Comment pouvons-nous exploiter et renforcer la technologie pour améliorer l’efficacité et les résultats de l’apprentissage et des établissements ?
  • Comment pouvons-nous, ensemble, concevoir et généraliser des solutions en matière d’approvisionnement, de mise en œuvre de programmes ou d’évaluation et de transfert de crédits qui contribueront à la transformation du système ?
  • Comment pouvons-nous redéfinir et réorienter le secteur postsecondaire pour que le Canada soit au rendez-vous ?

Ce sont là quelques-unes des tendances sectorielles actuelles, questions émergentes et stratégies avant-gardistes qui seront à l’ordre du jour du tout premier Sommet des Leaders de CICan, l’événement phare de notre Forum sur l’avenir.

En de tels moments, il est plus important que jamais de s’unir. Ces discussions cruciales permettront aux collèges et instituts publics du Canada de rester agiles, efficaces et prêts à servir les entreprises canadiennes et leurs travailleuses et travailleurs, ainsi que les solutions conçues dans notre pays.

Agilité et leadership

Notre réseau forme près de 800 000 apprenantes et apprenants dans des collectivités urbaines, rurales, éloignées et nordiques en proposant plus de 10 000 programmes dans tous les secteurs. Nous menons également plus de 8 000 projets de recherche appliquée par an et apportons chaque année plus de 190 milliards de dollars à l’économie canadienne.

Nous faisons partie d’Équipe Canada. Les collèges et instituts publics du Canada forment celles et ceux qui bâtissent, cultivent, fabriquent, soignent, assurent les premières interventions, innovent et créent des emplois dont dépend la population canadienne.  Nous sommes là pour aider le Canada à construire et à accomplir de grandes choses, surtout lorsque nous nous tournons vers de nouveaux marchés, que ce soit au Canada ou dans le reste du monde.

  • En tant que secteur, nous veillons au développement d’une main-d’œuvre qualifiée pour répondre à nos besoins en logement et en soins de santé. Nous veillons aussi à ce que les travailleuses et travailleurs reçoivent les outils nécessaires pour prospérer tant dans les industries à haute intensité en ressources que dans celles axées sur le numérique. Sans oublier que tout cela rend les petites entreprises canadiennes plus innovantes, efficaces et productives.

En tant que chefs de file, les collèges et instituts sont les protagonistes des conversations qui mèneront le Canada sur la voie qu’il doit emprunter. Nous pensons de manière proactive et stratégique aux attentes des Canadiennes et les Canadiens envers nos établissements. Et nous impliquons le gouvernement, l’industrie et d’autres partenaires pour relever les plus grands défis actuels, tant au Canada que dans le monde entier.

Il est probable que des élections fédérales soient convoquées dans les prochains jours.

L’avenir est certes incertain, mais le leadership, l’unité et le dévouement des collèges et instituts publics à l’égard d’Équipe Canada sont loin de l’être. Le moment est venu de miser sur les stratégies, les nouvelles idées et l’action à l’échelle du réseau.

  • Le Canada a besoin de ce que les collèges publics font de mieux : préparer la main-d’œuvre, anticiper sur le terrain les besoins futurs en matière de compétences et d’innovation, revoir et concevoir périodiquement des modèles d’apprentissage adaptatifs, créer des options de microcertifications et de solides programmes d’apprentissage en milieu de travail.

Lorsque les collèges et instituts publics prospèrent, leurs collectivités font de même. Lorsqu’ils s’unissent sur la scène nationale, ils bâtissent notre pays.

Un secteur unifié des collèges et instituts publics veut dire pour moi un avenir résilient, compétitif et prospère pour toute la population canadienne.

03 mars 2025

Rehausser le potentiel canadien en commerce, talent et innovation

Qu’ai-je en tête? avec Pari Johnston.

Cette semaine, je me trouve à Washington, D.C., pour prendre part à la mission de la Chambre de commerce du Canada ciblant une question urgente pour les relations Canada–États-Unis : l’avenir de nos chaînes de fabrication de pointe et d’approvisionnement.

Dans le contexte des nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les produits canadiens, qui s’ajoutent aux problèmes prévus en matière de main-d’œuvre et à l’incertitude économique, cette mission rassemble des parties prenantes américaines et canadiennes (responsables des administrations passées et actuelles, chefs d’entreprise, personnalités de la scène politique), pour discuter des solutions pour sauvegarder les chaînes d’approvisionnement, protéger les emplois et favoriser l’innovation dans ces domaines critiques.

Quels sont les objectifs ?

