Partager les fruits de la recherche : état de la filière pomicole en Okanagan

La superficie du sol de la Vallée de l’Okanaga dédiée à la pomicuture est tombée de 35 % entre 2001 et 2011, entraînant des changements considérables dans l’industrie. Ces profondes répercussions sur le traitement et la distribution ont suscité l’intérêt de deux professeurs de l’école de commerce de l’Okanagan College, Lee Cartier et Svan Lembke, qui ont voulu étudier la situation et les nouvelles occasions qu’elle suscite.

Leur travail s’est porté en particulier sur les liens au sein d’une grappe. Une grappe est un ensemble d’entreprises, de fournisseurs et d’autres organisations connectées entre elles à l’intérieur d’une zone géographique et participant à une même filière. Cartier et Lembke ont trouvé que le fait de se focaliser sur des intérêts communs et d’encourager les groupes que réunit une grappe à partager des connaissances bénéficie à tous. Lors d’un atelier réunissant tous les éléments d’une grappe, les chercheurs ont aussi relevé des possibilités d’amélioration passées inaperçues et ont recommandé l’adoption de normes de qualité à l’ensemble de la grappe, la mise au point de nouveaux types de pommes, l’amélioration des technologies de production et un meilleur marketing.

Deux étudiants ont pris part au projet. L’un a analysé les données d’emballage et de ventes des pommes et en a produit une analyse tendancielle. L’autre a résumé les données issues de 17 interviews en profondeur. Ce projet de recherche a fourni à ces étudiants l’occasion de comprendre comment les entreprises utilisent la recherche pour guider leurs pratiques commerciales.

Les recommandations des chercheurs sur les meilleures manières d’exploiter le pouvoir collectif de la grappe pomicole de l’Okanagan ont été discutées lors d’un atelier avec les parties prenantes. Il ressort de la recherche que l’organisation coopérative locale, BC Tree Fruits (premier employeur en importance de la grappe), permettait déjà à de plus petites entreprises de partager son équipement, d’obtenir des conseils de terrain et de mettre en commun leurs frais de vente et marketing. Toutefois, la coopérative demeure un joueur minoritaire comparativement à certaines des exploitations situées dans l’état de Washington, de l’autre côté de la frontière, et elle a manqué d’agressivité dans le positionnement de ses produits et l’essai de nouvelles approches marketing. À la suite de l’atelier et équipées de la recherche, la coopérative et d’autres parties prenantes de l’industrie ont dressé une liste des actions susceptibles d’améliorer le rendement de l’industrie de la pomme classique de l’Okanagan.

Partenaires : BC Tree Fruits
Financement : CRSNG, Programme d'innovation dans les collèges et la communauté, Subvention d’engagement partenarial

À propos de Okanagan College

Situated in one of Canada’s most picturesque and dynamic regions, Okanagan College offers more than 130 different programs, and credentials that range from certificates to... Lire plus

Résidus de malt recherchés : Red River College et des microbrasseries leur donnent de la valeur

Qui l’eut cru ! Les fonds de bouteilles de bière, quand la fête est finie, ont plus à offrir qu’il n’y paraît.

Red River College et deux microbrasseries locales de Winnipeg ont fait équipe afin de récupérer les drêches de brasserie qui restent en fin de procédé. Leur expérimentation révèle qu’un peu d’imagination et d’innovation peut mener loin. Ensemble, ils ont formé une sorte de miso — pâte à base de grains de soja fermentés qui constitue un ingrédient de base de la cuisine japonaise.

Les drêches sont un sous-produit de l’industrie brassicole et servent normalement à la nourriture animale. Leur trouver des usages innovateurs pourrait aider à créer des avenues commerciales plus profitables, voire à mettre en marché de nouveaux produits – une considération importante si l’on pense au vent dans les voiles dont bénéficient les micro-brasseries au Canada.

Red River College intensifie sa recherche culinaire depuis 2014 grâce à de nouveaux partenariats avec l’industrie et au soutien financier des gouvernements fédéral et provincial. Ceci l’a amené à contribuer à plusieurs innovations avec des producteurs locaux – dans ce cas-ci, les microbrasseries Farmery Estate Brewery et Torque Brewing Company. Les chefs chercheurs du collège ont préparé des soupes, du maïs soufflé et des pâtisseries à base de malt de miso clair provenant de Farmery et de malt de miso foncé provenant de Torque.

