Qu’est-ce qui me trotte en tête? Avec Pari Johnston.
Une année peut changer bien des choses.
La dernière édition de CICan sur la Colline me ramène en pensée au mois de novembre 2025, lors de la présentation d’un budget fédéral axé sur la construction de l’avenir du pays.
L’ambition était claire : investir dans le logement, les infrastructures, la défense et l’énergie, et consolider les bases d’une économie plus forte et plus résiliente.
Ce programme rejoignait directement la mission des collèges et instituts publics d’un océan à l’autre. Après tout, qui forme les personnes qualifiées nécessaires pour bâtir, faire fonctionner, maintenir ces nouvelles infrastructures et concrétiser ces investissements ambitieux? Qui aide les entreprises canadiennes à innover, à adopter de nouvelles technologies et à améliorer leur productivité?
Et pourtant, le Budget 2025 ne prévoyait aucun investissement explicite dans la capacité de notre secteur à contribuer à la réalisation de ces ambitions.
Ce moment a cristallisé à mes yeux un défi, mais aussi une occasion à saisir. Nous savions que nos établissements étaient essentiels à l’avenir du Canada. Il nous fallait toutefois rendre ce lien plus évident aux yeux des personnes qui définissent et financent les priorités nationales.
La mise à jour économique du printemps a apporté une première réponse à notre appel.
Et six mois plus tard, nous avons maintenant des discussions d’une tout autre nature.

De plaidoyer à la création de partenariats stratégiques
Plus tôt ce mois-ci, 25 dirigeantes et dirigeants de collèges et instituts, dont 22 présidences et trois vice-présidences représentant sept provinces, se sont joints à nous à Ottawa pour CICan sur la Colline.
En deux jours, notre délégation a participé à près de 30 rencontres avec des parlementaires, des hauts fonctionnaires et des partenaires clés. Parmi celles-ci figuraient des échanges avec la ministre de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, le secrétaire d’État au Travail, John Zerucelli, des secrétaires parlementaires, de hauts responsables du Bureau du Conseil privé, des conseillers du premier ministre et des représentants de la haute direction des Forces armées canadiennes.
Nous avons également organisé trois tables rondes consacrées à la recherche appliquée et au développement de la main-d’œuvre, et accueilli plus d’une centaine de partenaires à notre réception annuelle, dont le secrétaire parlementaire du ministre de l’Industrie, Karim Bardeesy.

Mais ce qui m’a le plus marquée n’est pas le nombre de rencontres. C’est la nature des discussions.
Un changement était perceptible. Nous n’avions plus à démontrer pourquoi les collèges et instituts devaient faire partie de l’avenir du Canada. Nous discutions plutôt des façons dont le gouvernement et nos établissements pouvaient travailler ensemble, de manière concertée, pour concrétiser les priorités nationales, au bénéfice des Canadiennes et des Canadiens et de leurs collectivités.
Les représentantes et représentants fédéraux étaient à la recherche de solutions concrètes : des projets d’infrastructures prêts à démarrer pour accroître la capacité de formation publique et former davantage d’apprentis, plus rapidement; des données sur le marché du travail et une expertise opérationnelle pour éclairer la planification de la main-d’œuvre nécessaire aux grands projets; et des possibilités de miser sur la recherche appliquée pour stimuler l’innovation locale, la productivité des PME canadiennes et la croissance économique régionale.
Au fil des discussions sur le développement de la main-d’œuvre, la préparation à la défense, les infrastructures et l’innovation, un message s’imposait de plus en plus clairement : les collèges et instituts publics sont des partenaires essentiels à la capacité du Canada de concrétiser ses grandes priorités nationales, au rythme et à l’échelle nécessaires.
J’ai véritablement eu le sentiment que nous étions du même côté de la table, à chercher ensemble des solutions et à déterminer comment nos établissements pouvaient transformer les ambitions nationales en retombées concrètes dans les collectivités.
J’ai quitté la Colline parlementaire avec un optimisme résolu et une réelle confiance dans la suite des choses.