  • Stabiliser la chaîne d’approvisionnement : Il nous faut des partenariats commerciaux solides et résilients pour assurer le flot continu des transactions des deux côtés de la frontière malgré l’incertitude économique. 
  • Réagir aux droits de douanes et autres entraves commerciales : Les droits de douane proposés par le président Trump menacent le commerce Canada–États-Unis. Nous devons défendre les politiques de commerce équitable qui protègent nos entreprises et notre main-d’œuvre en vertu de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). 
  • Consolider les liens commerciaux Canada–États-Unis : Un dialogue franc et concerté est crucial pour maintenir l’accessibilité des marchés et accroître la compétitivité de l’expertise et des produits canadiens.   
  • Stimuler l’innovation : L’intégration de technologies de pointe en fabrication peut maintenir la position de force du Canada dans un marché mondial en pleine évolution.   

Le dialogue ne vise pas seulement à renforcer nos relations, mais également à garantir la résilience économique du Canada.   

Nos établissements fournissent des solutions. 

Pour protéger la chaîne d’approvisionnement, nos deux pays requièrent une main-d’œuvre qualifiée dans tous les domaines, de la fabrication de pointe à l’organisation matérielle. Nos établissements produisent cette main-d’œuvre.

Avec plus de 1 500 programmes liés à la fabrication (dont la gestion des chaînes d’approvisionnement), nos établissements forment les technicien(ne)s, ingénieur·es et spécialistes qui conçoivent, montent et maintiennent les systèmes fabriquant et acheminant les produits au quotidien. De la fabrication aérospatiale et automobile aux logistiques ferroviaires et de camionnage, nos diplômé·es assurent l’efficacité, l’adaptabilité et la résilience de ces chaînes.

De plus, nous comptons près de 700 laboratoires de recherche nés de partenariats entre collèges et entreprises (particulièrement des PME) pour développer des solutions inédites qui stimulent la productivité, perfectionnent l’automatisation et aident à tirer profit de l’évolution des marchés, des technologies émergentes et des modifications réglementaires. Ces initiatives, conçues pour gérer les risques associés à la création de produits, processus et prototypes, accroissent la compétitivité canadienne. En tout juste un an, près de 3000 projets de recherche appliquée ont permis à des manufacturiers et producteurs du pays d’améliorer leur rendement et leur mise en marché.

Nos établissements préparent la main-d’œuvre créative et génératrice de résultats dont le Canada a grand besoin. Au moment où les chaînes d’approvisionnement transfrontalières sont menacées, où les tensions politiques s’intensifient et où le marché mondial se transforme, nos 135 membres restent unis pour mieux servir l’Équipe Canada.

Je porterai votre voix à Washington afin que les politiques valorisent le rôle de nos établissements pour la stabilité de l’approvisionnement, le développement de la main-d’œuvre et l’innovation. J’en profiterai pour rencontrer mes homologues de l’Amercian Community College Association et de l’Amercian Council on Education, de même que nos délégué·es au commerce de l’ambassade canadienne. Surveillez mes publications sur LinkedIn au cours de mon séjour.

Les collèges et instituts canadiens sont des partenaires incontournables dans l’édification d’un Canada fort et résilient, maintenant et pour l’avenir.

12 février 2025

Les collèges et instituts au service de la prospérité et de la résilience du Canada

Le Canada traverse une période houleuse. La menace d’imposition de droits de douane généralisés par les États-Unis met en péril nos emplois, nos produits et nos portefeuilles. Cette semaine, ce sont nos secteurs de l’acier et de l’aluminium qui ont été touchés. Si ces droits de douane s’étendent à des secteurs comme la fabrication de pointe, la construction automobile, l’alimentation, l’agriculture et la foresterie, les conséquences seront considérables et perturberont les chaînes d’approvisionnement et les services essentiels. Les prix augmenteront, des emplois seront supprimés, et les familles auront moins d’options et vivront plus d’incertitude.

Le Canada doit prendre son avenir en main, maintenant. Il doit investir dans les entreprises canadiennes, la main-d’œuvre canadienne et les solutions canadiennes. Or, les collèges et instituts publics sont au cœur de cet effort. Ils aident les Canadiens et Canadiennes à décrocher des emplois bien rémunérés, favorisent la croissance et la diversification de nos entreprises et encouragent le genre d’innovation qui renforce les secteurs d’activités et l’économie du Canada. Et, dans les périodes difficiles, ils ont toujours été à la hauteur, en aidant les entreprises de leurs milieux à s’adapter et en formant la main-d’œuvre nécessaire à notre prospérité économique.

Le portrait actuel n’a pas changé. Les collèges et instituts sont unis, prêts à servir le Canada.

