17 juin 2024

Dans les chiffres : L’enseignement postsecondaire autochtone au Canada

L’enseignement postsecondaire autochtone au Canada s’inscrit dans un contexte dynamique marqué par la résilience, les progrès et les défis constants. Les dernières données de Statistique Canada (StatCan), ainsi que les données du recensement de 2021, font la lumière sur cette situation. Elles soulignent le rôle essentiel joué par les collèges et instituts ainsi que la nécessité de constamment veiller à ce que ces étudiant(e)s bénéficient d’un accès équitable. 

Voyons cela de plus près!

Tendances au sein de l’enseignement postsecondaire autochtone

Malgré certaines difficultés, les peuples autochtones ont accompli des progrès notables dans le domaine de l’éducation. Alors que 16 % des Autochtones sont titulaires d’un diplôme universitaire (contre 36 % pour l’ensemble de la population), 23% ont obtenu un titre de compétences de niveau collégial et 11% ont effectué un apprentissage. Ces chiffres dépassent ceux de l’ensemble de la population (Statistique Canada, 2021). Toutefois, si la proportion d’adultes autochtones titulaires d’un baccalauréat ou un diplôme supérieur a augmenté depuis 2016, l’écart entre les populations autochtones et non autochtones s’est creusé.

Source : MELVIN, Alexandria. 2023 « Niveau de scolarité postsecondaire et résultats sur le marché du travail chez les Autochtones au Canada, résultats du Recensement de 2021 ». Regards sur la société canadienne, octobre, produit no 75-006-X au catalogue de Statistique Canada.

Le saviez-vous? La moitié des nouveaux inscrits autochtones dans l’enseignement postsecondaire commencent leur parcours dans des collèges, contre 37% pour les non-autochtones (Statistique Canada, 2024). En outre, les nouveaux inscrits autochtones dans les collèges sont beaucoup plus souvent des femmes. Ils et elles ont également en général 20 ans (ou plus), ce qui diffère des nouveaux inscrits non autochtones. Ces statistiques illustrent le rôle essentiel que jouent les collèges. En effet, ils offrent des possibilités d’éducation accessibles et bienveillantes aux apprenant(e)s autochtones à tous les stades de leur vie, indépendamment de leurs conditions de vie. Non sans oublier que cela se passe dans leurs propres collectivités et que cela inclut également des services essentiels d’accompagnement.

Source : Statistique Canada. Tableau 37-10-0264-01  Nouveaux inscrits aux études postsecondaires selon l’identité autochtone, le titre scolaire, le domaine d’études (regroupements STGM et SACHES (non-STGM)), le genre et l’âge.

Relever les défis : Disparités régionales et vie dans les régions éloignées 

Le parcours éducatif des peuples autochtones n’est pas sans difficulté. Les injustices passées et présentes (telles que l’héritage des pensionnats et les traumatismes intergénérationnels), associées aux difficultés structurelles actuelles (accès limité aux établissements d’enseignement, insécurité alimentaire et pénurie de services de garde d’enfants pendant les études), ont longtemps jeté une ombre sur l’éducation des Autochtones.

Au sein des populations autochtones, ce sont tout particulièrement les jeunes des Premières Nations qui sont confrontés à de nombreux défis. Notons parmi ces enjeux un nombre plus élevé de jeunes parents, de ménages à faible revenu et de résidences rurales, ce qui contribue à une disparité des taux d’achèvement des études postsecondaires par rapport aux jeunes non-autochtones. En conséquence de ces défis, les jeunes non-autochtones sont près de deux fois plus à même (72%) que les jeunes des Premières Nations (37%) d’avoir terminé ou récemment suivi un programme d’études postsecondaires (Statistique Canada, 2023).

Source : LAYTON, Jaclyn. 2023. « Les jeunes des Premières Nations : expériences et résultats relativement à l’éducation aux niveaux secondaire et postsecondaire ». Juin, produit no 81-599-X au catalogue de Statistique Canada.

Pour ajouter à la complexité de la situation, les collectivités autochtones sont situées de manière disproportionnée dans les zones rurales et isolées. En 2016, ces régions abritaient 26% des Autochtones âgés de 19 à 45 ans, contre seulement 3 % de la population non autochtone (Statistique Canada, 2023). 

Comment cela se traduit-il en termes de résultats scolaires? Les personnes vivant dans des zones facilement accessibles sont nettement plus nombreuses à avoir terminé leurs études secondaires que celles vivant dans des zones très éloignées. Une analyse élargie par âge révèle également que les taux d’achèvement des études secondaires et de fréquentation de l’enseignement postsecondaire sont plus élevés chez les membres des Premières Nations vivant en dehors des zones rurales. En effet, près de la moitié des femmes et plus d’un tiers des hommes font des études postsecondaires ou sont en voie de les achever.

Source : LAYTON, Jaclyn. 2023. « La distance comme facteur de l’achèvement des études secondaires chez les Premières Nations, les Métis et les Inuit ». L’éducation, l’apprentissage et la formation : Série de documents de recherche, juin, produit no 81-595-M au catalogue de Statistique Canada.

La proximité des établissements postsecondaires joue donc un rôle crucial dans la réussite des apprenant(e)s autochtones. Heureusement, 86 % des Autochtones vivent à moins de 50 km du campus d’un collège ou d’un centre de services. Toutefois, la proximité à elle seule ne suffit pas. Il est essentiel de proposer des options flexibles, adaptables et culturellement réactives pour combler le fossé dans l’enseignement postsecondaire et permettre aux apprenant(e)s autochtones d’atteindre leur plein potentiel. Citons à titre d’exemple les programmes de proximité, les partenariats avec les collectivités et les ressources en ligne.

Les instituts autochtones du pays, comme ceux de l’Ontario, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, ainsi que les collèges du Nord comme le Nunavut Arctic College et la Yukon University, jouent également un rôle de premier plan. Leurs emplacements, ainsi que leurs capacités et leur compréhension culturelle permettent de répondre aux besoins de la collectivité et d’offrir des programmes pertinents et accessibles qui donnent aux apprenant(e)s autochtones les moyens d’agir.

Envisager l’avenir : Donner à la jeunesse autochtone les moyens de bâtir un avenir plus solide

Le Forum des politiques publiques indique qu’environ 350 000 jeunes Autochtones atteindront l’âge adulte d’ici 2026. Renforcer les moyens d’action de ces individus en leur offrant un enseignement postsecondaire et une formation de qualité et adaptés à leur culture permettra non seulement de promouvoir l’inclusion sociale et la justice, mais aussi d’aider le Canada à remédier à son sous-emploi et à ses pénuries de compétences. On estime qu’en apportant un soutien à ces jeunes, on peut stimuler notre économie à hauteur de 27,7 milliards de dollars par an (Forum des politiques publiques, 2024).

Forts de leurs perspectives uniques, les systèmes de connaissances autochtones offrent de précieuses solutions pour aborder les enjeux pressants du Canada. De plus en plus de collèges le reconnaissent et s’impliquent dans des partenariats communautaires de recherche appliquée avec des organisations autochtones. Une telle démarche s’inscrit dans le cadre de leur engagement en faveur de l’innovation sociale et de la recherche menée pour le compte de leurs partenaires. Par exemple, au Centre for Innovation and Research in Unmanned Systems du SAIT, les chercheuses et chercheurs collaborent avec la Première Nation de Stoney Nakoda et les services de santé de l’Alberta pour mettre au point une flotte de drones évolutive. Celle-ci sera capable de prendre en charge les livraisons de produits médicaux et d’amplifier les signaux des drones dans les zones reculées.

Programmes et aides dédiés aux populations autochtones

Les collèges et instituts sont les principaux fournisseurs d’enseignement postsecondaire pour les apprenant(e)s autochtones de tout le Canada. Ils s’efforcent continuellement d’écouter, d’apprendre et de collaborer avec les peuples autochtones afin d’améliorer l’expérience éducative de leurs apprenant(e)s. Nous offrons des formats d’apprentissage flexibles et des services d’aide tels que garde d’enfants, conseils et mentorat. Ce à quoi s’ajoutent près de 300 programmes et cours centrés sur les populations autochtones dans les dix provinces et territoires du Canada.