Le propriétaire de Farmey, Lawrence Warwaruk, juge que « c’est bien tombé de pouvoir s’allier à Red River College et de bénéficier de leur expertise culinaire pour explorer les possibilités qu’offrent nos drêches. Nous avons vraiment à cœur d’ajouter de la valeur aux ingrédients que nous cultivons et employons dans nos bières, y compris les sous-produits de nos procédés. »

Financement : Programme d'innovation dans les collèges et la communauté

À propos de Red River College Polytechnic

Red River College (RRC) is Manitoba’s largest institute of applied learning. The institution is renowned for providing accessible, innovative, applied learning and research in an... Lire plus

Un peu de recherche à chaque jour éloigne le docteur pour toujours

La pomme, ce fruit reconnu pour sa capacité à éloigner le docteur, a besoin d’aide pour éloigner ses propres visiteurs. Les pommiers de l’Ontario sont sous l’attaque d’un nouvel ennemi ravageur — la cécidomyie du pommier. Les déformations (petites bosses sur les feuilles) produites par l’insecte peuvent interférer avec la croissance normale et le développement des terminales sur les pousses des jeunes pommiers, ce qui freine ou empêche leur développement structurel.

Ce problème affecte particulièrement la région de Durham, où la superficie consacrée à la pomiculture a doublé au cours des cinq dernières années, et les jeunes pommiers sont touchés plus durement. Cependant, les pomiculteurs de tout l’Ontario luttent contre la cécidomyie du pommier.

L’Association des pomiculteurs de l’Ontario, dans le cadre d’un projet collaboratif avec Durham College, cherche par quels moyens gérer ce ravageur. Dans un premier temps, trois vergers ont été sélectionnés afin de collecter des données selon une méthode degrés-jours (pour établir le taux de reproduction des insectes en fonction de la température). Les chercheurs se sont servis de cette information pour prédire et gérer le développement de la cécidomyie.

Ils ont en outre identifié des agents de contrôle pathogène biologiques ciblant la cécidomyie du pommier dans les vergers et ont évalué l’impact de la pulvérisation sur le taux de survie.

L’équipe du projet a pour ce faire élaboré deux techniques afin d’analyser les insectes en laboratoire : l’une pour étudier la maturation des larves jusqu’à l’état adulte à différentes températures, l’autre pour observer la transition des œufs des échantillons rapportés des vergers vers les arbres en pots conservés dans le labo, afin de déterminer de quelle manière les insectes parviennent à s’établir dans de nouveaux arbres.

Les relevés montrent qu’il y a quatre générations au fil d’un été et une génération partielle à l’automne. Les œufs se multiplient rapidement après chaque génération de pleine maturation en mai, fin juin, fin juillet et fin août. Ces données sont cruciales pour le contrôle par insecticide.

Deux étudiants du programme agroalimentaire de Durham College ont complété ce projet en six mois, collectant, compilant et analysant les données des trois vergers. S’appuyant sur divers concepts, instruments et techniques, qu’ils avaient acquis en classe pour gérer et analyser des modèles de gestion parasitaire, ils ont pu mettre en application leurs connaissances dans le cadre réel de ce projet collaboratif.

L’ensemble des 235 membres de l’Association des pomiculteurs de l’Ontario adopteront des techniques de gestion découlant de ce projet.

Financement : CRSNG, Programme d'innovation dans les collèges et la communauté, Subvention d’engagement partenarial

À propos de Durham College

At Durham College, the student experience comes first. With campuses in Oshawa and Whitby, Ont. along with a learning site in Pickering, the college offers... Lire plus

Un grand problème pour le petit port de Little Harbour

Dans la pittoresque région de Little Harbour en Nouvelle Écosse, la vie et les loisirs des résidents sont inextricablement liés à l’eau. Plus de 650 résidences permanentes ou saisonnières, ainsi que six aires de cueillette de mollusques y longent les 31,5 kilomètres de berges.

