En juin, le gouvernement du Canada s’est engagé à investir jusqu’à 5,4 milliards de dollars sur deux ans dans l’écosystème canadien d’éducation de la petite enfance et des services de garde. Cette somme s’ajoute aux 58 milliards investis depuis 2021 dans le cadre d’ententes provinciales et territoriales sur les services de garde.
L’investissement tient compte d’une vérité toute simple : les services de garde abordables – tout comme les éducatrices et éducateurs qui y travaillent – constituent une infrastructure essentielle à la prospérité du Canada.
Toutefois, la demande de personnel qualifié dans ce domaine dépasse encore l’offre. De plus, un taux de roulement élevé, de l’information sur le marché du travail fragmentaire et des obstacles à la mobilité professionnelle plombent la profession.
Une forte pression s’exerce ainsi sur la main-d’œuvre au moment précis où la population canadienne compte le plus sur elle.
Des services de garde abordables et accessibles sont essentiels à l’avenir du Canada. Investir dans l’éducation à la petite enfance, c’est investir dans les personnes qui les rendent possibles.
Accroître l’offre de formation en éducation de la petite enfance
Les collèges, instituts, établissements polytechniques, cégeps et instituts d’enseignement autochtones du Canada jouent déjà un rôle essentiel pour relever ce défi à grande échelle.
Partout au Canada, plus de 80 collèges et instituts offrent plus de 150 programmes en éducation de la petite enfance qui forment la main-d’œuvre à la base du réseau de services de garde canadien, ce qui démontre la capacité du secteur à se mobiliser massivement en soutien à une mission nationale.
Des programmes flexibles, axés sur l’expérience, spécialisés et cumulables
Selon une enquête menée récemment auprès des membres de CICan :
- Les établissements proposent des diplômes traditionnels en éducation de la petite enfance ainsi que des parcours en ligne, hybrides, accélérés, à temps partiel, en milieu de travail, d’apprentissage et avec reconnaissance des acquis. Ils attirent ainsi des personnes en réorientation professionnelle, des nouveaux arrivants et arrivantes, de même que des professionnel·les en activité.
- La plupart des programmes d’éducation de la petite enfance comprennent des stages pratiques et en milieu de travail obligatoires ou des formes d’apprentissage. L’enquête a fait ressortir que l’apprentissage intégré au travail était un élément central de la formation partout au pays.
- Outre les diplômes de base en éducation de la petite enfance, les collèges proposent également des spécialisations, notamment dans les domaines suivants : soins aux poupons et bambins; besoins particuliers et éducation inclusive; éducation de la petite enfance autochtone; direction et administration; consultation ressource.
- Enfin, les collèges permettent le passage d’un programme à l’autre (du certificat au diplôme au grade), et les éducateurs et éducatrices d’expérience ont accès des programmes de direction et de gestion qui favorisent leur progression professionnelle.
À l’heure où le Canada vise à « bâtir en grand », il est plus important que jamais de disposer d’une main-d’œuvre solide en éducation de la petite enfance dans nos collectivités d’un océan à l’autre.
Des services de garde accessibles permettent aux parents de contribuer à la population active, soutiennent les enfants pendant leurs années les plus formatrices et contribuent à l’essor des collectivités. À bien des égards, la main-d’œuvre de demain que le Canada s’efforce de former prend naissance dès aujourd’hui dans les services de garde.
Se mobiliser pour de plus grandes retombées
Aucun établissement ne peut à lui seul régler les défis de main-d’œuvre dans le secteur de l’éducation de la petite enfance au Canada. Ensemble, toutefois, les collèges et les instituts peuvent créer les conditions nécessaires à l’édification d’un réseau de garderies plus résilient, accessible et viable.
Voilà pourquoi CICan rassemble, mobilise et fait rayonner ses membres par l’entremise d’initiatives où la coordination nationale, la capacité de rassemblement et les retombées à l’échelle du système sont essentielles. Dans le secteur de l’éducation de la petite enfance, cela signifie :
Bâtir une main-d’œuvre forte, mobile et durable en éducation à l’enfance
Collaborer avec l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne et la Fédération canadienne des services de garde à l’enfance pour renforcer le recrutement, la rétention, la mobilité et la viabilité à long terme de la main-d’œuvre dans le secteur de l’éducation de la petite enfance et des services de garde au Canada.
Bâtir une main-d’œuvre forte, mobile et durable en éducation à l’enfance est une nouvelle initiative nationale financée par Emploi et Développement social Canada.
Pédagogies inspirées de la Terre et de l’éducation en plein air en éducation de la petite enfance
Lancement d’une initiative pancanadienne financée par la Fondation Lawson et le Waltons Trust visant à renforcer l’éducation de la petite enfance grâce à des activités d’enseignement et d’apprentissage en plein air et axées sur le territoire.
La nouvelle initiative Pédagogies inspirées de la Terre et de l’éducation en plein air en éducation à l’enfance bénéficie d’un investissement total de 5 millions de dollars provenant de la Fondation Lawson et du Waltons Trust.
Pour bâtir une nation, il faut investir dans la population. Les services de santé que nous offrons, les maisons, les routes, les ports et les réseaux électriques que nous bâtissons et, au bout du compte, la croissance économique dont nous bénéficions dépendent tous d’une main-d’œuvre qualifiée. Et cette main-d’œuvre dépend de l’accessibilité de services de garde abordables et de qualité dans les milieux où travaillent les familles.
Si le Canada souhaite renforcer son économie des soins, nous devons reconnaître une vérité toute simple : il faut s’y prendre tôt pour édifier une nation.
Au lieu de nous demander si nous avons les moyens d’investir dans l’éducation de la petite enfance, demandons-nous si nous avons les moyens de ne pas le faire.