Grâce aux programmes nationaux de CICan, dont La boussole des compétences, l’impact des collèges et instituts est également considérable. En effet, ils apportent leur soutien aux jeunes Autochtones et aux nouveaux arrivants qui ne sont actuellement ni en emploi, ni aux études, ni en formation. Cette initiative accessible aide les jeunes Autochtones à acquérir des compétences essentielles et à se préparer à la vie professionnelle. Elle met également à disposition de nos membres le Cadre curriculaire de la boussole des compétences, une ressource durable qui permet aux instituts d’adapter leurs programmes aux besoins spécifiques des jeunes Autochtones.  

Les collèges et instituts aident également les apprenant(e)s autochtones à tisser des liens dans le monde entier grâce à l’initiative Expérience compétences mondiales (ECM). Cette initiative permet aux étudiantes et étudiants canadiens de l’enseignement postsecondaire d’acquérir de nouvelles compétences internationales, ce qui renforce leur résilience, leur capacité d’adaptation et leur aptitude à la réussite. Par exemple, I’M SIENT (International Mobility Supporting Indigenous Entrepreneurs), financé par ECM au Sault College en Ontario, permet aux étudiant(e)s autochtones d’améliorer leurs compétences techniques et analytiques en collaboration avec des entrepreneur(e)s autochtones de la région du Yucatan, au Mexique.

Conscients que la réconciliation autochtone est un processus évolutif, nous restons attachés à des approches sensibles à la culture. Un tel dévouement constant fait que le potentiel de changement positif et de renforcement des moyens d’action au sein des collectivités autochtones est immense.    

Passer à l’action :

Les collèges et instituts peuvent faire progresser leur implication en se joignant aux 72 établissements qui ont signé le Protocole sur l’éducation des Autochtones de CICan. Élaboré en 2014, ce protocole souligne la nécessité de mettre en place des structures et des approches adaptées pour répondre aux besoins des peuples autochtones en matière d’éducation, afin de soutenir leur autodétermination et le développement socio-économique de leurs collectivités.  

Pour marquer son 10e anniversaire et faire le point sur les progrès accomplis et les lacunes persistantes, CICan entreprendra une mise à jour du protocole et examinera les possibilités de mobiliser davantage ses établissements membres. Cette démarche sera entreprise lors du prochain Colloque sur l’éducation autochtone qui se tiendra à Halifax du 27 au 29 octobre et que nous organisons en partenariat avec l’Indigenous Institutes Consortium (IIC).

21 mai 2024

L’éducation est un vecteur de changement

«Qu’ai-je en tête?», avec Pari Johnston.

S’il est bien une chose que j’ai en tête, c’est le changement. Se rassembler pour fixer des priorités, coordonner et mettre en commun les ressources nous aidera à nous préparer et à le maîtriser.  

L’association que nous sommes réunit les responsables des collèges et des instituts à travers le réseautage et des activités de renforcement des capacités. Nos conversations stratégiques nous aideront à définir nos objectifs communs et à axer nos solutions sur les grands défis sociétaux. 

Tout changement peut être intimidant. Mais je suis optimiste et remplie d’espoir.  

Nous sommes des chefs de file dans le domaine de l’éducation. À ce titre, nous avons des projets ambitieux et audacieux à réaliser.  

Les collèges et instituts sont des partenaires de grande valeur. Nous sommes des éducateurs, des innovateurs, des créateurs d’emplois et des partenaires de confiance. Nous sommes des établissements ancrés dans nos villes, nos provinces, nos territoires et nos régions.  

Notre réseau forme près de 800 000 apprenant(e)s dans des collectivités urbaines, rurales, éloignées et nordiques en proposant plus de 10 000 programmes dans tous les secteurs. Nous menons également plus de 8 000 projets de recherche appliquée par an et apportons chaque année plus de 190 milliards de dollars à l’économie canadienne. 

Telle est la valeur de la formation dispensée par les collèges et instituts. 

Cet impact doit s’articuler autour de nos grands défis, tels que l’offre de logements durables et abordables, la transition vers des énergies propres et une productivité et une transformation industrielle accrues. Nos actions nous permettent d’avoir une main-d’œuvre qualifiée pour répondre à la demande de logements et de veiller à ce que les travailleuses et travailleurs reçoivent les outils nécessaires pour prospérer dans les industries vertes et numériques. Sans oublier qu’elles rendent les entreprises plus innovantes, efficaces et productives. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres. 

Notre prospérité future dépend de notre action collective, non seulement pour les apprenants, mais aussi pour notre pays et nos collectivités. Cela permet de garantir que nos transitions soient justes, équitables et bénéfiques pour toutes et tous. 

En tant que responsables du secteur de l’éducation, nous devrons répondre à de nombreuses exigences.   

Lorsque nous parlons de la valeur du secteur des collèges et instituts, nous devrions nous demander quels problèmes nous réglons. Nous devons réfléchir de manière ciblée au lien entre le contenu de notre enseignement et nos besoins en main-d’œuvre. Cela vaut aussi bien pour la crise du logement que pour d’autres enjeux tels que la transition énergétique, les besoins de l’économie des soins et la transformation numérique.  

Nos établissements doivent faire en sorte de créer des espaces, que ce soit au sein d’une salle de classe traditionnelle, par le biais de cours en ligne, d’une salle de classe mobile ou en recourant à des technologies telles que la réalité virtuelle. Ces espaces doivent permettre aux talents et aux débouchés de trouver écho là où ils se trouvent, en particulier dans les collectivités rurales, éloignées, nordiques et autochtones. En d’autres mots, pour que tous les talents que nous rencontrons dans nos villages, nos villes et nos collectivités aient la possibilité de contribuer à notre économie et notre société.

Il ne s’agit pas seulement de formation aux compétences, de recherche ou de partenariats. Il s’agit de savoir ce que nous pouvons réaliser lorsque nous sommes tous unis autour d’un objectif commun.  

Le moment est venu pour les collèges et instituts.  

Il y a deux semaines, nous avons rassemblé le secteur à l’occasion de notre Congrès national, le plus grand événement du genre. La gestion du changement était au cœur du programme.  

Notre secteur est soumis à de fortes pressions, en raison de la baisse des financements provinciaux et de l’augmentation des exigences du marché du travail. Et le tout s’inscrit dans un contexte de débat national largement médiatisé sur la croissance durable du nombre d’étudiants internationaux et sur la concurrence mondiale pour les talents et les compétences. Il n’en reste pas moins que notre secteur a un rôle à jouer si l’on veut intensifier et coordonner les efforts des établissements pour relever les défis nationaux les plus urgents. 

  • Dans mon allocution principale, j’ai exposé ma vision d’un programme national audacieux dans lequel les collèges et instituts publics du Canada sont reconnus en tant que partenaires incontournables pour accomplir la mission. (Écoutez le balado de mon allocution principale).

Je ressors inspirée de ces nouvelles formes de collaboration qui transforment les défis en atouts. Et je suis tout aussi enthousiaste à l’idée de concevoir une approche commune du travail qui soit intentionnelle, intégrée et efficace.

Et cela ne peut fonctionner que si nous le faisons ensemble.

21 avril 2024

Les collèges et instituts au service de la politique du logement du Canada

L’abordabilité des logements et leur disponibilité figurent parmi les défis les plus pressants pour la population canadienne. C’est dans ce cadre que le gouvernement du Canada a manifesté sa détermination à relever ces défis lors de la récente adoption du Plan sur le logement et du Budget fédéral de 2024. Mais ils ne sont pas seuls au combat. Les collèges et instituts sont profondément enracinés dans leurs collectivités et ont fait leurs preuves en termes d’innovation et d’adaptabilité. Ils s’imposent donc comme des partenaires incontournables. 