Mais la beauté et la prospérité des lieux sont compromises par les niveaux de contamination de l’eau dans le port, en hausse depuis plusieurs années. Les coliformes fécaux, principal contaminant, sont des bactéries contenues dans les matières fécales et pouvant s’accumuler dans les tissus des mollusques. La présence de coliformes fécaux et des bactéries pathogènes qu’ils sont susceptibles de contenir a affecté les sites récréatifs et d’aquaculture aux environs de Little Harbour – deux des six zones d’élevage de coquillages sont restreintes et requièrent des procédés additionnels coûteux pour s’assurer que le produit est propre à la consommation.

On attribue à deux facteurs la dégradation des eaux de Little Harbour : plus de résidences qui dépendent de fosses septiques résidentielles se font bâtir dans la région et les schémas de précipitations changent. Cette combinaison a accru le nombre de contaminants rejetés dans l’eau.

Au mois d’août 2016, le groupe de recherche appliquée en géomatique (GRGA) du Nova Scotia Community College (NSCC) a établi un partenariat avec AquaDelights Seafood inc. et l’Association aquacole de Nouvelle-Écosse afin d’analyser les sources et les schémas de circulation de la contamination bactérienne.

Ils ont commencé par modéliser les schémas de circulation des eaux. Les résultats indiquent que plusieurs particules bactériennes relâchées dans Little Harbour sont transportées à quelques mètres seulement de leur point d’origine. Ils ont en outre découvert que les marées basses déposaient de faibles concentrations de contaminants le long des berges et augmentaient le nombre moyen de coliformes fécaux.

Ils ont effectué une analyse spatiale et statistique de 25 années de données de qualité de l’eau et ont intégré des données de cartographie sous-marine et des photographies aériennes de Little Harbour.
Une fois cette étape complétée, l’information a été partagée avec la collectivité afin d’influencer les actions futures et d’encourager la réhabilitation des sources de contamination. La plupart des habitants de Little Harbour étaient au courant des conséquences environnementales des ruissellements des fosses sceptiques, mais plusieurs d’entre eux croyaient que la marée emportait les contaminants vers l’océan. Cette recherche leur a montré que ce n’était pas le cas. Elle a suscité l’intérêt pour la réhabilitation des sources de contamination et permis de comprendre que la détérioration de l’eau nuit à la santé environnementale et économique.

Depuis les conclusions de la recherche du NSCC en novembre 2016, la collectivité de Little Harbour a mis sur pied un groupe collectif de gestion des bassins afin de diriger les changements requis et d’améliorer la qualité de l’eau dans la région.

« Le projet de surveillance des eaux de Little Harbour est la première étape vers la compréhension et la communication qui sont nécessaires pour travailler avec les collectivités côtières à produire des recherches qui mèneront à un plus bel avenir », a affirmé Tom Smith, directeur exécutif de l’Association Aquacole de Nouvelle-Écosse.

À propos de Nova Scotia Community College

Nova Scotia Community College (NSCC) is committed to building Nova Scotia’s economy and quality of life through education and innovation, transforming Nova Scotia one learner... Lire plus

Pâtisseries françaises à base de légumineuses des prairies

La richesse nutritionnelle des haricots secs comme les flageolets, les haricots, les lentilles et les pois chiches est connue depuis des siècles. La famille des légumineuses prend son nom du latin legumen, qui signifie légume. Les légumineuses servent à la consommation animale et les humains les emploient dans la préparation de succulents mets partout dans le monde. La recherche continue d’étendre leur utilité.

Certaines utilisations nouvelles sont remarquables – l’accomplissement qui a couronné ce projet a consisté à créer un macaron à la française sans noix et sans œuf, à base de farine de haricot blanc comme substitut au beurre.

Best Cooking Pulses est une entreprise familiale canadienne de transformation des légumineuses récoltées au Manitoba. Établie en 1936, elle reste à l’affût des développements en matière d’utilisations nouvelles des légumineuses. Grâce au financement accordé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CNRSG), Best Cooking Pulses est entrée en partenariat avec le programme de recherche culinaire de Red River College afin d’étudier les possibilités de cuisson que procure la farine de légumineuses en remplacement des œufs.

