Partager les fruits de la recherche : état de la filière pomicole en Okanagan

La superficie du sol de la Vallée de l’Okanaga dédiée à la pomicuture est tombée de 35 % entre 2001 et 2011, entraînant des changements considérables dans l’industrie. Ces profondes répercussions sur le traitement et la distribution ont suscité l’intérêt de deux professeurs de l’école de commerce de l’Okanagan College, Lee Cartier et Svan Lembke, qui ont voulu étudier la situation et les nouvelles occasions qu’elle suscite.

Leur travail s’est porté en particulier sur les liens au sein d’une grappe. Une grappe est un ensemble d’entreprises, de fournisseurs et d’autres organisations connectées entre elles à l’intérieur d’une zone géographique et participant à une même filière. Cartier et Lembke ont trouvé que le fait de se focaliser sur des intérêts communs et d’encourager les groupes que réunit une grappe à partager des connaissances bénéficie à tous. Lors d’un atelier réunissant tous les éléments d’une grappe, les chercheurs ont aussi relevé des possibilités d’amélioration passées inaperçues et ont recommandé l’adoption de normes de qualité à l’ensemble de la grappe, la mise au point de nouveaux types de pommes, l’amélioration des technologies de production et un meilleur marketing.

Deux étudiants ont pris part au projet. L’un a analysé les données d’emballage et de ventes des pommes et en a produit une analyse tendancielle. L’autre a résumé les données issues de 17 interviews en profondeur. Ce projet de recherche a fourni à ces étudiants l’occasion de comprendre comment les entreprises utilisent la recherche pour guider leurs pratiques commerciales.

Les recommandations des chercheurs sur les meilleures manières d’exploiter le pouvoir collectif de la grappe pomicole de l’Okanagan ont été discutées lors d’un atelier avec les parties prenantes. Il ressort de la recherche que l’organisation coopérative locale, BC Tree Fruits (premier employeur en importance de la grappe), permettait déjà à de plus petites entreprises de partager son équipement, d’obtenir des conseils de terrain et de mettre en commun leurs frais de vente et marketing. Toutefois, la coopérative demeure un joueur minoritaire comparativement à certaines des exploitations situées dans l’état de Washington, de l’autre côté de la frontière, et elle a manqué d’agressivité dans le positionnement de ses produits et l’essai de nouvelles approches marketing. À la suite de l’atelier et équipées de la recherche, la coopérative et d’autres parties prenantes de l’industrie ont dressé une liste des actions susceptibles d’améliorer le rendement de l’industrie de la pomme classique de l’Okanagan.

Partenaires : BC Tree Fruits
Financement : CRSNG, Programme d'innovation dans les collèges et la communauté, Subvention d’engagement partenarial

À propos de Okanagan College

Situated in one of Canada’s most picturesque and dynamic regions, Okanagan College offers more than 130 different programs, and credentials that range from certificates to... Lire plus

Fort, droit et nutritif : recherche pour améliorer les cultures céréalières

Conserver aux cultures céréalières leur santé tout au long de l’été procure de meilleures chances de tirer un rendement élevé des récoltes. Comment y parvenir se trouve au cœur de la recherche en céréales qui se déroule à Lakeland College sous la direction de Laurel Perrott.

Ses essais de recherche conduits récemment ont porté sur trois thèmes : la fertilisation azotée en saison, le moment optimal d’épandage du fongicide et les cultures versées. Sous le premier thème, Mme Perrott étudie l’application supplémentaire de fertilisation azotée à différentes variétés et classes de blé après la levée de la culture, soit hâtivement, soit tardivement dans la saison.

Elle étudie également le moment d’épandage des fongicides foliaires sur l’orge. L’épandage de fongicide sur les céréales est une pratique courante pour protéger les pousses feuillues dans la partie supérieure du couvert végétal, afin que l’orge continue de produire les hydrates de carbone dont il a besoin pour charger entièrement les panicules jusqu’à la toute fin de la saison.

Laurel Perrott teste le moment optimal d’épandage de fongicide dans des conditions normales ainsi qu’en conditions de fortes pressions pathogènes sur les végétaux. En définitive, son travail aidera les cultivateurs à connaître le moment optimal pour appliquer des fongicides, en fonction de la fréquence de rotation de leurs cultures.