Au cas où vous l’auriez manqué, voici un résumé des principales annonces relatives au logement ayant un impact sur notre secteur : 

  • Nouveau financement de prêts pour la construction d’appartements : À compter de 2025-2026, le Programme de prêts pour la construction d’appartements, d’un montant de 15 milliards de dollars, sera ouvert aux collèges et instituts et leur apportera une aide financière supplémentaire. 
  • Investissement dans les métiers spécialisés : 90 millions de dollars pour le Service d’apprentissage et 10 millions de dollars pour le Programme de sensibilisation et de préparation aux métiers spécialisés auront pour but de stimuler les Canadien(ne)s à faire carrière dans les métiers spécialisés. 
  • Reconnaissance des titres de compétences étrangers : 50 millions de dollars, axés sur la simplification de la reconnaissance dans le secteur de la construction afin de remédier à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans ce secteur. 
  • Allégement de la TPS pour les résidences étudiantes : Assouplissement des conditions d’admissibilité à l’exonération de la TPS sur les nouvelles résidences étudiantes pour les universités à but non lucratif, les collèges publics et les administrations scolaires. 
  • Fonds pour l’innovation et la technologie en construction résidentielle : 50 millions de dollars sont alloués à la création de ce fonds, qui sera administré par Fabrication de prochaine génération Canada.

Pour que ces investissements soient couronnés de succès, il sera essentiel d’exploiter pleinement le potentiel des collèges et instituts. Ces derniers vont au-delà de former, de perfectionner et de recycler la main-d’œuvre du secteur de la construction au Canada. Ils donnent en effet également un coup d’accélérateur aux projets de construction de logements étudiants et apportent leur soutien à des solutions innovantes et durables pour construire de meilleures habitations plus rapidement. Voyons cela de plus près.

Formation de la main-d’œuvre qualifiée dans le secteur de la construction 

La mise en place d’un programme de logement durable repose sur une main-d’œuvre qualifiée dans les métiers de la construction. Saviez-vous que la construction d’une maison type nécessite l’intervention sur chantier de plus de 30 corps de métier différents et autres professions? Qu’il s’agisse de concepteurs, de peintres, de plombiers, d’électriciens, de maçons ou de couvreurs, la tâche est immense! À l’heure actuelle, le Canada est confronté à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Et la productivité du secteur du logement s’en trouve ralentie. ConstruForce Canada fait état d’un besoin d’environ 350 000 travailleuses et travailleurs au cours de la prochaine décennie pour accompagner la croissance et remplacer les départs à la retraite. Nos membres sont là pour aider.

Le Canada doit, pour faire face à la demande, puiser dans le vaste éventail de programmes spécialisés des collèges et instituts, parmi lesquels figurent plus de 300 programmes de préapprentissage dans des domaines essentiels. Ces programmes sont essentiels pour conférer à toutes et à tous, toutes générations confondues, les compétences nécessaires pour construire davantage de logements. Les comités consultatifs des programmes, composés de représentants de l’industrie et de la collectivité, veillent à ce que lesdits programmes suivent l’évolution des besoins du secteur du logement et forment des diplômés aptes à immédiatement se mettre à l’œuvre. Outre tout cela, les collèges et instituts contribueront aux initiatives du gouvernement en intervenant dans les services d’intégration qui exploitent les talents des nouveaux arrivants, tels que les programmes fédéraux de reconnaissance des titres de compétences. Nos membres aident à la mise en place de stratégies internationales de recrutement des nouveaux arrivants, contribuent à l’évaluation des diplômes et des compétences, veillent à leur reconnaissance et facilitent une intégration harmonieuse sur le marché du travail grâce à des services d’accompagnement. Les établissements déploient également des efforts concertés pour élaborer des programmes adaptés aux groupes traditionnellement sous-représentés, tels que les femmes et les apprenant(e)s autochtones. Ils cherchent ainsi à promouvoir la diversité et à accéder à un plus grand vivier de talents.

Et enfin, nos membres ont proposé toute une gamme de nouvelles politiques d’immigration pour retenir les talents formés au Canada dans les secteurs professionnels à forte demande. Parmi celles-ci, citons entre autres un programme pilote pour aider les étudiants internationaux à accéder aux métiers spécialisés. Ce programme a pour but de permettre aux étudiant(e)s des métiers spécialisés ou aux apprenti(e)s inscrit(e)s et déjà en activité de faire une transition en douceur entre les études et le travail. Il serait également conçu pour s’adapter aux différents modèles de formation en vigueur dans les différentes provinces.

Des partenariats pratiques et innovants pour donner un coup de pouce au logement étudiant

Les collèges et instituts aident à gérer la demande pressante de logements étudiants tout en soulageant la pression sur le marché locatif. Dans le cadre de partenariats novateurs avec des promoteurs locaux et des organismes à but non lucratif, ils offrent des solutions sur mesure à leurs collectivités. Par exemple, ils réaménagent les espaces existants afin d’augmenter le nombre de logements sur les campus et concluent des partenariats afin de créer des espaces de vie à prix abordable. Récemment encore, des enquêtes menées par CICan ont montré l’importance des investissements dans ce domaine : plus de 30% de nos membres allouent plus de 950 millions de dollars à des projets de logements étudiants, tandis que 43% d’entre eux songent à prendre des initiatives similaires. En outre, vu que 75% d’entre eux possèdent des terrains vacants, ils se présentent comme des partenaires essentiels pour atteindre les objectifs du Canada en matière de logement.

Mener des recherches sur l’innovation dans le domaine de la construction 

Le besoin de solutions innovantes et durables est au cœur de la politique du logement. Cela va au-delà de la simple construction de maisons. Il s’agit ici de bâtir des logements immédiatement accessibles et durables à long terme. Les collèges et instituts sont à l’avant-garde de la recherche appliquée dans ce domaine. Leurs infrastructures de formation ultramodernes et leurs centres de recherche de pointe collaborent avec les entreprises et l’industrie locales pour mettre en œuvre des solutions dans des domaines tels que les technologies de construction écologique et l’urbanisme durable, ce qui profite à la fois aux collectivités et à l’environnement.    

L’engagement pris dans le budget pour moderniser le système de financement de la recherche et de l’innovation au Canada met entre autres l’accent sur la recherche axée sur la réalisation d’une mission. Ceci pourrait bien se révéler l’arme secrète du Canada face à la crise du logement. Le moment est venu d’exploiter notre capacité nationale de recherche appliquée pour relever nos défis, dont celui de construire plus de logements et de meilleure qualité. Nos membres sont des acteurs majeurs dans ce domaine. Ils se font les avocats des technologies émergentes et stimulent l’innovation dans les pratiques de construction durable. Ils sont ainsi à l’origine d’une productivité accrue. Une telle expertise est apte à étayer la recherche axée sur les défis pour renforcer l’impact de l’innovation dans le domaine du logement.  Les centres de recherche des collèges et instituts sont parfaitement adaptés à une approche de recherche axée sur la réalisation d’une mission. Ils ont à leur avantage des partenariats et des réseaux industriels solides, une éthique axée sur la demande et des programmes de formation liés aux métiers qui s’inscrivent dans un environnement de recherche appliquée.

Un appel à l’action : Miser sur les collèges et instituts pour garantir la réussite

Pour atteindre ses objectifs en matière de logement, le gouvernement du Canada doit miser sur les collèges et instituts. Pour ce faire, il doit investir dans ces établissements afin d’assurer le développement de la main-d’œuvre dans le secteur de la construction et l’innovation en matière de logement. Nous sommes prêts et avons hâte de devenir partenaires. Ensemble, notre impact sera déterminant et significatif.

08 avril 2024

Mon « Pourquoi ? »

Qu’ai-je en tête ? Avec Pari Johnston

La semaine prochaine, la vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland présentera le budget fédéral. Des investissements y seront vraisemblablement prévus dans les domaines du logement, de l’éducation de la petite enfance, des soins de santé et pour la prochaine génération. Pour CICan, c’est l’occasion de s’assurer que vous, nos membres, soyez en mesure de contribuer au programme national à long terme.  