Bâtir. Déployer. Innover. Prospérer.
Quatre concepts complémentaires ont guidé nos discussions lors de CICan sur la Colline : Bâtir. Exploiter. Innover. Prospérer.
Ils résument la contribution de notre réseau pancanadien d’établissements membres à l’avenir du pays.
- Bâtir. Former les travailleuses et travailleurs des métiers spécialisés, les techniciennes et techniciens ainsi que les technologues nécessaires à la réalisation des grands projets nationaux.
- Déployer. Développer la main-d’œuvre qui assurera l’exploitation, l’entretien et la pérennité de ces investissements pour les décennies à venir.
- Innover. Miser sur la recherche appliquée et les partenariats avec l’industrie pour favoriser l’adoption de nouvelles technologies, accroître la productivité et apporter des solutions concrètes aux défis des entreprises.
- Prospérer. Transformer les investissements nationaux en emplois de qualité, en collectivités plus fortes et en possibilités durables pour la population canadienne.
Nos 120 collèges, instituts, cégeps, établissements polytechniques et instituts autochtones d’enseignement publics occupent une position privilégiée pour contribuer à ces priorités.
Avec 95 % de la population canadienne vivant à moins de 50 kilomètres d’un établissement membre de CICan, notre réseau relie les ambitions nationales aux réalités locales. Chaque année, nos établissements diplôment plus de 300 000 personnes, dont plus de 40 000 dans les programmes liés aux métiers de la construction.
Mais leur contribution va bien au-delà de ces chiffres. Nos membres sont profondément ancrés dans leurs communautés, étroitement liés aux employeurs et capables de répondre à l’évolution des besoins en main-d’œuvre.
C’est à travers eux que les ambitions nationales deviennent des résultats concrets à l’échelle locale.
Comme le reconnaît notre Feuille de route vers 2030, cette force collective représente aussi notre plus grande occasion d’agir : réunir les établissements de formation, les gouvernements et les partenaires autour de priorités communes et transformer cette collaboration en une action collective porteuse de résultats pour bâtir un Canada fort et résilient.
Renforcer notre capacité à livrer des résultats
L’occasion qui se présente à nous est considérable. Mais pour réaliser pleinement le potentiel de notre réseau, nous devons disposer d’une capacité de formation et d’innovation à la hauteur des ambitions grandissantes du Canada.
Prenons les métiers spécialisés de la construction. Aujourd’hui, environ 44 000 personnes souhaitant entreprendre une formation figurent sur les listes d’attente de nos établissements membres à l’extérieur du Québec, dont près de 22 000 apprenties et apprentis.
C’est un bassin extraordinaire de personnes prêtes à acquérir les compétences dont le Canada a décidément besoin.
Imaginez ce que nous pourrions accomplir en augmentant la capacité de formation publique, en permettant à davantage de personnes d’acquérir les compétences recherchées et en les reliant aux grands projets qui prennent forme partout au pays.
L’initiative fédérale Équipe Canada forte, dotée de 8 milliards de dollars, représente un engagement générationnel visant à soutenir le recrutement, la formation et l’embauche de jusqu’à 100 000 nouvelles travailleuses et nouveaux travailleurs certifiés Sceau rouge d’ici 2030-2031.
Elle comprend 6 milliards de dollars en mesures de soutien administrées par le gouvernement fédéral, notamment pour permettre aux jeunes d’explorer les carrières dans les métiers spécialisés, encourager le recrutement, la rétention et l’achèvement des apprentissages, et appuyer les employeurs. Elle comprend également de récents investissements dans le Programme pour la formation et l’innovation en milieu syndical, auquel les collèges et instituts peuvent participer à titre de partenaires admissibles.

À cela s’ajoutent 2 milliards de dollars destinés aux provinces et territoires pour élargir les possibilités de formation professionnelle et d’apprentissage. Ces investissements offrent l’occasion de soutenir les collèges et instituts publics en finançant les installations, l’équipement, le personnel enseignant, la capacité de formation technique, les modes de prestation mobiles ainsi que les mesures d’accompagnement favorisant la réussite des apprenants et l’achèvement des apprentissages.
Ensemble, ces nouveaux engagements constituent des avancées importantes et ouvrent la voie à de nouvelles possibilités de renforcer notre système public de formation.
Pour nous, la priorité est de veiller à ce que ces investissements se traduisent concrètement par les installations, les équipements, les ressources enseignantes, les modes de formation flexibles et les mesures de soutien nécessaires pour accroître les capacités et permettre à davantage d’apprenties et d’apprentis de terminer leur formation.
Alors que le Canada investit dans la construction de son avenir, nous devons nous assurer que les infrastructures publiques de formation et d’innovation nécessaires à la réalisation de ses ambitions se développent au même rythme.
C’est précisément sur cette question que nos échanges avec le gouvernement ont porté : passer à la mise en œuvre, déterminer les partenariats stratégiques à établir et cibler les investissements qui permettront à nos établissements de livrer des résultats au rythme et à l’échelle dont le Canada a besoin.
À l’approche du Budget 2026, notre objectif est de veiller à ce que les collèges et instituts puissent contribuer pleinement à la réalisation de résultats durables pour la population canadienne.

Transformer l’élan en résultats durables
En repensant à la dernière année, je suis fière du chemin que nous avons parcouru ensemble.
Merci aux dirigeantes et dirigeants des collèges et instituts qui se sont rendus à Ottawa pour porter la voix de leurs collectivités et partager leurs expériences. Merci à nos partenaires gouvernementaux et industriels pour leur ouverture à une collaboration stratégique. Et merci à toute l’équipe de CICan pour son engagement quotidien au service de nos membres, qui a rendu ces progrès possibles.
Il y a un an, nous cherchions à faire reconnaître la place de notre secteur dans les grandes ambitions nationales du Canada.
Aujourd’hui, nous sommes du même côté de la table, à travailler coude à coude avec le gouvernement et nos partenaires, les manches retroussées, pour transformer ces ambitions en résultats concrets pour la population canadienne.
C’est une avancée réelle et significative, qui me donne une grande confiance dans la suite des choses.