La verse des plants (affectant la racine ou la tige et empêchant le plant de se dresser) est un problème préoccupant pour les cultivateurs céréaliers, car elle peut diminuer les récoltes et la valeur nutritionnelle du grain céréalier. Laurel Perrott s’attaque au problème par la recherche collaborative. Jusqu’à récemment, les cultivateurs disposaient de deux outils pour combattre la verse : choisir les variétés connues pour leur pousse dressée ou une faible fertilisation azotée.

Malheureusement, les variétés qui se dressent solidement n’offrent pas forcément un bon rendement sur d’autres aspects, et une faible fertilisation azotée réduit le volume de la récolte. Bien qu’elles ne soient pas encore enregistrées pour une application sur l’orge, Mme Perrott teste actuellement deux « régulateurs de croissance végétale » pour leur capacité à raccourcir les tiges de la culture et à les dresser, même en cas de forte fertilisation azotée.

Industrie : Agriculture

À propos de Lakeland College

All colleges say they are educating the leaders of tomorrow. At Lakeland College in Alberta, our students are leading today. Students have the opportunity to... Lire plus

Anciennes cultures nouveau genre : les topinambours fleurissent à nouveau

Vous savez peut-être reconnaître les fleurs jaunes du topinambour, semblables à de petits tournesols qui abondent dans certains potagers pendant les mois d’août et de septembre. Pour l’entreprise embryonnaire NovaGreen, la valeur de ce tubercule se trouve au-delà du regard, sous la superficie du sol.

Les topinambours sont une espèce indigène de la famille du tournesol. Prisé pour sa valeur nutritive par les Amérindiens, on dit que c’est grâce à lui que certains colons de la Nouvelle-France sont parvenus à survivre. Exporté vers l’Europe, il est devenu très courant comme aliment puis a, plus tard, servi principalement de nourriture animale.

Il n’a pas connu le même engouement en Amérique du Nord, jusqu’à ce qu’on entreprenne de le réintroduire vers les années 1990. Sa valeur de nos jours réside dans sa forte concentration d’inuline (une source de fibres recherchée) et le fructose qu’il contient. NovaGreen a mis au point une technique efficace d’extraction de l’inuline que contient le topinambour.

Selon Barry Farquharson, cofondateur de NovaGreen, son partenariat avec Lakeland College « nous a aidés à perfectionner le procédé en modifiant l’équipement commercial pour pommes de terre pour ce projet, ainsi que la science du désherbage, l’application de biochar aux cultures et bien plus encore. »

« Le savoir-faire et l’approche scientifique de l’agriculture ont apporté une discipline et des capacités essentielles à la progression du projet. »

Industrie : Agriculture

À propos de Lakeland College

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Un peu de recherche à chaque jour éloigne le docteur pour toujours

La pomme, ce fruit reconnu pour sa capacité à éloigner le docteur, a besoin d’aide pour éloigner ses propres visiteurs. Les pommiers de l’Ontario sont sous l’attaque d’un nouvel ennemi ravageur — la cécidomyie du pommier. Les déformations (petites bosses sur les feuilles) produites par l’insecte peuvent interférer avec la croissance normale et le développement des terminales sur les pousses des jeunes pommiers, ce qui freine ou empêche leur développement structurel.

Ce problème affecte particulièrement la région de Durham, où la superficie consacrée à la pomiculture a doublé au cours des cinq dernières années, et les jeunes pommiers sont touchés plus durement. Cependant, les pomiculteurs de tout l’Ontario luttent contre la cécidomyie du pommier.

L’Association des pomiculteurs de l’Ontario, dans le cadre d’un projet collaboratif avec Durham College, cherche par quels moyens gérer ce ravageur. Dans un premier temps, trois vergers ont été sélectionnés afin de collecter des données selon une méthode degrés-jours (pour établir le taux de reproduction des insectes en fonction de la température). Les chercheurs se sont servis de cette information pour prédire et gérer le développement de la cécidomyie.

Ils ont en outre identifié des agents de contrôle pathogène biologiques ciblant la cécidomyie du pommier dans les vergers et ont évalué l’impact de la pulvérisation sur le taux de survie.

L’équipe du projet a pour ce faire élaboré deux techniques afin d’analyser les insectes en laboratoire : l’une pour étudier la maturation des larves jusqu’à l’état adulte à différentes températures, l’autre pour observer la transition des œufs des échantillons rapportés des vergers vers les arbres en pots conservés dans le labo, afin de déterminer de quelle manière les insectes parviennent à s’établir dans de nouveaux arbres.