Stimuler les retombées locales, promouvoir la transformation nationale

Plus de 95 % de la population canadienne vit à moins de 50 km de l’un des quelque 700 collèges ou instituts du pays. Ces établissements sont donc toujours à portée de main, offrant aux travailleurs et travailleuses, aux entreprises et aux familles la formation et le soutien dont ils ont besoin, chez eux.

Profondément liés à leurs communautés, les collèges évoluent rapidement. Ils collaborent avec les entreprises locales, les municipalités et les organisations communautaires pour répondre aux besoins immédiats de leur population, qu’il s’agisse de logement, de soutien aux soins, de diversification des exportations et des sources d’énergie, ou d’aider les entreprises locales à adopter de nouvelles technologies ou de nouveaux produits et processus. De plus, grâce au pouvoir de rassemblement de CICan et à ses programmes de leadership comme le Forum sur l’avenir, les collèges et instituts de tout le pays peuvent coordonner leurs efforts et amplifier leur capacité de relever les défis locaux et nationaux.

Préparer la main-d’œuvre à l’économie de demain

Pour que le Canada renforce son économie de l’intérieur, nous avons besoin d’une main-d’œuvre adaptable, qualifiée et capable de construire, de fabriquer et d’innover ici même. Par l’entremise d’un large éventail de programmes axés sur la demande – p. ex. électricité, techniques diverses, génie, soutien aux entrepreneurs –, les collèges et instituts fournissent des compétences essentielles. En fait, grâce à plus de 10 000 programmes offerts dans divers secteurs au sein du réseau de CICan, 6,45 millions de personnes sur la population active actuelle sont diplômées de collèges et d’instituts.

Les collèges et instituts s’adaptent rapidement au gré des changements économiques. Avec des partenaires, ils cernent les besoins et proposent des programmes de recyclage et de perfectionnement, de façon que personne ne soit laissé pour compte. Ils proposent également des options flexibles – cours en ligne, programmes à court terme, études à temps partiel – qui permettent l’acquisition de nouvelles compétences sans devoir mettre sa vie sur pause ou renoncer à son salaire. Le Canada a absolument besoin de ce type de formation accessible et adaptable pour assurer son autosuffisance et sa résilience économique.

Accélérer l’innovation locale

Les entreprises canadiennes – en particulier les PME – comptent sur les collèges et instituts en matière d’innovation et d’expertise. Comptant près de 700 laboratoires de recherche au pays, les collèges aident les entreprises du Canada à concevoir des produits qui seront fabriqués ici, à accroître leur efficacité et à s’adapter rapidement aux besoins changeants du marché, ce qui leur permet de rester concurrentielles.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. En une seule année, la recherche collégiale a mené à la création de 6436 processus, produits, prototypes et services, 80 % d’entre eux ayant été développés en moins d’un an. Il en résulte des solutions rapides et efficaces qui renforcent nos entreprises, créent des emplois de qualité et améliorent la vie des Canadiens et des Canadiennes.

Et comme 98 % des partenaires de recherche du secteur privé sont basés au Canada, la propriété intellectuelle reste là où elle doit être, c’est-à-dire chez nous. Mieux encore, les entreprises – et non les collèges – conservent leur propriété intellectuelle et les avantages qui y sont associés, tout en favorisant la création de richesses nationales et la croissance économique.

Tirer parti des partenariats internationaux

Les collèges et instituts ont conclu des partenariats dans plus de 50 pays, tirant parti de la réputation d’excellence du Canada en matière d’enseignement et de formation techniques et professionnels, et de son leadership en matière de formation aux compétences essentielles à l’échelle internationale.

Ces partenariats aident les entreprises canadiennes à innover, à s’adapter et à croître dans de nouveaux marchés, tout en procurant aux travailleurs et travailleuses des compétences mondiales très recherchées qui rehaussent l’avantage concurrentiel du Canada sur la scène internationale.

En s’appuyant sur nos 135 collèges et instituts publics, le Canada peut sortir plus fort et plus résilient de cette période difficile, car sa main-d’œuvre et son économie seront fin prêtes malgré l’incertitude et les changements.

Au Canada, les collèges et instituts sont au service du pays.

04 décembre 2024

De l’importance des collèges et des instituts

Qu’ai-je en tête? Avec Pari Johnston. 

Cela fait un an cette semaine que je suis arrivée à CICan. Depuis, la situation de notre secteur a été chamboulée à plus d’un titre. Mais ce que j’ai retenu de mes douze premiers mois de travail est que, plus que jamais, le travail que nous accomplissons est important. Très important. 

Depuis le début de mon mandat, j’ai eu l’occasion de rendre visite à plus de 40 membres de CICan répartis dans neuf provinces : Vancouver Community College, Lakeland College à Lloydminster, Suncrest College à Yorkton, Assiniboine College à Brandon, Fanshawe College à London, Collège Ahuntsic à Montréal, Collège Communautaire du Nouveau-Brunswick à Moncton et Holland College à Charlottetown, pour n’en citer que quelques-uns.