Une étudiante, Alyssa Houston, a été amenée à travailler sur ce projet dans le cadre de son stage d’emploi – c’est la première fois qu’un étudiant en art culinaire gagne de l’expérience de travail en recherche plutôt qu’en service alimentaire. Elle a également pu présenter les fruits de cette recherche auprès du public, lors d’échanges avec l’industrie. Une fois le projet terminé, elle a trouvé un emploi dans l’industrie alimentaire, et aide une entreprise à produire et créer des recettes grâce aux compétences qu’elle avait acquises.

Best Cooking Pulses utilise les résultats de recherche de ce projet pour faire la promotion des avantages et de la polyvalence de la farine de haricot blanc lors de congrès (comme Research Chef Association), et publie des articles démontrant cette nouvelle application de la farine de haricots auprès des clients actuels et potentiels.

Partenaires : Best Cooking Pulses
Financement : CRSNG, Subvention d’engagement partenarial

À propos de Red River College Polytechnic

Red River College (RRC) is Manitoba’s largest institute of applied learning. The institution is renowned for providing accessible, innovative, applied learning and research in an... Lire plus

Des étudiants créent de nouveaux moyens de servir le homard

L’entreprise familiale de pêche au homard Longshore Fisheries emploie la plupart des résidents de Sonora en Nouvelle-Écosse, mais elle n’est qu’une des 400 entreprises de transformation des produits de la mer qu’abritent les Maritimes. Jouissant d’une croissance constante et graduelle, elle a pris de l’expansion au gré du temps et s’est dotée de nouveaux équipements et de nouveaux produits et services.

« L’industrie du homard est très concurrentielle, affirme Krysta Hanley, dont la famille a lancé l’entreprise dans une ancienne usine de moules. Nous avons rapidement réalisé qu’il nous fallait quelque chose que personne d’autre n’avait. » L’entreprise familiale a réalisé qu’elle avait besoin d’aide pour innover. Elle s’est donc tournée vers le bureau de la recherche et de l’innovation appliquées du New Brunswick Community College (NBCC) pour bénéficier de conseils techniques afin d’améliorer sa gamme de produits.

Le défi que cherchait à surmonter Longshore Fisheries est d’abord devenu un travail de recherche appliquée pour les étudiants en arts culinaires dans le cadre d’un cours de production alimentaire avancé. L’entreprise disposait de grandes quantités de sous-produits, qu’elle croyait pouvoir valoriser avec de l’aide à l’innovation. Les étudiants en arts culinaires ont exploré et testé des recettes à valeur ajoutée en vue de créer de nouveaux produits pour Longshore Fisheries à partir de son sous-produit. Le projet est ensuite passé chez les étudiants en marketing du programme d’administration des affaires afin de distinguer ces nouveaux produits de Longshore Fisheries.

Les étudiants en arts culinaires ont ainsi créé onze nouveaux produits pour Longshore Fisheries. Les étudiants en marketing ont ensuite élaboré et présenté des plans pour ces nouveaux produits alimentaires à valeur ajoutée créés par leurs collègues des arts culinaires. La société dispose maintenant de nouveaux produits concrets à offrir au marché ainsi que les plans pour les réaliser, tandis que les étudiants du CCNB ont pu développer leurs compétences grâce à l’apprentissage appliqué au sein de l’industrie.

Partenaires : Longshore Fisheries
Financement : PARI du CNRC

À propos de New Brunswick Community College

With over 90 regular programs and six campuses across New Brunswick, New Brunswick Community College (NBCC) is a collaborative, learner-centred college – creatively contributing to... Lire plus

Paradis sans bitume : un jardin biologique pour gourmets

Le centre de villégiature White Oaks Resort and Spa à Niagara-on-the-Lake en Ontario voulait convertir 107 mètres carrés de sa pelouse en jardin durable. Cette section est bordée d’une route et exposée aux grands vents, aux résidus et à la pollution des automobiles.