Il est essentiel d’investir dans les compétences et l’innovation si l’on veut assurer l’avenir de la population canadienne dans ce monde en évolution constante qui est le nôtre. Ma vision est celle d’un Canada où ses collèges et instituts publics sont réputés être des partenaires incontournables pour relever les plus grands défis de politique publique de notre pays. Je pense notamment aux logements durables et abordables, à la sécurité alimentaire, à la transition vers des énergies propres, à la productivité et à la transformation industrielle, non sans oublier les besoins croissants de l’économie des soins.  

Réfléchir à «pourquoi» il faut investir dans l’enseignement et la recherche appliquée des collèges et instituts transforme chaque défi en une occasion pour les éducateurs, partenaires et innovateurs que nous sommes de consolider notre rôle dans la recherche de solutions. 

Je comprends notre impact. 

Cette saison du budget marque également une étape importante pour moi. En effet, elle correspond à mes 100 premiers jours à CICan et j’ai eu beaucoup à réfléchir depuis mon entrée en fonction en décembre! 

Je suis issue d’une longue lignée d’éducatrices et d’éducateurs. Sur trois générations, les membres de ma famille ont compté des enseignantes et enseignants, des directrices et directeurs d’école, des instructrices et instructeurs et des surintendantes et surintendants auprès de commissions scolaires. J’ai aussi consacré ma carrière à renforcer l’impact de l’écosystème canadien de la recherche, du talent et de l’innovation, d’abord à Universités Canada, puis à Génome Canada. Je suis fière d’avoir atterri à CICan, où je travaille maintenant avec le plus grand réseau postsecondaire du Canada tout en continuant sur ma lancée d’impact. 

Ce serait un euphémisme de dire que ces derniers mois ont été très agités. Notre secteur est soumis à de fortes pressions, en raison de la baisse des financements provinciaux et de l’augmentation des exigences du marché du travail. Et le tout s’inscrit dans un contexte de débat national largement médiatisé sur la croissance durable du nombre d’étudiants internationaux et sur la concurrence mondiale en matière de talents et de compétences.  

J’arrive donc à un moment charnière pour jouer mon rôle de 8e intendante de cette importante organisation nationale. Je suis enthousiaste à l’idée de concevoir une approche du travail qui soit intentionnelle, intégrée et efficace, tout en veillant à répondre aux besoins et aux priorités en constante évolution des membres. 

J’ai déjà été impressionnée de vous voir si nombreux à Ottawa pour discuter de vos visions d’impact accru lors de notre Colloque national sur la recherche appliquée, en février dernier. Je sais que vous comptez sur CICan pour rassembler notre secteur, trouver un objectif commun et réimaginer les programmes de recherche et les investissements, mais aussi pour faire preuve d’audace quant aux résultats atteignables en positionnant les collèges et instituts au cœur d’un programme de recherche axé sur la mission. Nous vous en dirons plus à ce sujet. 

Je vous comprends. 

Pour terminer, merci pour l’accueil incroyable qui m’a été réservé. J’ai pris la route pour rencontrer des membres dans tout le pays. J’ai été impressionnée par les forces individuelles dont j’ai été témoin et j’ai été émerveillée par les possibilités offertes en unissant nos forces.  

Chaque établissement a sa propre approche qui détermine son impact à de nombreux niveaux. J’ai découvert des exemples remarquables de conception durable dans l’infrastructure des campus, ainsi que de nouveaux centres pour l’énergie propre et l’innovation automobile. J’ai aussi pu entendre les aspirations de hauts responsables en matière de développement communautaire et voir comment vos établissements intègrent les arts, les technologies et l’éducation autochtone. Je suis impatiente de poursuivre ma tournée, d’écouter et d’en apprendre davantage pour nourrir et guider notre travail ici à Ottawa. 

Lorsque nous donnons de l’ampleur à nos engagements communs pour appuyer nos collectivités, ainsi que pour rendre l’apprentissage accessible, trouver des solutions pratiques aux enjeux de recherche de nos partenaires et relever les défis urgents en matière de main-d’œuvre au niveau national, notre impact n’a pas d’égal.  

Tel est mon «pourquoi».

08 mars 2024

Quelques chiffres : analyse de la présence des femmes dans les collèges et instituts du Canada

Le Canada a incontestablement accompli des progrès considérables dans la promotion de l’égalité entre les genres. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre la parité totale. L’accès à l’enseignement postsecondaire et la représentation sont des éléments cruciaux dans ce domaine. Parallèlement aux efforts déployés à l’échelle mondiale pour renforcer la position des filles et des femmes, les collèges et instituts du Canada sont à l’avant-garde pour ce qui est de cultiver des environnements d’apprentissage inclusifs, d’encourager l’entrepreneuriat féminin et de soutenir les femmes dans les domaines non traditionnels au Canada.   

En cette Journée internationale des femmes, examinons ensemble quelques éléments d’information qui nous permettront de mesurer les progrès accomplis et de réfléchir au travail qu’il nous reste à accomplir. 

Saluons cette tendance à l’augmentation des taux de fréquentation scolaire et de diplomation des femmes qui perdure depuis des décennies 

Au début des années 1990, un changement important s’est produit au Canada. Le nombre de femmes diplômées a en effet commencé à augmenter par rapport à celui des hommes. Depuis lors, les taux de diplomation des femmes dans les collèges et instituts canadiens sont constamment restés supérieurs ou proches de la moitié, marquant ainsi une tendance durable et positive (Statistique Canada, 2022). Les données les plus récentes (2021/2002) révèlent que les femmes comptent pour 55 % des inscriptions dans les collèges et instituts et pour près de 60 % des diplômés dans les différentes disciplines.   

Avons-nous donc atteint l’égalité absolue? Pas tout à fait.   

Malgré cette tendance, les hommes continuent de dominer les domaines très rémunérateurs et recherchés que sont les STIM, tels que les mathématiques, l’informatique et les sciences de l’information, l’ingénierie et les technologies connexes. Par ailleurs, si 34 % de la population canadienne diplômée des STIM sont des femmes, elles ne représentent que 23 % des personnes travaillant dans le domaine des sciences et de la technologie (Statistique Canada, 2019). Cet écart persistant entre les genres accentue la nécessité d’interventions ciblées visant à renforcer la participation et la réussite des femmes dans ces domaines critiques que sont les études et l’emploi.   

Rehausser la place des femmes sur les campus

Les collèges et instituts ont mis en place diverses initiatives pour s’attaquer aux statistiques actuelles et donner aux femmes davantage de moyens et ce, sur de multiples fronts. Par exemple : 

  • La Saskatchewan Polytechnic, le Northern Alberta Institute of Technology, le British Columbia Institute of Technology, le Nova Scotia Community College, le Mohawk College et le George Brown College (pour ne citer qu’eux) sont d’ardents défenseurs de programmes visant à améliorer la représentation des femmes dans les métiers et les technologies. Ces initiatives offrent aux femmes la formation et le soutien nécessaires pour prospérer dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes.
     
  • Le Seneca College, en partenariat avec le College of the Rockies et le NorQuest College, offre le programme «Herizons». Ce dernier fait tomber les barrières entre les genres afin de donner aux femmes davantage de moyens pour mener à bien leur carrière en leur offrant un soutien, un mentorat et des possibilités de réseautage axés sur les femmes et ce, dans divers aspects de leur vie professionnelle.
     
  • Le Sheridan College, le St. Clair College, le Fanshawe College et le Durham College se sont unis pour mener des initiatives visant à sensibiliser les femmes et à leur donner l’occasion de découvrir les possibilités de formation professionnelle, de réseautage et d’apprentissage dans les métiers spécialisés du Sceau rouge.  
     
  • Le Dawson College décerne plusieurs prix et bourses pour récompenser les réalisations et les contributions exceptionnelles de ses étudiantes.  
     
  • Le Collège Boréal a élaboré un programme de formation intitulé « Mining Potential » afin de favoriser la présence des jeunes, des femmes et des nouveaux arrivants au Canada dans le secteur minier.
      