Au cours de mes visites, j’ai visité des installations de formation et de recherche de pointe dans les domaines de l’aviation, de la biofabrication et de l’agriculture. Je me suis essayée (non sans mal) à des simulations virtuelles pour réparer un pneu sur un véhicule électrique et poser une aiguille pour des soins dentaires. J’ai conduit un camion de pompiers et filmé une scène dans un studio d’animation. J’ai dîné dans des bistrots gérés par des étudiantes et des étudiants. J’ai rencontré des membres du personnel, des professeurs et des étudiants enthousiastes venus du monde entier. J’ai été émerveillée par les bijoux, les articles de mode et les céramiques haut de gamme fabriqués par des diplômés talentueux, ainsi que par les prototypes créés pour les entreprises locales pour les aider à résoudre leurs problèmes commerciaux et développer leurs activités. En bref, j’ai découvert de visu à quel point les 134 membres de CICan sont des bâtisseurs de collectivités, et donc de nation.

Si vous relisez mes publications sur LinkedIn à la suite de mes visites, vous remarquerez une constante : audace, esprit pionnier, passion, dynamisme et réactivité sans pareils.

En dépit du contexte difficile de l’année écoulée, je suis frappée par la vitalité de vos campus, par l’enracinement profond de vos établissements dans vos collectivités et par le fait que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, d’où qu’ils et elles viennent, se fient aux collèges et instituts publics pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Les collèges et instituts forment celles et ceux qui bâtissent, cultivent, fabriquent, soignent, assurent les premières interventions, innovent et créent des emplois dont dépend la population canadienne. Nos actions nous permettent d’avoir une main-d’œuvre qualifiée pour répondre à nos besoins en logement et en soins de santé, ainsi que de veiller à ce que les travailleuses et travailleurs reçoivent les outils nécessaires pour prospérer dans les industries vertes et numériques. Sans oublier que tout cela rend les petites entreprises canadiennes plus innovantes, efficaces et productives.

Mais plus encore, vos établissements bâtissent des collectivités. Et en bâtissant des collectivités, nous bâtissons un pays.

Mes déplacements au cours de l’année écoulée m’ont effectivement permis de constater que presque toute la population du Canada vit à moins de 50 km du campus d’un membre de CICan. Notre capacité en tant que secteur à atteindre les Canadiennes et Canadiens (que ce soit dans les zones rurales, isolées, nordiques et urbaines) est inégalée et constitue un véritable atout pour notre pays.

Nous sommes confrontés à des défis tant dans notre secteur que dans notre pays.

La population canadienne peut s’attendre à de nombreux changements dans les mois à venir. Au niveau mondial, les vents géopolitiques tournent et les chaînes d’approvisionnement mondiales sont redéfinies. Sans compter que des technologies telles que l’IA accélèrent le rythme du changement et transposent les lieux où se font les affaires, le tout couplé à une population vieillissante.

Au pays et dans la perspective des prochaines élections fédérales, il est clair que les collèges et instituts non seulement peuvent, mais aussi se doivent de concentrer leurs efforts sur les besoins les plus pressants du Canada : le logement, les soins de santé, la mise au point de ressources innovantes, la sécurité alimentaire, une forte capacité de production nationale et des entreprises locales prospères afin de stimuler la compétitivité et la productivité à long terme. 

Face à l’avenir, CICan est prête à évoluer.

Les aspirations, les besoins et les défis que vous avez exprimés lors de mes visites sont autant de vecteurs pour l’évolution des orientations stratégiques de CICan.

Nous entamerons nos travaux en 2025 pour continuer à définir avec nos membres, notre Conseil d’administration, le personnel de CICan et nos partenaires la «CICan de l’avenir». Une vision marquée par une concentration accrue sur le développement du leadership, ainsi que la mobilisation et le soutien des responsables des collèges dans le cadre de la transformation des établissements et des systèmes. Ceci afin de continuer à répondre aux besoins de la population canadienne et de relever les défis les plus importants du pays.

Plus que jamais, le leadership est important. 

Notre réseau forme près de 800 000 apprenantes et apprenants dans des collectivités urbaines, rurales, éloignées et nordiques en proposant plus de 10 000 programmes dans tous les secteurs. Nous menons également plus de 8 000 projets de recherche appliquée par an et apportons chaque année plus de 190 milliards de dollars à l’économie canadienne.

Nous sommes agiles, réactifs et résilients, et nous engrangeons des résultats pour les Canadiennes et Canadiens.