Selon Michael Wakil, responsable en chef du développement de White Oaks, le plan initial était de prolonger le stationnement du complexe, mais il ne parvenait pas à s’y résoudre. « Je réalisais qu’en regardant au loin, il n’y aurait que du bitume. Nous avons déjà un stationnement ici, puis la voie, puis [un autre] stationnement. C’est beaucoup de bitume, dit-il. C’est depuis trois ans un rêve, une vision, et nous avons enfin commencé à le développer. »

Comme White Oaks n’avait pas l’expertise pour convertir la pelouse négligée, la clé se trouvait dans un partenariat avec l’équipe de recherche et innovation du Niagara College. L’équipe du collège s’est formée d’un chercheur à la tête du projet, d’un étudiant à la maîtrise participant au programme de Stage en technologies propres de CICan et d’un étudiant de première année en stage d’études. Le projet, amorcé en juin, s’est terminé au mois de novembre qui a suivi.

L’équipe a commencé par explorer les meilleures méthodes pour donner de la structure au sol, converti l’aire gazonnée en jardin biologique, à commencer par une couche de paillis, et choisi des végétaux capables de s’épanouir à proximité d’une route. Elle ne s’est pas arrêtée là. L’équipe a aussi proposé un plan pour maintenir le jardin en santé malgré les intempéries. Dorénavant, l’hôtel fait pousser ses propres légumes, qu’il apprête dans ses restaurants, et peut promouvoir son alimentation écologique et l’utilisation pérenne qu’il fait de sa propriété.

Ce partenariat entre Niagara College et White Oaks fut renouvelé lorsque l’équipe de la station s’est alliée à la division boissons et alimentation du collège pour tester différentes méthodes de conservation des produits du jardin, afin de les apprêter à longueur d’année dans un nouveau restaurant de White Oaks. Plusieurs emplois y ont été créés, élargissant les retombées du projet.

À la fin du projet, l’étudiant de maîtrise a été recruté comme technicien par la serre de Niagara College afin d’en superviser les opérations.

À propos de Niagara College

Established in 1967, Niagara College has grown to become a leading global college and one of Canada’s most enterprising postsecondary institutions. With a mission to... Lire plus

Intégrer les principes kasher aux normes de sécurité alimentaire

Bien qu’il existe certains chevauchements entre les principes kasher et les programmes de sécurité alimentaire, ceux-ci étaient jusqu’à ce jour distincts. Un projet conjoint du Conseil kacheroute du Canada et de Niagara College a développé une manière efficiente d’intégrer la certification kasher à la planification de la sécurité alimentaire.

Organisme sans but lucratif, le conseil est le premier organisme certificateur d’aliments kasher au Canada. Ses inspecteurs sont responsables de déterminer si les produits fabriqués par plus d’un millier d’installations au Canada répondent aux principes alimentaires hébreux.

Parallèlement, la plupart des principaux marchands et fabricants dans le monde participent à l’Initiative mondiale de la sécurité alimentaire (IMSA), qui vise à établir des normes internationales de sécurité alimentaire. La conformité aux normes de l’initiative relève du British Retail Consortium et du programme mondial SQF de qualité et sécurité alimentaire, entre autres.

Le Conseil kacheroute considérait qu’intégrer les principes kasher aux exigences de sécurité déjà prévues dans les lignes directrices de ces deux organisations simplifierait le commerce de milliers d’entreprises désireuses de répondre à la fois aux normes de sécurité alimentaire et d’alimentation kasher. (Plus de 40 pour cent des produits alimentaires emballés vendus aux États-Unis sont certifiés kasher, selon la firme d’études de marché Mintel.)

Un enseignant et plusieurs étudiants du centre d’innovation Food and Wine Institute de Niagara College ont planché pendant six mois avec le conseil afin d’établir les exigences de certification kasher devant être incluses aux documents pour que les entreprises retrouvent en une seule source les exigences de sécurité et casher.

Dans la plupart des cas, il a suffi d’ajouter quelques mots. Dans l’exemple qui suit de l’exigence en matière de sécurité du British Retail Consortium, seuls quelques mots ont dû être ajoutés : « Le site doit être doté d’un programme de réunions permettant aux problèmes de sécurité alimentaire, législatifs et de qualité d’être portés à l’attention de la haute direction sur une base mensuelle au minimum et aux problèmes requérant une action immédiate d’être résolus ». Ainsi, il a suffi d’ajouter « kasher » après « qualité » et « organisme de certification » après « haute direction » pour jumeler les deux principes.