  • Le Centre for Entertainment Arts du Bow Valley College arbore fièrement une statue de Wonder Woman. Il reconnaît ainsi que le programme de conception de jeux du collège compte plus d’inscriptions de femmes que d’hommes. Une statue représentant l’autonomisation, la ténacité et la détermination des femmes constituait donc un hommage tout à fait approprié.
     
  • Le Women’s Resource Centre du Cambrian College offre à ses étudiantes une vaste gamme de services, dont des séminaires et des ateliers portant sur la sécurité, la santé et le bien-être des femmes, ainsi que sur les enjeux financiers et juridiques, la toxicomanie et la sexualité.

Amorcer le changement depuis le sommet jusqu’à la base 

Au-delà des taux d’inscription, les femmes assument de plus en plus de fonctions de leadership au sein des collèges et instituts canadiens. Elles y jouent un rôle moteur en matière d’innovation, favorisent l’inclusion et façonnent l’avenir de l’enseignement supérieur. Environ 40 % de la direction générale des membres de CICan est assurée par des femmes. Toutefois, une question se pose : comment dépasser la barre des 50 %?    

Des initiatives telles que le projet du «Défi 50 – 30» de CICan engrangent des progrès remarquables. Grâce à nos deux Centres de mobilisation et transfert des connaissances et à nos cinq pôles régionaux, nous proposons des ressources et des outils complets pour donner aux participants les moyens d’agir tout au long de leur cheminement vers l’équité, la diversité et l’inclusion. Chez CICan, des initiatives de ce type ont permis de mettre en place une équipe de direction composée à 68 % de femmes et de nommer deux femmes PDG. Tout cela témoigne de notre ferme volonté d’assurer la diversité des genres et une représentation équitable à tous les niveaux de décision.

Aller au-delà des taux d’inscription

Alors que nous saluons les progrès accomplis dans l’enseignement postsecondaire, il est impératif de reconnaître que notre parcours vers une véritable égalité des genres est loin de s’achever. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder seulement sur les taux d’inscription pour avoir une vue d’ensemble. Nous devons également tenir compte des taux de réussite et nous pencher plus avant sur les défis nuancés auxquels les femmes sont confrontées dans les domaines où les inégalités entre les genres persistent. En donnant la priorité à l’autonomisation, en instaurant l’égalité des chances et en remettant en cause les préjugés et les stéréotypes, nous pouvons construire un avenir plus inclusif pour toutes et tous.

23 février 2024

La discussion collective sur la recherche et l’innovation au Canada doit intégrer les collèges et les instituts

Qu’ai-je en tête ? Avec Pari Johnston

Notre ministre de l’Innovation aime à le dire : la recherche d’aujourd’hui est l’économie de demain. L’année dernière, le rapport sur le système fédéral de soutien à la recherche («rapport Bouchard») indiquait clairement que l’approche du Canada devrait être plus stratégique, pluridisciplinaire et interdisciplinaire si l’on veut mobiliser l’écosystème fédéral de la recherche et de l’innovation pour relever les défis les plus pressants du pays (et du monde entier).

Au Nova Scotia Community College’s Centre of Geographic Sciences, cela se traduit par l’utilisation de systèmes topobathymétriques LiDAR pour étudier les surfaces terrestres et aquatiques. Un partenariat avec 3D Wave Design, une société d’animation et de communication en 3D détenue et gérée par des Autochtones, a ensuite permis de transformer ces informations en narration numérique.

Il s’agit là d’un parfait exemple de recherche axée sur les défis. Elle fait en effet appel à l’expertise des collèges et instituts en matière de recherche appliquée, à leurs réseaux de partenaires dans tous les secteurs ainsi qu’à leurs installations de pointe et ce, dans le but de trouver des solutions aux plus grands défis rencontrés par le Canada.

Dans le cas du NSCC et de 3D Wave Design, les cartes obtenues peuvent aider les collectivités locales des Premières Nations et les gouvernements à améliorer la modélisation des impacts du changement climatique, tels que l’élévation du niveau de la mer et les inondations fluviales. Lesdites cartes permettent même d’identifier l’emplacement des éoliennes dans le cadre de la transition des combustibles fossiles vers des sources d’énergie moins polluantes.

Le moment est venu pour les collèges et instituts

Nous sommes à un point crucial pour la recherche menée par les collèges et instituts. Il est en effet urgent d’aborder les grandes questions de politique publique, telles que l’offre de logements durables et abordables, la sécurité alimentaire, la préparation et la prévention des grandes catastrophes naturelles, la conception de villes et d’espaces respectueux de notre environnement, la transition vers des énergies propres et la prise en charge d’une population vieillissante. Chacun de ces domaines est pour les collèges et instituts un atout stratégique qui leur permet de faire partie intégrante de la solution. Ils peuvent pour cela mobiliser leurs forces collectives et leurs partenariats à valeur ajoutée pour répondre aux problèmes les plus complexes que connaît actuellement le Canada.

Prenons comme exemple les soins de santé. Au Centre for Innovation and Research in Unmanned Systems du SAIT, les chercheuses et chercheurs collaborent avec la Première Nation de Stoney Nakoda et les services de santé de l’Alberta pour mettre au point une flotte de drones évolutive. Celle-ci sera capable de prendre en charge les livraisons de produits médicaux et d’amplifier les signaux des drones dans les zones reculées.

C’est en mettant immédiatement en œuvre un tel projet que les collectivités rurales, isolées, nordiques et autochtones pourront bénéficier d’un accès meilleur et des plus fiables à des soins de santé salvateurs. Dans une optique plus large, et dans un monde où les catastrophes naturelles frappent plus fréquemment et avec plus d’intensité, ce type de solution peut être adapté pour mener à bien une évaluation des dangers et des risques pour les interventions d’urgence, ainsi que pour soutenir les premiers intervenants et apporter des informations en temps réel aux responsables des interventions d’urgence. Rappelons-le, ceci est d’autant plus vrai alors que l’an dernier le Canada a connu la pire saison de feux de forêt de son histoire.

Les défis mondiaux sont des défis communs

Le rythme de la recherche dans les collèges et instituts s’intensifie de près de 30% par an. En chiffres réels, et pour 2021-2022, cela équivaut à plus de 8 000 projets de recherche appliquée dans des domaines tels que la construction de logements et la fabrication de pointe, l’agriculture et la production alimentaire intelligentes face au climat, et l’innovation sociale. Un tel impact, une telle pertinence et une telle portée se traduisent par des avantages réels pour la population canadienne et pour la viabilité à long terme de l’industrie au pays.

L’autre élément du casse-tête réside dans le fait que les problèmes épineux transcendent les frontières. Dans un contexte de perturbation géopolitique et d’impératif de décarbonisation, l’économie ouverte du Canada évolue et les industries et chaînes d’approvisionnement mondiales sont redéfinies. Sans compter que des technologies telles que l’IA accélèrent le rythme du changement et transposent les lieux où se font les affaires.

La compétitivité mondiale est un moteur essentiel de la prospérité du Canada. La recherche appliquée des collèges et instituts génère une propriété intellectuelle qui reste entre les mains des partenaires de l’industrie canadienne, ce qui constitue un avantage unique. Des services tels que ceux proposés par l’Office of Research Services, Innovation, and Entrepreneurship du Durham College travaillent avec les PME canadiennes pour les aider à protéger la propriété intellectuelle canadienne au profit de l’économie canadienne. Les petites entreprises et les entrepreneurs sont l’épine dorsale de l’économie canadienne. Pour ces derniers, une telle gamme de services permet de renforcer leurs capacités d’innovation, de mieux les préparer et de les rendre plus compétitifs.

Tout récemment instauré, le programme fédéral «Du laboratoire au marché» donne au réseau des collèges et instituts une occasion supplémentaire de devenir un partenaire solide pour aider les entreprises à commercialiser les innovations canadiennes au pays et à l’étranger.