Mais il reste un travail collectif à accomplir pour rafraîchir et renouveler le discours sur la valeur publique de nos actions.  Nous devons continuer sur notre lancée de ces derniers mois et encore plus mobiliser nos partenaires sur le terrain. Nous pourrons ainsi former des coalitions solides et mettre en place un réseau public d’enseignement postsecondaire fort, en collaboration avec l’industrie, les collectivités, les universités, les maires et les syndicats. 

Nous aurons besoin de votre appui permanent pour que les décideurs prennent conscience des possibilités offertes par les collèges et les instituts en tant que chefs de file face aux plus grands défis qui se posent non seulement au Canada, mais aussi à ses collectivités.

Le moment est venu pour nous. Nous sommes les partenaires indispensables au Canada.

25 novembre 2024

Les collèges et instituts se prononcent sur l’impact communautaire des réformes de la politique relative aux étudiants internationaux

Dans le prolongement de notre lettre ouverte du mois dernier, les collèges et instituts publics partout au Canada ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’impact néfaste des récentes réformes de la politique d’immigration fédérale sur leurs collectivités locales. Celles-ci incluent le plafonnement du nombre d’étudiants internationaux et les changements apportés au programme de permis de travail postdiplôme (PTPD).

Les responsables des collèges affirment que l’approche passe-partout d’Ottawa ne tient pas compte des réalités des besoins du marché du travail régional. Ils et elles ont également exprimé leur inquiétude quant au ton, à la rhétorique et à la rapidité de mise en œuvre de ces changements tout en évoquant certaines conséquences économiques et sociales importantes et lourdes de conséquences. Notons parmi celles-ci :

  • Le préjudice causé à la population du Canada et à ses collectivités : Restreindre l’accès aux talents qualifiés, négliger les différences régionales et les pressions démographiques, et ne pas investir dans les collèges et instituts publics mine la capacité du Canada à répondre aux besoins du marché du travail local, à combler les lacunes en matière de main-d’œuvre et à stimuler l’innovation dans les secteurs de croissance cruciaux.
  • L’atteinte à la réputation mondiale du Canada : Le déploiement rapide et confus de ces réformes a engendré de l’incertitude. Il a également terni l’image du Canada en tant que destination stable et accueillante pour les étudiants internationaux, ce qui a affaibli sa position sur le marché mondial de l’éducation et des talents.
  • Les menaces qui pèsent sur l’avenir des programmes destinés aux étudiantes et étudiants canadiens : Les changements politiques en cours compromettent la capacité à préserver et à offrir certains programmes aux étudiantes et étudiants canadiens, en particulier celles et ceux des collectivités rurales, éloignées et autochtones.
  • L’impact sur la réputation des collèges : La rhétorique autour de ces réformes a parfois injustement fait peser exclusivement sur les collèges et instituts la responsabilité de défis politiques nationaux anciens et de plus vaste portée, tels que les pénuries dans les domaines du logement et des soins de santé. Tout cela nuit au rôle essentiel rempli par les collèges et instituts à titre de fournisseurs de solutions pour la main-d’œuvre et ce, en réponse à ces mêmes défis et besoins urgents du marché du travail dans leurs régions.

Impacts régionaux

Ce qui suit est un aperçu de ce que nos membres disent sur l’impact de ces réformes pour les collectivités partout au Canada :

  • Île-du-Prince-Édouard : Le président du Holland College estime que le plafonnement du nombre d’étudiants internationaux fait du tort à la réputation du Canada.
  • Nouveau-Brunswick : Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et le New Brunswick Community College préviennent que les réformes auront un impact direct sur les entreprises et les collectivités du Nouveau-Brunswick.
  • Québec : La Fédération des Cégeps estime que les réformes sont floues, manquent de précision et ressemblent à de l’improvisation.
  • Ontario : Le Georgian College souligne la façon dont ces changements menacent la capacité des employeurs à combler des pénuries de main-d’œuvre critiques. Le président de la Seneca Polytechnic met quant à lui en évidence la pression financière aggravée par le gel des droits de scolarité pendant six ans, la réduction du nombre de visas pour les étudiants internationaux et les pressions inflationnistes. Collèges Ontario ajoute que l’annonce très préoccupante du gouvernement sur les restrictions supplémentaires imposées aux étudiants internationaux témoigne d’un penchant évident pour les universités.
  • Manitoba : Le président de l’Assiniboine College critique le manque de nuances régionales dans les changements apportés à la politique, lesquels ne tiennent pas compte des défis et des perspectives spécifiques au niveau local.
  • Saskatchewan : Selon la vice-présidente responsable des programmes et des étudiants au Great Plains College, cette approche uniforme ne tient pas compte des différences entre les régions ou les provinces du pays.
  • Colombie-Britannique : Le président de BC Colleges affirme que ce n’est pas le moment de décourager les étudiantes et étudiants de choisir les collèges publics.