Les guides modifiés du British Retail Consortium et du Safe Quality Food (SQF) Program ont déjà été publiés. « Nous cherchons des moyens de rendre plus efficace et efficiente la certification pour nos entreprises kasher, et nous espérons que ce projet fera cela », dit le rabbin Sholom H. Adler, directeur industriel du Conseil kacheroute.

Financement : Fonds d’innovation sociale destiné aux communautés et aux collèges

À propos de Niagara College

Established in 1967, Niagara College has grown to become a leading global college and one of Canada’s most enterprising postsecondary institutions. With a mission to... Lire plus

Pour des systèmes alimentaires abordables et durables

Les terres agricoles constituent une ressource naturelle irremplaçable, et nous les négligeons, selon Kent Mullinix, directeur de l’Institute for Sustainable Food Systems à la Kwantlen Polytechnic University.

« Les pays, les provinces et les municipalités élaborent constamment des politiques, des lois et des règlements pour promouvoir leur vision et leurs aspirations, mais d’une certaine manière il semble avoir été décidé qu’un système alimentaire durable, lui, n’en valait pas la peine », explique Kent Mullinix au téléphone.

Mullinix est le chercheur principal du projet Fostering Regional Food Systems, financé par le Conseil de recherches en sciences humaines au moyen du Fonds d’innovation sociale destiné aux communautés et aux collèges.

Son équipe étudie l’importance, les possibilités et les défis liés à la mise en œuvre de systèmes alimentaires régionaux durables, qu’il définit ainsi : « Tous les éléments qui contribuent collectivement à la production, la distribution, l’achat et la consommation d’aliments, et au traitement des déchets connexes. » Les systèmes alimentaires régionaux renforcent les économies locales au lieu d’exporter les revenus et les emplois.

Le chercheur affirme que de bonnes raisons militent pour le retrait de notre système alimentaire mondialisé : le changement climatique, le coût du transport et d’autres facteurs le rendent inabordable et insoutenable; de plus, les pratiques agricoles étrangères sont parfois risquées.

Le problème prend source dans le fait que les planificateurs ont négligé les systèmes alimentaires malgré leur rôle essentiel dans notre survie. Le développement immobilier exerce une force pression sur les terres agricoles, le cas par excellence étant à Richmond, en Colombie-Britannique, lieu de travail de Kent Mullinix et voisin du marché immobilier le plus effervescent du pays. Quoique cette province dispose d’une Agricultural Land Reserve pour l’agriculture, elle ne suffit pas à appuyer les systèmes alimentaires régionaux, soutient monsieur Mullinix.

Les terres « préservées » ne sont pas réservées à l’agriculture, en fait. La politique n’empêche en rien la spéculation, d’où des prix inaccessibles pour les personnes voulant justement exploiter une ferme. Kent Mullinix rappelle que la location de terres aux fermiers par de riches propriétaires relève du féodalisme… un modèle probablement peu souhaitable pour le Canada.

Selon des recherches antérieures de l’Institute for Sustainable Food Systems, environ un tiers des terres non cultivées en réserve agricole pourraient être exploitées et, fortes de petites fermes privées axées sur l’agriculture locale intensive, pourraient créer 1 200 emplois, fournir à Surrey six mois par année 27 des cultures et produits animaliers dont elle a besoin et générer 77 millions de dollars en revenus nets.

L’équipe de recherche évaluera la valeur des terres et les tendances relatives à la propriété depuis 1977 pour déterminer dans quelle mesure les systèmes alimentaires régionaux peuvent soutenir leurs localités, créer des emplois et favoriser la gestion durable de l’environnement. Elle lancera aussi le premier carrefour web de recherche et d’information libre-accès au monde sur les systèmes alimentaires régionaux.

« Je suis un scientifique agricole », explique Kent Mullinix. « J’ai été témoin de l’industrialisation de l’agriculture et de ses impacts sur les agriculteurs, les aliments, l’économie, les communautés et l’environnement. J’en ai été témoin et je sais que nous pouvons concevoir de meilleurs systèmes alimentaires. »

À propos de Kwantlen Polytechnic University

Established by the government of British Columbia in 1981, Kwantlen, now Kwantlen Polytechnic University, has four campuses located in the Metro Vancouver region of British... Lire plus

Revenir aux connaissances traditionnelles pour trouver des solutions aux problèmes modernes

Dans le Nord du Québec, juste à l’intérieur des terres de la baie James, habite la Nation crie de Chisasibi. Il s’agit d’un nouveau lieu de vie pour un peuple ancien.