Des éléments tels que le nouveau statut du Canada à titre de membre associé d’Horizon Europe offrent de réelles possibilités aux collèges et instituts du Canada en les mettant en contact avec de nouveaux partenaires pour collaborer à des enjeux communs. Ce dernier est par ailleurs le plus grand programme de financement de la recherche et de l’innovation au monde. Il en va de même pour la participation stratégique des collèges au futur programme du Centre de recherches pour le développement international et aux accords en science, technologie et innovation conclus par le Canada avec des partenaires majeurs tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, le Japon et les pays de la région indopacifique.

Un retour sur investissement solide

En tant que chefs de file de la recherche appliquée, nous pouvons être fiers du chemin parcouru et de l’impact que nous continuons à avoir partout au pays. À bien des égards, les forces qui nous ont permis d’en arriver là sont celles qui nous prépareront à l’avenir. Mais nous pouvons en faire davantage si nous envisageons l’investissement sous un angle différent.

Et c’est le Southern Ontario Network for Advanced Manufacturing Innovation (SONAMI), sous la houlette du Niagara College, qui me vient à l’esprit. Il s’agit d’un modèle qui rassemble des établissements (neuf collèges et deux universités à ce jour) pour mieux servir l’industrie par l’intermédiaire d’un point d’accès unique. Fort d’une expertise allant de l’automatisation à la simulation, en passant par la mise à l’essai de produits et l’optimisation des procédés, le réseau a déjà collaboré avec plus de 300 partenaires industriels sur 460 projets dans le sud de l’Ontario. Il aspire à une portée et à une envergure nationales.

Le SONAMI est un microcosme de notre réseau dans son ensemble. Un réseau dans lequel les collèges et instituts travaillent en synergie, échangent les meilleures pratiques afin de maximiser le retour sur investissement et étudient de nouveaux modèles qui font de leurs concurrents des collaborateurs tout en exploitant leurs avantages uniques. Les retombées immédiates renforcent les entreprises de la région. La vision globale révolutionne l’industrie.

Il nous faut améliorer la façon dont nous présentons l’impact de notre action

Ce ne sont ici que quelques-unes des pensées que j’ai eues à l’issue du Colloque national sur la recherche appliquée de CICan, «Cultiver l’impact». La nouvelle PDG que je suis a été inspirée de voir à Ottawa près de 150 responsables de la recherche appliquée des collèges et instituts et leurs partenaires partager leurs visions (et leur éthique de collaboration) en vue de renforcer la portée et l’impact de leurs activités.

Nous prévoyons de recourir plus souvent au pouvoir rassembleur de CICan pour réunir notre secteur et ses partenaires de l’écosystème. Nous souhaitons ainsi réfléchir de manière créative à des solutions, trouver des objectifs communs et réimaginer les programmes de recherche et d’innovation sous l’angle de l’impact. En d’autres termes, changer ce que nous pensions savoir ou croire possible.

Tous ensemble, nous pouvons faire évoluer notre message sur l’impact. Ainsi, lorsque les gouvernements, les bailleurs de fonds, les modélisateurs économiques et d’autres décideurs feront des projections à dix ans et planifieront une croissance alimentée par la recherche et l’innovation, c’est nous qui mènerons la discussion collective.

Nous avons tellement à partager et les enjeux sont bien trop importants.

29 janvier 2024

#SDI2024 : Faire connaître notre action dans le monde entier

Cela fait longtemps que notre réseau œuvre dans le domaine du développement international. Pourtant, nombreux sont les Canadiennes et les Canadiens qui ne saisissent pas encore l’impact incroyable de notre travail. La Semaine du développement international nous donne l’occasion de démontrer la contribution unique apportée par les collèges et instituts au développement de l’économie et de la main-d’œuvre sur toute la planète.

La Semaine du développement international (SDI) est la campagne annuelle d’Affaires mondiales Canada qui célèbre la contribution des Canadiennes et Canadiens à l’éradication de la pauvreté et à l’édification d’un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère par le biais de projets de développement international. Le thème en est #VisezLesObjectifs. Il invite CICan, nos membres et la population canadienne, à contribuer à un changement positif partout sur la planète.

Pendant la SDI de cette année, du 4 au 10 février, Affaires mondiales Canada demande à la population canadienne et aux parties prenantes de participer à une activité de la SDI, d’organiser et de promouvoir leurs propres activités dans le cadre de la SDI et de parler de la SDI en ligne. 

Invitez la SDI sur votre campus

Nous adorons voir et entendre parler de toutes les activités ayant trait au développement international se déroulant sur vos campus partout au pays. Si vous n’avez encore rien prévu pour la SDI, voici quelques idées qui pourront vous inspirer : 

  • Entamer un débat en classe sur un des thèmes de l’aide internationale, comme l’égalité des genres ou les changements climatiques. Assurez-vous de faire le lien entre vos activités et les objectifs de développement durable pour un impact supplémentaire ! 
  • Projeter un film qui traite d’un enjeu mondial. 
  • Inviter une conférencière ou un conférencier œuvrant dans le domaine de l’aide internationale à présenter un exposé ou à s’adresser en ligne à votre classe. 
  • Présenter des récits ou des témoignages de collègues possédant une expérience en matière de coopération internationale. N’oubliez pas de nous mentionner si vos récits se rapportent à un projet de CICan ! 
  • Utiliser les médias sociaux pour mettre en avant les témoignages de partenaires sur le terrain. N’oubliez pas d’étiqueter Affaires mondiales Canada si vos récits font partie d’un projet financé par AMC ! 

Quelle que soit l’activité prévue sur le campus, n’oubliez pas de l’ajouter au calendrier de la SDI.

L’impact des collèges et instituts à travers le monde 

Cela fait plus de 50 ans que nous participons à des projets internationaux visant à favoriser l’accès à une éducation et à une formation de qualité. Depuis lors, nous avons mené à bien plus de 800 projets dans plus de 100 pays.

Le nouveau Programme de renforcement de la formation professionnelle en Afrique du Sud (SASTEP) en est le plus récent exemple !

Le SASTEP vise à améliorer les perspectives économiques des diplômées et diplômés des établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) des provinces du Cap-Oriental et du Limpopo, en Afrique du Sud. Pour ce faire, son offre en EFTP sensible au genre est axée sur la réussite des étudiantes et des étudiants.  

Apprenez-en davantage sur le SASTEP et notre portefeuille de programmes.

15 janvier 2024

L’impact grandissant des collèges et instituts canadiens en 2024

Chaque année faisant, le rôle des collèges et instituts canadiens est déterminant pour l’avenir de notre pays. Et 2024 ne dérogera pas à la règle. Toujours au rythme de l’évolution du paysage de l’innovation et de l’enseignement postsecondaire au Canada, nous intensifions notre action pour positionner les collèges et les instituts en tant que véritables intervenants d’excellence. Nous redoublons d’efforts dans des domaines essentiels, parmi lesquels la croissance verte, l’inclusion sociale et le développement des compétences pour la nouvelle économie. Nous promouvons également le bien-être étudiant, en particulier pour des questions cruciales telles que le logement et l’intégration des étudiants internationaux dans nos collectivités. Nous sommes déterminés à apporter des contributions substantielles et dynamiques ayant un impact positif sur les individus, les collectivités et la planète.

Intéressons-nous maintenant de plus près aux éléments stables et robustes ainsi qu’à ceux qui évolueront dans les collèges et les instituts en 2024 :

Cultiver l’impact de la recherche appliquée
Avec leurs plus de 8 800 partenaires dans le cadre de projets de recherche appliquée sur une base annuelle, les collèges et instituts canalisent leurs efforts en fonction de la demande pour générer un impact bénéfique aux entreprises et aux organismes à but non lucratif du Canada.  Nous nous concentrerons principalement sur l’amélioration de la compétitivité et de la productivité dans des domaines essentiels, tels que le projet d’une économie carboneutre. Apprenez-en davantage sur nos activités de recherche appliquée.