Répercussions financières 

En outre, les répercussions financières de ces changements sont importantes, plusieurs établissements ayant fait état de graves déficits budgétaires et ayant annoncé des mesures pour y faire face : 

  • Le Selkirk College envisage de procéder à des compressions en raison du nouveau plafonnement imposé sur le nombre d’étudiants internationaux.
  • Le Fanshawe College fait état de lourdes conséquences budgétaires liées à la limitation des inscriptions.
  • Le Mohawk College prévoit un déficit de 50 millions de dollars et anticipe des licenciements en raison des restrictions en matière de visas.
  • L’Algonquin College prévoit un manque à gagner de 32 millions de dollars en raison des nouvelles règles applicables aux étudiants internationaux.
  • Le Camosun College annonce des licenciements en raison de la perte des revenus tirés des droits de scolarité.

Échos de la collectivité

Les responsables des collèges ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Les collectivités commencent elles aussi à s’exprimer :

  • La Chambre de commerce du Canada critique les réductions des objectifs en matière d’immigration, soulignant le rôle vital de l’immigration pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre et stimuler la croissance économique.
  • La mairesse de Fort St. John et le maire de Dawson Creek, en Colombie-Britannique, condamnent les changements fédéraux qui plafonnent le nombre d’étudiants internationaux de niveau postsecondaire acceptés dans le pays.
  • Le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec et la directrice générale de l’Éducation internationale avertissent que les réformes du PTPD priveront le Québec d’une main-d’œuvre qualifiée indispensable dans des secteurs clés.
  • Restaurants Canada est déçu par l’absence de consultation sur les récents changements apportés au programme des travailleurs étrangers temporaires.

Un secteur unifié 

Si une chose est bien certaine, c’est que notre secteur est uni. Les établissements publics que nous sommes prennent très au sérieux la stabilité, l’efficacité et l’intégrité du programme des étudiants internationaux. Nos membres en dépendent pour pouvoir offrir les formations et les compétences nécessaires aux collectivités locales pour prospérer, au vu des réalités démographiques et du marché de l’emploi. Bien que nous soyons favorables et continuions à collaborer aux initiatives visant à gérer la croissance du programme de manière responsable, la rhétorique néfaste et les politiques imprévisibles ne doivent pas déstabiliser les établissements d’enseignement postsecondaire ou nuire aux collectivités qu’ils desservent. Nous avons besoin de solutions réfléchies, délibérées et prévisibles, combinées à un investissement accru dans nos établissements publics. Sans cela, le système postsecondaire de renommée mondiale du Canada est en péril. De plus, les défis auxquels sont confrontées notre économie et nos collectivités ne feront que s’accroître. 

Passer à l’action

Passez à l’action en mobilisant vos partenaires de l’industrie et de la collectivité pour qu’ils se rallient à notre message. Utilisez les gabarits de lettres suivants pour interpeller vos représentants provinciaux et fédéraux et nous aider à nous faire entendre plus largement :

 

Publications connexes 

Pour en savoir plus sur ces réformes de la politique et sur notre position, vous pouvez consulter nos précédentes publications : 

17 octobre 2024

Une lettre ouverte à notre secteur

À l’attention des présidences et directions générales, 

Je vous écris aujourd’hui, à vous et à vos communautés collégiales, à plusieurs égards : vous faire part de nos inquiétudes quant à l’impact des récentes réformes fédérales sur vos collectivités; me faire l’écho de votre exaspération à l’égard d’Ottawa; mobiliser notre secteur autour de ce qui est maintenant en danger.

Oui, vos préoccupations sont légitimes. L’approche unique d’Ottawa en matière de développement de la main-d’œuvre nationale ne tient pas compte des besoins de vos communautés. Elle jette le doute sur la qualité des collèges publics, mine la réputation du Canada, menace l’avenir de l’enseignement postsecondaire public au pays et, en fin de compte, nuit à la population canadienne.

Depuis janvier, et plus encore au cours des dernières semaines, nous avons insisté sur la nécessité d’élaborer des politiques mesurées et réfléchies qui aideront le Canada à atteindre ses objectifs : un système d’immigration bien géré qui continuera à appuyer l’inscription des étudiants internationaux dans des programmes qui répondent aux besoins des employeurs locaux. Malheureusement, les changements apportés au programme de permis de travail postdiplôme, tant que implémentés par Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC), échouent non seulement à atteindre ces objectifs, mais nuisent gravement à notre capacité à y parvenir dans le futur.