Les relevés montrent qu’il y a quatre générations au fil d’un été et une génération partielle à l’automne. Les œufs se multiplient rapidement après chaque génération de pleine maturation en mai, fin juin, fin juillet et fin août. Ces données sont cruciales pour le contrôle par insecticide.

Deux étudiants du programme agroalimentaire de Durham College ont complété ce projet en six mois, collectant, compilant et analysant les données des trois vergers. S’appuyant sur divers concepts, instruments et techniques, qu’ils avaient acquis en classe pour gérer et analyser des modèles de gestion parasitaire, ils ont pu mettre en application leurs connaissances dans le cadre réel de ce projet collaboratif.

L’ensemble des 235 membres de l’Association des pomiculteurs de l’Ontario adopteront des techniques de gestion découlant de ce projet.

Financement : CRSNG, Programme d'innovation dans les collèges et la communauté, Subvention d’engagement partenarial

À propos de Durham College

At Durham College, the student experience comes first. With campuses in Oshawa and Whitby, Ont. along with a learning site in Pickering, the college offers... Lire plus

Résidus de malt recherchés : Red River College et des microbrasseries leur donnent de la valeur

Qui l’eut cru ! Les fonds de bouteilles de bière, quand la fête est finie, ont plus à offrir qu’il n’y paraît.

Red River College et deux microbrasseries locales de Winnipeg ont fait équipe afin de récupérer les drêches de brasserie qui restent en fin de procédé. Leur expérimentation révèle qu’un peu d’imagination et d’innovation peut mener loin. Ensemble, ils ont formé une sorte de miso — pâte à base de grains de soja fermentés qui constitue un ingrédient de base de la cuisine japonaise.

Les drêches sont un sous-produit de l’industrie brassicole et servent normalement à la nourriture animale. Leur trouver des usages innovateurs pourrait aider à créer des avenues commerciales plus profitables, voire à mettre en marché de nouveaux produits – une considération importante si l’on pense au vent dans les voiles dont bénéficient les micro-brasseries au Canada.

Red River College intensifie sa recherche culinaire depuis 2014 grâce à de nouveaux partenariats avec l’industrie et au soutien financier des gouvernements fédéral et provincial. Ceci l’a amené à contribuer à plusieurs innovations avec des producteurs locaux – dans ce cas-ci, les microbrasseries Farmery Estate Brewery et Torque Brewing Company. Les chefs chercheurs du collège ont préparé des soupes, du maïs soufflé et des pâtisseries à base de malt de miso clair provenant de Farmery et de malt de miso foncé provenant de Torque.

Le propriétaire de Farmey, Lawrence Warwaruk, juge que « c’est bien tombé de pouvoir s’allier à Red River College et de bénéficier de leur expertise culinaire pour explorer les possibilités qu’offrent nos drêches. Nous avons vraiment à cœur d’ajouter de la valeur aux ingrédients que nous cultivons et employons dans nos bières, y compris les sous-produits de nos procédés. »

Financement : Programme d'innovation dans les collèges et la communauté

À propos de Red River College Polytechnic

Red River College (RRC) is Manitoba’s largest institute of applied learning. The institution is renowned for providing accessible, innovative, applied learning and research in an... Lire plus

Des poissons au service de l’agriculture urbaine

Si un concours était lancé pour déterminer lequel de Humber College ou du poisson est le plus important dans la réussite de la société Aqua Greens, fournisseur de verdure biologique aux restaurants et marchés de Toronto, le poisson serait sans doute couronné. Humber College serait malgré tout bon deuxième.

Le tilapia joue un rôle essentiel dans le système aquaponique qu’utilise Aqua Greens pour approvisionner les restaurants et supermarchés de Toronto en plusieurs variétés de basilique, de feuilles de pissenlit et de feuilles de moutarde. L’aquaponie est une méthode de culture à base d’eau qui ne requiert aucune terre. Au lieu, les racines de la plante baignent dans une eau oxygénée qui prend ses nutriments des déjections des poissons vivants dans des réservoirs qui composent une partie du système.

À mesure que l’eau est pompée des aquariums vers les réservoirs d’eau qui alimentent les végétaux, l’ammoniaque qu’elle contient est convertie en engrais au nitrate. En s’alimentant en eau, les plantes la filtrent et la nettoient avant qu’elle soit renvoyée vers la pisciculture, formant une circulation en écosystème fermé. Au moins 90 % de l’eau est ainsi recyclée.