S’adapter pour développer les compétences du 21e siècle
Les collèges et instituts continueront à intégrer le changement pour aider les apprenantes et apprenants à acquérir les compétences les plus pointues et les plus demandées. Les compétences liées au développement durable, aux énergies renouvelables, aux pratiques écologiques et à d’autres domaines critiques tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité (et la littératie numérique en général) entreront en ligne de compte en 2024. Lisez-en plus sur la littératie verte.

Faire face au défi du logement étudiant
En dépit d’une aide gouvernementale limitée, les collèges et instituts seront en 2024 à l’avant-garde des initiatives prises pour relever les défis en matière de logement étudiant. De nouveaux partenariats et des solutions innovantes nous permettront de stimuler la création de logements étudiants tout en continuant à plaider en faveur d’une approche holistique pour répondre à la demande de logements étudiants. Et ce, tout en s’inscrivant dans la démarche plus large du Canada visant à résoudre la crise du logement qui sévit au pays. Apprenez-en davantage sur notre rôle dans le domaine du logement étudiant. 

Gérer la croissance des étudiants internationaux
Avec l’engouement persistant autour des étudiants internationaux, nous nous attachons à améliorer leurs expériences et leurs contributions. En même temps, nous préservons l’intégrité du système et protégeons l’image de marque durement gagnée de notre pays à titre de destination privilégiée pour l’enseignement postsecondaire. Cela implique une amélioration des services de soutien, la promotion de l’intégration culturelle, la mise en place d’environnements enrichissants et inclusifs, et la recherche de solutions durables et intégrées en faveur de la croissance à tous les niveaux de gouvernement. Apprenez-en davantage sur nos recommandations visant à améliorer le Programme des étudiants étrangers. 

Cultiver notre impact par le biais de partenariats
Riches de plus de 40 ans d’expérience dans la gestion de projets nationaux et internationaux, nos capacités en la matière ont un impact sur la société. CICan continuera à positionner ses membres comme des fournisseurs de solutions essentielles pour relever certains des défis économiques, environnementaux et sociétaux. En collaboration avec le gouvernement, les employeurs et d’autres partenaires, nous identifierons et abordons des enjeux dans des domaines tels que les métiers spécialisés, les soins de santé, le développement international, les industries vertes, la réalité virtuelle, l’équité, la diversité et l’inclusion. Apprenez-en davantage sur notre portefeuille de programmes.

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28 novembre 2023

Réflexions de départ de notre présidente-directrice générale sortante, Denise Amyot

Chers amies et amis, collègues et membres de la communauté de CICan, 

Je suis aujourd’hui à l’aube d’un nouveau chapitre de ma vie et je me sens remplie de gratitude et de réflexion.   

Au cours des dix dernières années et demie, j’ai eu l’incroyable privilège de guider cette extraordinaire association qui joue un rôle essentiel dans l’avancement du travail accompli par ses membres partout au pays.  

Beaucoup d’entre vous le savent, les adieux ne sont pas chose facile pour moi. La décision de renoncer à un troisième mandat en tant que présidente-directrice générale de CICan a été extrêmement difficile à prendre. Préalablement à ma venue ici, ma carrière diversifiée a couvert trois provinces. J’ai eu le privilège d’exercer des fonctions à plusieurs titres, depuis le gouvernement territorial à Yellowknife jusqu’à des postes au sein du gouvernement fédéral dans de multiples domaines, allant de l’enseignement à des postes de haut niveau à la fonction publique fédérale.  

Depuis le début de mon entrée en poste, je suis profondément touchée par l’impact transformateur des collèges et des instituts sur les individus et les collectivités.

Dès mon enfance, mes parents n’avaient de cesse de souligner l’importance de l’enseignement supérieur. Bien qu’ils n’aient eux-mêmes jamais fréquenté un collège, voire l’école secondaire, j’ai été témoin de leur engagement en faveur de l’apprentissage tout au long de la vie. De fait, ils ont pu bénéficier de cours à un stade plus avancé dans leur vie pour faire progresser leur carrière. Je pouvais en effet observer ma mère étudier assidûment le soir pour préparer un programme de gérontologie nécessaire à l’obtention d’un nouvel emploi, ou bien encore voir mon père exploiter les possibilités de l’ÉRA (évaluation et reconnaissance des acquis) pour faire progresser sa carrière d’ouvrier dans le secteur de l’imprimerie. Voilà qui illustre parfaitement l’importance du travail acharné et la valeur incontournable de l’éducation. Leur dévouement au travail et leurs conseils m’ont incitée à être la première de ma famille élargie, tant du côté maternel que du côté paternel, à entamer des études postsecondaires.

Avec le recul, ce sont toutes ces expériences personnelles et professionnelles, ainsi que mes activités de bénévolat, qui m’ont préparée à mon passage à CICan.  

En dix ans et demi à CICan, nous avons non seulement grandi en tant qu’association, mais nous avons également contribué à la croissance de nos membres. Grâce à nos activités de plaidoyer, au renforcement des capacités, aux initiatives en faveur des connaissances et à la mise en œuvre de nombreux programmes nationaux et internationaux, nous avons accompli de véritables prouesses.

Lorsque j’ai pris mes fonctions, consciente de l’incroyable potentiel de CICan, j’aspirais à son essor. Je voulais rendre l’association attrayante pour notre personnel et nos membres. Je voulais aussi qu’elle soit reconnue en tant que partie prenante majeure par le gouvernement fédéral. Je suis enchantée que mes aspirations aient abouti et que nous ayons connu une croissance exceptionnelle. Quelques exemples parmi d’autres : 

  • Notre équipe a triplé de taille alors que notre portefeuille de projets a quintuplé pour atteindre une valeur de près d’un demi-milliard de dollars, le tout au bénéfice de nos membres.  
  • Nous étions 125 membres au départ. Aujourd’hui, nous sommes fiers de compter 140 membres. malgré la fusion de deux collèges pour n’en former qu’un.  
  • Le nombre d’étudiants internationaux a augmenté de façon phénoménale, atteignant des centaines de milliers dans le réseau collégial. Nous représentons le plus grand secteur pour les étudiants internationaux.  
  • Nous avons été reconnus comme l’un des Meilleurs employeurs de la région de la capitale nationale en 2023 et avons entamé notre quatrième année avec un régime de retraite.  
  • Nous sommes fiers d’avoir adhéré au Défi 50-30 à l’automne 2020 pour devenir l’un des cinq partenaires de l’écosystème choisis par le gouvernement du Canada pour porter ce défi. 
  • Notre engagement en faveur des objectifs de développement durable (ODD) nous a valu le grand prix de la World Federation of Colleges and Polytechnics, de même que notre série d’instituts de leadership.   
  • Nous sommes à l’origine du Protocole sur l’éducation des Autochtones, ce dernier soulignant l’importance des structures et des approches nécessaires pour faire progresser l’éducation autochtone. Il a été signé par 70 de nos membres.

Les réalisations et les moments de joie sont innombrables et me tiennent à cœur. Il a été particulièrement gratifiant d’assister à l’évolution de mon personnel, à la croissance de l’association et à leur reconnaissance dans les cercles gouvernementaux. Il est tout aussi valorisant de voir la transformation et la confiance accrue des participantes et participants à nos instituts de leadership. Nos réalisations nationales et internationales sont une source de grande fierté. Qui plus est, nos activités de plaidoyer ont été très fructueuses. Cela a été particulièrement le cas pendant les années difficiles de la pandémie de COVID-19, alors que nous collaborions avec 22 ministères fédéraux. 

Je suis très heureuse que nous ayons réussi à mettre en place une association plus durable, plus inclusive et plus interconnectée que jamais. Je pourrais ainsi continuer à énumérer nos réalisations, mais il me faut reconnaître que rien de tout cela n’aurait été possible sans le dévouement et l’engagement indéfectibles de l’équipe de CICan, du Conseil d’administration et de nos estimés membres. 