Cette mauvaise politique – ou bonne politique mal orientée – empêche ainsi le Canada de tirer parti de ses collèges et instituts publics et de leur plus grande force.

Les décideurs obligent les collèges et instituts publics à adapter leurs programmes aux besoins du marché du travail national, preuve qu’ils ne comprennent pas l’inestimable valeur des collèges et instituts pour la population canadienne et pour les employeurs à travers le pays. Les nouvelles restrictions d’admissibilité font également une fausse distinction entre la qualité et la pertinence des baccalauréats collégiaux et universitaires approuvés par leurs provinces. Pour aggraver les choses, la mise en œuvre des changements sans détails clés et avec les mauvais outils empêche vos nouveaux étudiants de prendre des décisions éclairées concernant leurs études au Canada.

Collèges et instituts Canada, c’est votre voix à Ottawa. Nous travaillons avec vous, pour vous. Notre objectif? Maximiser notre impact collectif. En l’occurrence, nous vous demandons de mobiliser vos communautés pour que leurs voix se fassent entendre à Ottawa.

Nous avons besoin de vous sur le terrain.

Il s’agit de mobiliser les chefs d’entreprise qui siègent à vos conseils d’administration et à vos comités consultatifs de programme, de vous adresser à vos partenaires communautaires et à vos municipalités, à vos députés provinciaux et fédéraux ou à vos assemblées législatives, de collaborer avec les directions de vos campus, vos étudiants et vos membres du corps professoral pour faire passer notre message.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et le New Brunswick Community College – et non pas Ottawa – sont les mieux placés pour comprendre les besoins du Nouveau-Brunswick. La Red Deer Polytechnic – et non pas Ottawa – a tissé des liens de longue date avec les employeurs de Red Deer. Le Vancouver Community College occupe une position privilégiée pour harmoniser la formation aux besoins des entreprises de Vancouver. Le Confederation College et le Cégep de Chicoutimi comprennent et comblent mieux les besoins des régions qu’ils desservent – et non pas Ottawa.

En tant que réseau, notre force collective est notre meilleur atout pour nous mobiliser et corriger l’incompréhension d’Ottawa quant à la valeur des collèges et instituts pour la population canadienne. Une action unifiée est essentielle à un moment où vos collectivités font face à des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs critiques, et dans un système postsecondaire où les collèges et instituts ont déjà du mal à trouver des ressources nécessaires pour servir ces mêmes communautés.

Il reste encore du temps pour corriger cette politique erronée.

IRCC doit travailler en collaboration avec les établissements, les provinces et les territoires pour élaborer un cadre où la formation de la main-d’œuvre répond aux besoins de vos communautés et où les diplômes identiques – qu’ils soient offerts par les collèges ou par les universités – soient traités de manière identique. D’ici là, les réformes politiques doivent être suspendues.

J’ai écrit récemment une lettre aux Canadiennes et Canadiens pour les encourager à nous aider : nous devons exposer à Ottawa en quoi les dommages causés aux collèges et instituts canadiens nuisent à l’ensemble de la population. Autre point crucial : montrer que votre travail est incontournable.

Construction résidentielle, personnel hospitalier, éducation de la petite enfance : les collèges et instituts fournissent une main-d’œuvre qualifiée nécessaire à de nombreux secteurs de l’économie. Un réinvestissement public dans l’enseignement postsecondaire s’avère essentiel pour notre avenir collectif.

Il ne s’agit pas là d’une question partisane. Nous sommes toutes, tous concernés. Il nous faut unir nos efforts. L’enjeu est trop important.

Cordialement, 

Pari Johnston
Présidente-directrice générale
Collèges et instituts Canada

01 octobre 2024

L’écosystème de la recherche au Canada doit être porteur d’impact

Par Pari Johnston, présidente-directrice générale de Collèges et instituts Canada.

Ce texte d’opinion a été publié par le Hill Times le 25 septembre 2024.

L’écosystème de la recherche et de l’innovation au Canada est prêt pour une refonte. Depuis des années, nos dépenses publiques en recherche et développement sont inférieures à celles des autres pays du Groupe des Sept (G7) et de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), et nos résultats en matière d’innovation commerciale sont sous la moyenne. Autrement dit, nous ne tirons pas pleinement parti de nos propres recherches.

La bonne nouvelle, c’est que des changements se profilent à l’horizon. Le rapport sur le système fédéral de soutien à la recherche de l’année dernière (« le rapport Bouchard ») a clairement indiqué que bon nombre d’entre nous, dans l’écosystème de la recherche au Canada, doivent bien réfléchir à ce qu’ils essaient d’accomplir. Récemment, les investissements fédéraux et les démarches pour créer un nouvel organisme-cadre de financement de la recherche fondamentale indiquent une évolution prometteuse vers une approche plus stratégique, pluridisciplinaire et interdisciplinaire qui mobilise notre écosystème de recherche et d’innovation pour relever les défis les plus pressants du pays et du monde.