L’aquaponie peut réduire l’empreinte écologique de la culture alimentaire. Le système aquaponique intérieur d’Aqua Green préserve la terre, réduit les transports d’aliments et n’emploie aucun pesticide, herbicide, ni engrais.
Quel est le rôle de Humber dans tout cela ? Les fondateurs d’Aqua Greens, Pablo Alvarez et Craig Petten, sont des diplômés de Humber. Ils travaillaient comme serveurs lorsqu’ils ont décidé qu’ils voulaient faire autre chose de leur vie. Ils se sont donc tous deux inscrits au programme d’énergie durable et technologie de construction de Humber. Et ils ont aussi réalisé leur projet final ensemble, sur l’aquaponie, y voyant une occasion de joindre leur passion pour le développement durable et leur amour de la bonne alimentation.

L’entreprise est aussi liée à Humber d’une autre façon : Aqua Greens a bénéficié d’un financement provenant du fonds Humber New Ventures Seed Fund puis a ensuite remporté le prix d’entrepreneuriat Launch Pad Entrepreneur Award de Humber College, leur valant plus de 30 000 $ en financement ainsi que l’accès à des mentors, des plans d’affaires et du coaching d’affaires.

Partenaires : Aquagreens
Financement : Humber College

À propos de Humber Polytechnic

Humber Polytechnic is one of Canada’s leading postsecondary institutions, combining deep theoretical learning with applied, hands-on experience. Humber offers a wide variety of credentials including... Lire plus

Paradis sans bitume : un jardin biologique pour gourmets

Le centre de villégiature White Oaks Resort and Spa à Niagara-on-the-Lake en Ontario voulait convertir 107 mètres carrés de sa pelouse en jardin durable. Cette section est bordée d’une route et exposée aux grands vents, aux résidus et à la pollution des automobiles.

Selon Michael Wakil, responsable en chef du développement de White Oaks, le plan initial était de prolonger le stationnement du complexe, mais il ne parvenait pas à s’y résoudre. « Je réalisais qu’en regardant au loin, il n’y aurait que du bitume. Nous avons déjà un stationnement ici, puis la voie, puis [un autre] stationnement. C’est beaucoup de bitume, dit-il. C’est depuis trois ans un rêve, une vision, et nous avons enfin commencé à le développer. »

Comme White Oaks n’avait pas l’expertise pour convertir la pelouse négligée, la clé se trouvait dans un partenariat avec l’équipe de recherche et innovation du Niagara College. L’équipe du collège s’est formée d’un chercheur à la tête du projet, d’un étudiant à la maîtrise participant au programme de Stage en technologies propres de CICan et d’un étudiant de première année en stage d’études. Le projet, amorcé en juin, s’est terminé au mois de novembre qui a suivi.

L’équipe a commencé par explorer les meilleures méthodes pour donner de la structure au sol, converti l’aire gazonnée en jardin biologique, à commencer par une couche de paillis, et choisi des végétaux capables de s’épanouir à proximité d’une route. Elle ne s’est pas arrêtée là. L’équipe a aussi proposé un plan pour maintenir le jardin en santé malgré les intempéries. Dorénavant, l’hôtel fait pousser ses propres légumes, qu’il apprête dans ses restaurants, et peut promouvoir son alimentation écologique et l’utilisation pérenne qu’il fait de sa propriété.

Ce partenariat entre Niagara College et White Oaks fut renouvelé lorsque l’équipe de la station s’est alliée à la division boissons et alimentation du collège pour tester différentes méthodes de conservation des produits du jardin, afin de les apprêter à longueur d’année dans un nouveau restaurant de White Oaks. Plusieurs emplois y ont été créés, élargissant les retombées du projet.

À la fin du projet, l’étudiant de maîtrise a été recruté comme technicien par la serre de Niagara College afin d’en superviser les opérations.

À propos de Niagara College

Established in 1967, Niagara College has grown to become a leading global college and one of Canada’s most enterprising postsecondary institutions. With a mission to... Lire plus

Pâtisseries françaises à base de légumineuses des prairies

La richesse nutritionnelle des haricots secs comme les flageolets, les haricots, les lentilles et les pois chiches est connue depuis des siècles. La famille des légumineuses prend son nom du latin legumen, qui signifie légume. Les légumineuses servent à la consommation animale et les humains les emploient dans la préparation de succulents mets partout dans le monde. La recherche continue d’étendre leur utilité.

