11 juin 2026

Investir dans les infrastructures qui assurent l’avenir de la main-d’œuvre au Canada

Le Canada investit de façon historique pour bâtir grand.

Logements, grands projets nationaux, infrastructures vitales de commerce et d’exportation novatrices, augmentation des capacités en défense, modernisation de la production et du stockage d’énergie – les ambitions sont bien réelles. Toutefois, ces projets dépendent d’un facteur critique : la main-d’oeuvre.

La main-d’œuvre spécialisée est une ressource nationale essentielle dont les collèges et instituts sont les principaux fournisseurs. Hélas, leur potentiel se trouve compromis.

En cette période prébudgétaire, nous formulons six recommandations pour que le Canada fasse de son système collégial le pilier d’un bassin de talent solide pouvant répondre aux besoins des grands projets et de la croissance économique.

Une solution nationale coordonnée

Les collèges, instituts, cégeps, établissements polytechniques et instituts d’enseignement autochtones publics canadiens présentent un réseau national coordonné, ancré dans la collectivité, qui relie apprenantes et apprenants, employeurs et communautés, particulièrement en région rurale ou éloignée et dans les territoires autochtones où se déploieront plusieurs grands projets.

Ce modèle fonctionne et livre déjà des résultats. Ces établissements sont :

  • ancrés dans la collectivité : plus de 95 % de la population canadienne et de 86 % des Autochtones vivent dans un rayon de 50 km d’un campus collégial;
  • axés sur les besoins des entreprises : ils offrent plus de 10 000 programmes souples et adaptables, conçus en collaboration étroite avec les entreprises pour répondre aux besoins évolutifs du marché. Ils forment 70 % des personnes inscrites en apprentissage au Canada et sont les principaux fournisseurs de l’ensemble de la formation préapprentissage au pays.
  • des innovateurs locaux : ils jouent également leur rôle en recherche appliquée et en innovation en préparant les entreprises aux nouvelles technologies visant à améliorer leur productivité, particulièrement dans des secteurs comme la construction et la fabrication de pointe. À cette fin, ils s’appuient sur près de 500 centres et laboratoires de recherche spécialisés.

Le budget de cette année exige une action audacieuse et coordonnée pour libérer le potentiel de ce réseau national.

Outiller les collèges pour produire encore plus de résultats

Les investissements visant à accroître le nombre de travailleuses et travailleurs qualifiés ne produiront leurs effets que si le Canada investit également dans la capacité des établissements qui les forment. Alors que plus de 1,4 million de personnes devront intégrer les métiers spécialisés d’ici 2033, les collèges et instituts font déjà face à des contraintes de capacité, à des listes d’attente croissantes et à des parcours d’apprentissage qui demeurent fragmentés d’une administration à l’autre. Bien que la Mise à jour économique du printemps vise à ajouter 100 000 titulaires du Sceau rouge d’ici 2030, l’atteinte de cet objectif nécessitera un renforcement significatif du système public de formation.

Là où la demande s’amplifie, les capacités doivent suivre.

S’ils améliorent leurs infrastructures (équipement modernisé, capacités et espaces de formation accrus), les collèges et instituts seront en mesure de former le volume de travailleuses et travailleurs dont le Canada a besoin.

Éliminer les obstacles et libérer le potentiel canadien

Pour passer de l’ambition à l’action, le Canada doit agir de manière décisive afin d’éliminer les obstacles structurels qui freinent le développement de son bassin de talents.

CICan recommande l’élaboration d’une stratégie nationale de développement de la main-d’œuvre qui canalisera les investissements vers les grands projets et les priorités économiques, pour faire en sorte que les bonnes compétences soient développées aux bons endroits et au bon moment.

Essentiellement, cette stratégie doit être soutenue par des investissements ciblés dans les infrastructures de formation en vue d’élargir les capacités, de réduire les engorgements et de permettre aux collèges et instituts publics de former beaucoup plus d’apprenantes et d’apprenants pour répondre aux besoins.

En outre, une meilleure coordination des gouvernements, des employeurs et des fournisseurs de formation est nécessaire pour assurer la cohérence et l’efficacité des efforts déployés dans le développement de la main-d’œuvre partout au pays.

Ces actions, menées de front, élimineront les obstacles systémiques et traduiront les investissements canadiens en réalisations tangibles et mesurables.

En cette période prébudgétaire, nous formulons six recommandations pour que le Canada fasse de son système collégial le pilier d’un bassin de talent solide pouvant répondre aux besoins des grands projets et de la croissance économique.

LIRE NOTRE MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE

Réaliser les ambitions canadiennes

Le Canada a l’ambition. Il a réalisé des investissements importants pour accroître le nombre d’apprenties et apprentis et soutenir leur progression. Et il peut compter sur des établissements prêts à livrer les résultats.

C’est en éliminant les barrières au développement d’un bassin de talent, comme le manque d’infrastructures de formation, que le Canada pourra transformer l’ambition en action.

Les collèges et instituts publics sont prêts à mener cette action, en collaboration avec les gouvernements, les entreprises et les collectivités, pour former une main-d’œuvre spécialisée, inclusive et tournée vers l’avenir.

Car en définitive, bâtir l’avenir du Canada, c’est plus que construire; c’est se donner les moyens de former les hommes et les femmes qui feront le travail.