C’est ici l’occasion de reconnaître les contributions de toutes celles et de tous ceux qui ont permis à ces réalisations de voir le jour. Il est difficile d’exprimer sa gratitude, au vu de la multitude d’individus méritants. Je dois cependant remercier tout particulièrement mon exceptionnelle équipe, le personnel de CICan qui se dévoue sans compter. Votre passion, vos efforts incessants et votre soutien inébranlable ont été les piliers de notre réussite collective. Votre engagement sans défaut à l’égard de notre mission commune et votre poursuite incessante de l’excellence, quels que soient les défis à relever, ont été tout simplement exceptionnels.  

J’adresse mes remerciements les plus sincères à tous les membres qui ont siégé au Conseil d’administration ces dix dernières années et demie. Votre fidélité, votre confiance en moi, votre soutien et vos conseils judicieux ont été des plus précieux. Je salue votre volonté de voir au-delà du statu quo et votre engagement envers nos objectifs collectifs. 

À vous, nos membres, qui êtes le cœur et l’âme de CICan, j’exprime ma plus profonde gratitude. Sans vous, CICan n’existerait même pas. Merci de nous avoir accompagnés au cours des 52 dernières années, de nous avoir permis de défendre vos intérêts et d’avoir eu un impact positif sur la vie de tant d’individus au sein de vos établissements. Vos actions ont non seulement permis à vos collectivités de progresser, mais elles ont également contribué à un monde meilleur. 

Je suis optimiste quant à la poursuite de la croissance et la robustesse du secteur. La dynamique acquise ensemble au cours de la dernière décennie nous permet d’envisager des résultats encore plus brillants dans le futur. Le réseau des collèges et instituts porte une attention sans faille à l’excellence, à la diversité et à la responsabilité sociale. Il est donc bien positionné pour jouer un rôle central et façonner l’avenir de l’enseignement postsecondaire au Canada. Outre ces considérations, je suis convaincue que notre secteur continuera à jouer un rôle déterminant. Il contribuera à la prospérité économique du Canada, encouragera l’innovation et préparera la prochaine génération de chefs de file et de membres actifs dans nos sociétés. 

Quant à moi, je continuerai sur ma lancée et j’apporterai ma pierre à l’édifice. Je siégerai à des conseils d’administration aux niveaux national et international. J’aime toujours autant l’apprentissage des langues et je reste passionnée par le leadership et le coaching, domaines dans lesquels je viens de lancer mes propres services de consultation. Et, bien entendu, je me réjouis de voyager et de découvrir de nouveaux endroits avec mon conjoint. J’aspire également à voir ma famille, mes petits-enfants et mes amis bien plus souvent. 

Ce fut un honneur et un privilège de travailler avec vous toutes et tous. Merci de m’avoir permis de réaliser mon plein potentiel et de faire de mon passage à CICan une expérience aussi riche.    

Longue vie à CICan et au réseau des collèges et instituts! 

Denise 

Ressources connexes : 

Distinctions récentes :

Denise exprime sa profonde gratitude pour les prix et distinctions qui lui ont été décernés récemment :

13 novembre 2023

De l’urgence d’investir dans les services de santé mentale sur les campus pour un Canada résilient (ODD-3)

La vie sur le campus peut être une expérience exaltante et transformatrice pour les apprenantes et apprenants. Mais elle peut aussi se révéler source de stress et de pression intenses. Les exigences liées au suivi des cours, les attentes sociales et les défis posés par l’indépendance nouvellement acquise peuvent peser lourdement sur la santé mentale des apprenantes et apprenants. Ces défis sont encore plus prononcés pour la population étudiante plus âgée. En effet, ces derniers doivent concilier carrière et responsabilités familiales. 

Ces dernières années, le stress lié à des facteurs tels que le changement climatique, la pandémie et la culture numérique ont intensifié les problèmes de santé mentale. Ces enjeux sont maintenant à l’avant-plan des discussions sur le bien-être. Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH en anglais) signale que les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont plus susceptibles de souffrir d’une maladie mentale ou de troubles liés à l’utilisation de substances que tout autre public (CAMH, 2023). Nous savons également qu’un étudiant sur deux a accès à des services de santé mentale par l’intermédiaire de son établissement postsecondaire. Cependant, les étudiantes et étudiants soulignent que les temps d’attente constituent le principal obstacle à l’accès à ces services (ACAE, 2022).

Ce sont les apprenantes et apprenants d’aujourd’hui qui seront les leaders de demain. Dans ce monde en perpétuelle évolution, leur bien-être est donc primordial. C’est ce que souligne aussi le troisième objectif de développement durable (ODD), «Santé et bien-être». Il met l’accent sur le rôle du bien-être dans la construction de notre avenir collectif. 

Notre engagement : 

Conscients de son importance capitale, les collèges et instituts ont à cœur de redoubler d’efforts pour instaurer un environnement sécuritaire et bienveillant à l’égard des étudiantes et étudiants aux prises avec des problèmes de santé mentale. Et par exemple : 

  • Le North West College a annoncé qu’il fournira désormais des services complets de tutorat et de santé mentale à ses étudiantes et étudiants, grâce à une aide financière de Cenovus Energy. 
  • Le Holland College a récemment annoncé le lancement de la campagne Thrive visant à soutenir la création d’un centre visible et accessible pour le bien-être, la résilience et la réussite étudiantes. 
  • Le programme «Healthy Minds, Healthy College» du Red River College est au cœur de sa stratégie de santé mentale globale. Il fournit des ressources essentielles pour la gestion du stress, des services de soutien psychologique et des ateliers sur la santé mentale afin de favoriser le bien-être des étudiantes et étudiants. 
  • Le Kenjgewin Teg propose un nouveau programme qui permet aux apprenants d’acquérir un large éventail de compétences fondamentales, tout en renforçant leur santé émotionnelle, spirituelle, physique et mentale. 
  • Le Georgian College dispose d’un plan stratégique solide en matière de santé mentale et de bien-être qui comprend des services de soutien psychologique, des ateliers et des événements visant à promouvoir le bien-être mental.  
  • Le Cégep de Saint-Laurent a mis en place une stratégie de santé mentale comprenant des services d’aide psychologique, des ateliers et des campagnes de sensibilisation, ainsi qu’un programme de «soutien psychosocial» pour aider la population étudiante à gérer son bien-être mental.
     

Les collèges et instituts se mobilisent également pour la mise en place de services de santé mentale sur le campus et d’un modèle de soins échelonnés garantissant aux étudiantes et étudiants le bon soutien au bon moment. Nous aspirons à une approche holistique, qui combine soutien psychologique et diverses aides à la santé mentale, qui rapproche les étudiants de leurs communautés, qui intègre les pratiques culturelles et qui appuie la recherche. En outre, notre participation à des initiatives telles que celles-ci témoigne de notre engagement à créer des environnements d’apprentissage sécuritaires et bienveillants.

De l’urgence d’agir : 

Les collèges et instituts sont résolus à soutenir leurs étudiantes et étudiants. Cependant, pour faire face à la gravité des problèmes de santé mentale, il faut un véritable engagement de la part des gouvernements, ainsi que des actions coordonnées dotées des ressources adéquates. 

Dans son programme pour 2021, le Parti libéral du Canada a fait la promesse d’investir 500 millions de dollars sur quatre ans pour les conseillers en santé mentale sur les campus. C’est là un pas important qui va dans la bonne direction. Toutefois, les mesures concrètes se font encore attendre. 

Notre appel à l’action : 

La prospérité du Canada dépend de la capacité de nos apprenantes et apprenants à bénéficier du soutien personnalisé en santé mentale dont elles et ils ont besoin. CICan et ses membres demandent dès lors instamment au gouvernement du Canada de respecter ses engagements dans les plus brefs délais. Il importe que nous agissions dès maintenant pour que la force et la résilience de nos apprenantes et apprenants puissent propulser le Canada vers l’avant. Vous trouverez plus d’informations sur nos recommandations dans : Mémoire soumis par Collèges et instituts Canada au Comité permanent des finances de la Chambre des communes – Consultations prébudgétaires en vue du budget de 2024.