Certaines utilisations nouvelles sont remarquables – l’accomplissement qui a couronné ce projet a consisté à créer un macaron à la française sans noix et sans œuf, à base de farine de haricot blanc comme substitut au beurre.

Best Cooking Pulses est une entreprise familiale canadienne de transformation des légumineuses récoltées au Manitoba. Établie en 1936, elle reste à l’affût des développements en matière d’utilisations nouvelles des légumineuses. Grâce au financement accordé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CNRSG), Best Cooking Pulses est entrée en partenariat avec le programme de recherche culinaire de Red River College afin d’étudier les possibilités de cuisson que procure la farine de légumineuses en remplacement des œufs.

Une étudiante, Alyssa Houston, a été amenée à travailler sur ce projet dans le cadre de son stage d’emploi – c’est la première fois qu’un étudiant en art culinaire gagne de l’expérience de travail en recherche plutôt qu’en service alimentaire. Elle a également pu présenter les fruits de cette recherche auprès du public, lors d’échanges avec l’industrie. Une fois le projet terminé, elle a trouvé un emploi dans l’industrie alimentaire, et aide une entreprise à produire et créer des recettes grâce aux compétences qu’elle avait acquises.

Best Cooking Pulses utilise les résultats de recherche de ce projet pour faire la promotion des avantages et de la polyvalence de la farine de haricot blanc lors de congrès (comme Research Chef Association), et publie des articles démontrant cette nouvelle application de la farine de haricots auprès des clients actuels et potentiels.

Partenaires : Best Cooking Pulses
Financement : CRSNG, Subvention d’engagement partenarial

À propos de Red River College Polytechnic

Red River College (RRC) is Manitoba’s largest institute of applied learning. The institution is renowned for providing accessible, innovative, applied learning and research in an... Lire plus

Jumeler art, connaissances scientifiques et traditionnelles face au dégel du Grand Nord

Dans le Nord canadien, les tempêtes plus fréquentes et les étés plus chauds ne sont pas seuls à témoigner du changement climatique. Le réchauffement planétaire et la fonte du pergélisol transforment les paysages, et ainsi, le quotidien des habitants du Nord, provoquant des mutations au niveau de leurs activités et connaissances de toujours.

Pour les scientifiques, toutefois, le changement climatique se manifeste par des données concrètes et des phénomènes quantifiables : hausse des températures, gaz à effet de serre, perte de vapeur d’eau.

Selon Graham Strickert, professeur associé au Yukon College et chercheur au Global Institute for Water Security de la University of Saskatchewan, le défi consiste à incorporer ces deux sources de connaissances dans la « recherche à dimensions humaines » pour générer des idées dont les gens du Nord s’inspireront pour composer avec leur milieu changeant.

« La recherche biophysique sur le changement climatique et ses impacts abonde, et elle paraît souvent dans des rapports servant à la communauté scientifique et parfois à l’établissement de politiques, mais demeure peu utile aux Premières Nations et aux communautés isolées », affirme Graham Strickert.

Pour combler cet écart, l’équipe de Graham Strickert, appuyée par le Fonds d’innovation sociale destiné aux communautés et aux collèges du CRSH, puisera dans le savoir des deux milieux en faisant appel à un troisième mode de compréhension : l’art. (Lors d’un projet sur la sécurité de l’eau dans le bassin de la rivière Saskatchewan, monsieur Strickert et ses collègues en ont présenté les résultats dans une pièce de théâtre.)

L’art sera créé par les étudiants de la Yukon School of Visual Art, selon ce qu’ils apprennent auprès des résidents de deux communautés, la Première Nation Vuntut Gwitchin à Old Crow au Yukon, et la Première Nation Jean-Marie-River aux Territoires du Nord-Ouest.

Les œuvres, composées probablement de cartes et d’enregistrements audio et vidéo des résidents et du milieu, deviendront des « objets frontières ». Ceux-ci capteront des changements comme la transformation de terres humides en lacs alors que le pergélisol fondant libère des eaux anciennes, ou l’effondrement de la population de caribous, alors que ses territoires d’approvisionnement et de migration sont devenus des marais.

« Les objets frontières permettent aux gens dont les origines et sources de connaissances diffèrent — la science et le savoir traditionnel — d’unir leurs réalités respectives », dit Graham Stickert. « Nul besoin de définir les objets de la même façon, ni même de penser de la même façon. » Somme toute, le langage artistique créé par les étudiants devient le langage commun.