L’histoire qui a conduit une nation nomade vers ce petit village a entraîné des perturbations dans tous les aspects de la vie, de la culture et des connaissances. Aujourd’hui, la nation Chisasibi travaille avec des chercheurs, dirigés par le Cégep de Victoriaville, pour instaurer de nouvelles approches à la sécurité alimentaire découlant des connaissances traditionnelles. Ce projet est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines à partir de son Fonds d’innovation sociale destiné aux communautés et aux collèges.

Il y a environ 4 000 Cris à Chisasibi. Pour eux, comme pour d’autres communautés du Nord, l’insécurité alimentaire est un enjeu majeur. De plus, l’Institut de la santé publique du Québec rapporte que 80 % des Cris souffrent d’obésité ou de surpoids, mettant ainsi en évidence un autre problème grave concernant l’approvisionnement alimentaire de Chisasibi.

Richard Lair, enseignant au Cégep de Victoriaville et chercheur au Centre d’innovation sociale en agriculture, est le directeur du projet. Il a déclaré dans une entrevue que les problèmes alimentaires de Chisasibi doivent être considérés en tenant compte des éléments qui les ont provoqués : la colonisation, la réduction des subventions pour la nourriture, la perte de la culture autochtone et les pensionnats, qui ont provoqué une disparition progressive des traditions alimentaires.

Parallèlement, la chasse et la pêche coûtent plus cher et sont plus difficiles à pratiquer en raison de l’exploitation forestière et du développement hydroélectrique, selon M. Lair.

« Au fil des ans, plusieurs facteurs ont entraîné une diminution de la part de l’apport alimentaire total provenant de sources traditionnelles chez la population crie », explique-t-il. « Les aliments traditionnels ont été remplacés par plus d’aliments prêts-à-manger et surgelés, contenant plus de matières grasses, de sel et de sucre. Les Cris ignoraient que cette nourriture n’était pas saine. » Cela s’est traduit par l’adoption d’habitudes alimentaires malsaines et par des conséquences négatives généralisées sur la santé.

Il est possible de trouver des solutions aux problèmes d’approvisionnement alimentaire, affirme M. Lair, à condition d’adopter la bonne approche pour les faire connaître. L’approche doit être holistique, comporter de multiples facettes, tenir compte de l’histoire, de la culture et des facteurs politiques qui ont façonné la réalité de Chisasibi.

Il est tout aussi important que les chercheurs comprennent qu’il ne s’agit pas de rendre à la communauté les connaissances perdues sur la nourriture traditionnelle. Leur travail consiste plutôt à aider la communauté à trouver ses propres réponses. Le projet sera réalisé sous la forme d’une « recherche-action participative », une approche de collaboration qui reconnaît les membres de la communauté en tant que cochercheurs et qui s’inspire de l’expérience locale et de l’histoire sociale afin d’orienter ses travaux et ses conclusions.

La première phase du projet consiste à comprendre la situation actuelle, y compris le rôle de l’approvisionnement en aliments traditionnels, en rendant compte des traditions alimentaires cries qui existent encore dans la communauté. La seconde phase vise à aider les Cris à capter et préserver leurs savoirs traditionnels alimentaires à l’intérieur d’une base de données. Enfin, dans la troisième phase, cette connaissance servira à identifier des projets visant à résoudre les problèmes alimentaires et à créer des projets pilotes pour les tester.

Finalement, les chercheurs espèrent partager les connaissances issues de ce projet avec l’ensemble des dix communautés de la nation crie du Nord du Québec et créer un site web comprenant un accès facile à l’information sur les sources alimentaires traditionnelles, les pratiques alimentaires saines et plus encore.

À propos de Cégep de Victoriaville

Le Cégep de Victoriaville c’est près de 1 600 étudiantes et étudiants à l’enseignement régulier, 375 à la formation continue et plus de 400 employés... Lire plus