Il est plus important que jamais de repenser notre stratégie si nous voulons relever les défis politiques et avoir un impact sur notre écosystème de recherche; et les collèges et instituts du Canada sont particulièrement bien placés pour le faire.

En 2021-2022, notre secteur a contribué à plus de 8000 projets de recherche appliquée qui ont débouché sur 6500 nouveaux processus, produits et prototypes dans des domaines comme la construction de logements, la fabrication de pointe, l’agriculture et la production alimentaire écoresponsables, et l’innovation sociale. Ce sont par exemple la mise au point d’un nouveau prototype susceptible d’aider une entreprise locale à réduire ses déchets, ou l’essai d’un nouveau panneau isolant pour la construction de logements modulaires. Ce sont les résultats tangibles qui rendent les entreprises canadiennes plus efficaces, compétitives et productives.

La recherche appliquée qui se fait dans les collèges et les instituts est axée sur les besoins des partenaires et sur les problèmes à résoudre. Nous nous inspirons des communautés que nous servons, ce qui nous permet d’avoir des retombées sur le terrain et d’améliorer l’adoption, l’adaptation et l’intégration des technologies.

Puisque 80 % des projets sont achevés en moins d’un an, c’est aussi de l’innovation « à la vitesse de l’entreprise ». Et surtout, dans les projets de recherche menés par des collèges, 98 % des partenaires sectoriels sont au Canada et conservent leur propriété intellectuelle.

Mais les statistiques n’illustrent que la moitié de l’histoire. L’autre moitié, ce sont les retombées, la pertinence et la portée de la recherche réalisée par les collèges et instituts qui se traduisent en avantages réels pour la population canadienne et pour la viabilité à long terme des entreprises canadiennes.

Ces retombées sont plus importantes que jamais, car il est urgent de répondre aux grands enjeux de politique publique, comme la construction de logements écologiques et abordables; la préparation aux grandes catastrophes naturelles et la prévention de ces catastrophes; la conception de villes et d’espaces respectueux de l’environnement; la transition vers des énergies propres. 

Je me réjouis que le rapport Bouchard, la création d’un nouvel organisme-cadre de financement de la recherche et les possibilités de partenariat avec Horizon Europe remettent en lumière la recherche axée sur la mission, ce qui me rend optimiste quant à notre impact potentiel.

Pourtant, le secteur des collèges et instituts ne reçoit actuellement que 2,9 % du financement fédéral de la recherche accordé par les trois organismes subventionnaires. De plus, de nombreux programmes de recherche fédéraux ne sont pas suffisamment adaptés à la réalité des collèges et instituts, que ce soit par rapport à l’admissibilité des établissements, aux restrictions associées au financement ou aux processus de sélection. Cette situation doit changer si nous voulons exploiter tout le potentiel de recherche appliquée au collégial et maximiser les retombées du financement fédéral consacré à la recherche.

Les stratèges de l’innovation demandent depuis longtemps une stratégie industrielle axée sur les défis pour le Canada; je pense que nous devons également adopter une stratégie de recherche axée sur les défis pour appuyer ce programme. Il faut donc jeter un nouveau regard sur le rôle, la valeur ajoutée, les capacités et les connexions de tous les partenaires de l’écosystème de la recherche afin de concentrer nos efforts et nos ressources sur la résolution de problèmes concrets auxquels nos communautés, nos régions et notre pays sont confrontés. C’est précisément ce que les collèges et les instituts font le mieux.

L’avenir de l’écosystème de la recherche au Canada doit également aider les groupes historiquement exclus à mener des recherches orientées vers les retombées. Tirant parti de l’expertise des collèges et des instituts en recherche appliquée, de leurs réseaux de partenaires dans tous les secteurs et de leurs installations de pointe, la recherche axée sur les défis peut et doit devenir l’un des moteurs les plus puissants de l’innovation au Canada. Il faut, pour ce faire, tenir une réflexion ciblée sur la question du financement.

Grâce à notre approche axée sur la demande, notre éthique de collaboration et notre expertise en transfert des connaissances et en adoption des technologies par les partenaires industriels locaux, nous pouvons renforcer l’impact en aval d’un programme de recherche axé sur les défis dans des domaines comme le logement, la diversification économique dans les secteurs traditionnels et la fabrication innovante. 

L’écosystème de la recherche au Canada doit être repensé et redéfini de manière à produire des retombées pour la population et les entreprises canadiennes. Le chemin pour y parvenir passe par les collèges et les instituts.