Les étudiants et les scientifiques suivront une formation de trois jours avant de se rendre dans chaque communauté. Une fois à l’œuvre avec les résidents, l’équipe incorporera l’art dans des exercices sociologiques (p. ex. demander qu’on organise des photos selon l’importance qu’elles représentent), de manière à faire émerger des consensus communautaires sur les enjeux et priorités et ensuite proposer des stratégies d’adaptation au changement climatique.

À propos de Yukon University

Yukon University is the only publicly funded post-secondary education institution in Yukon, a territory of 36,000 inhabitants spread out over 482,000 square kilometers. The University... Lire plus

Pour des systèmes alimentaires abordables et durables

Les terres agricoles constituent une ressource naturelle irremplaçable, et nous les négligeons, selon Kent Mullinix, directeur de l’Institute for Sustainable Food Systems à la Kwantlen Polytechnic University.

« Les pays, les provinces et les municipalités élaborent constamment des politiques, des lois et des règlements pour promouvoir leur vision et leurs aspirations, mais d’une certaine manière il semble avoir été décidé qu’un système alimentaire durable, lui, n’en valait pas la peine », explique Kent Mullinix au téléphone.

Mullinix est le chercheur principal du projet Fostering Regional Food Systems, financé par le Conseil de recherches en sciences humaines au moyen du Fonds d’innovation sociale destiné aux communautés et aux collèges.

Son équipe étudie l’importance, les possibilités et les défis liés à la mise en œuvre de systèmes alimentaires régionaux durables, qu’il définit ainsi : « Tous les éléments qui contribuent collectivement à la production, la distribution, l’achat et la consommation d’aliments, et au traitement des déchets connexes. » Les systèmes alimentaires régionaux renforcent les économies locales au lieu d’exporter les revenus et les emplois.

Le chercheur affirme que de bonnes raisons militent pour le retrait de notre système alimentaire mondialisé : le changement climatique, le coût du transport et d’autres facteurs le rendent inabordable et insoutenable; de plus, les pratiques agricoles étrangères sont parfois risquées.

Le problème prend source dans le fait que les planificateurs ont négligé les systèmes alimentaires malgré leur rôle essentiel dans notre survie. Le développement immobilier exerce une force pression sur les terres agricoles, le cas par excellence étant à Richmond, en Colombie-Britannique, lieu de travail de Kent Mullinix et voisin du marché immobilier le plus effervescent du pays. Quoique cette province dispose d’une Agricultural Land Reserve pour l’agriculture, elle ne suffit pas à appuyer les systèmes alimentaires régionaux, soutient monsieur Mullinix.

Les terres « préservées » ne sont pas réservées à l’agriculture, en fait. La politique n’empêche en rien la spéculation, d’où des prix inaccessibles pour les personnes voulant justement exploiter une ferme. Kent Mullinix rappelle que la location de terres aux fermiers par de riches propriétaires relève du féodalisme… un modèle probablement peu souhaitable pour le Canada.

Selon des recherches antérieures de l’Institute for Sustainable Food Systems, environ un tiers des terres non cultivées en réserve agricole pourraient être exploitées et, fortes de petites fermes privées axées sur l’agriculture locale intensive, pourraient créer 1 200 emplois, fournir à Surrey six mois par année 27 des cultures et produits animaliers dont elle a besoin et générer 77 millions de dollars en revenus nets.

L’équipe de recherche évaluera la valeur des terres et les tendances relatives à la propriété depuis 1977 pour déterminer dans quelle mesure les systèmes alimentaires régionaux peuvent soutenir leurs localités, créer des emplois et favoriser la gestion durable de l’environnement. Elle lancera aussi le premier carrefour web de recherche et d’information libre-accès au monde sur les systèmes alimentaires régionaux.

« Je suis un scientifique agricole », explique Kent Mullinix. « J’ai été témoin de l’industrialisation de l’agriculture et de ses impacts sur les agriculteurs, les aliments, l’économie, les communautés et l’environnement. J’en ai été témoin et je sais que nous pouvons concevoir de meilleurs systèmes alimentaires. »

À propos de Kwantlen Polytechnic University

Established by the government of British Columbia in 1981, Kwantlen, now Kwantlen Polytechnic University, has four campuses located in the Metro Vancouver region of British... Lire plus