Protocole sur l’éducation des Autochtones

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Historique et contexte

L’éducation a toujours fait partie intégrante du transfert des connaissances d’une génération à l’autre pour les familles et les communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Avec l’instauration d’une éducation officielle, les connaissances et les cultures des divers peuples autochtones ont souvent été marginalisées. Le droit à l’éducation était traditionnellement reconnu par les chefs autochtones1 et le gouvernement du Canada. Les traités qui furent signés par les chefs des Premières Nations promettaient la mise en place d’un système d’éducation équitable qui offrirait à leurs populations des compétences permettant de contribuer pleinement à la vie économique du pays, de même que d’assurer une continuité des connaissances, des langues, des cultures et des traditions autochtones.

Le Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, publié en 1996, a reconnu l’éducation comme un droit issu des traités

Que le gouvernement du Canada reconnaisse son obligation à l’égard des nations signataires de traités et la remplisse en finançant une gamme complète de services éducatifs destinés aux membres des nations signataires de traités, notamment au niveau postsecondaire, chaque fois que le texte des traités, les documents connexes ou les comptes rendus oraux des parties concernées prévoient la prestation de services d’éducation.2

Ce Rapport soulignait le besoin, pour le gouvernement fédéral, d’appuyer l’apprentissage à vie et d’identifier les obstacles auxquels les apprenants autochtones étaient confrontés, une situation qui demeure, encore aujourd’hui, d’actualité :

  • « Vivant dans des collectivités bien souvent isolées, ils n’ont accès qu’à un nombre limité de programmes.
  • Les cours offerts ne sont pas ancrés dans leur mode de vie et leur situation.
  • Les conditions d’entrée ne tiennent pas compte de leurs antécédents et de leur culture.
  • Les programmes leur offrent rarement l’appui individuel dont ils ont besoin, en particulier sur le plan des services de garderie pour les étudiantes adultes ».3

L’accès des Autochtones à l’éducation postsecondaire, la réussite des apprenants, l’inclusion et le développement communautaire s’inscrivent dans les priorités stratégiques de Collèges et instituts Canada (CICan) depuis sa création en 1972.

CICan a élaboré le Protocole sur l’éducation des Autochtones pour les collèges et instituts afin d’appuyer l’engagement des membres visant l’amélioration des services aux apprenants et les communautés autochtones. Ceci sera achevé par la mise en valeur des pratiques exemplaires, surtout sur les méthodes et les structures indispensables pour répondre aux besoins des apprenants autochtones et renforcer l’autodétermination et le développement socio-économique de leurs communautés. L’esprit du Protocole est d’aider les collèges et instituts à tenir leur engagement vis-à-vis de l’éducation des Autochtones et d’offrir une vision d’ensemble des efforts à fournir pour s’améliorer et mieux desservir la population autochtone.

Les collèges et instituts sont organisés et structurés différemment pour répondre aux besoins des apprenants autochtones et à ceux de leur communauté. S’il est vrai que le Protocole est un document utilisable à l’échelle du pays, il doit aussi reconnaître et tenir compte des besoins des communautés locales. C’est pourquoi nous invitons les établissements membres de CICan à le diffuser auprès des collectivités membres des Premières Nations, métisses et inuites avec lesquelles ils travaillent en partenariat. La page destinée à recevoir les signatures des établissements partenaires a été prévue afin d’offrir un soutien aux collèges et instituts dans leurs efforts de diffusion du Protocole auprès de leurs partenaires communautaires autochtones.

Le Protocole sur l’éducation des Autochtones résulte d’un apport direct des établissements membres, sous la direction du Comité sur l’éducation des Autochtones, constitué de représentants de collèges et instituts de tous les provinces et territoires, de même que des consultations tenues à l’occasion du Colloque de décembre 2013 sur les services aux apprenants et aux communautés autochtones et des congrès annuels de CICan en 2013 et 2014.

CICan a publiquement abordé la question de l’accès des Autochtones à l’éducation postsecondaire en soumettant des mémoires à ce sujet aux comités du Parlement et du Sénat. Elle met de l’avant des pratiques exemplaires de collèges et instituts desservant les apprenants et les communautés autochtones dans des publications, ainsi que des colloques et congrès nationaux. Elle travaille par ailleurs en collaboration avec des organisations autochtones pancanadiennes et le Protocole sur l’éducation des Autochtones sera crucial pour appuyer les prises de position conjointes adoptées vis-à-vis du gouvernement fédéral quant à l’importance d’accroître l’accès des Autochtones à l’éducation postsecondaire.

1 Aux fins du présent Protocole, le terme « Autochtone » désigne les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits, qui sont les trois groupes distincts des peuples autochtones du Canada
2 Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, 1996 b, vol. 3, p. 689. (tiré de l’Annexe A : Liste des recommandations du volume 3)
3 À l’aube d’un rapprochement : Points saillants du Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, 1996. p. 47.

Comité sur l’éducation des Autochtones

Le Comité sur l’éducation des Autochtones de Collèges et instituts Canada a pour mandat d’orienter et coordonner la rédaction d’un Protocole sur l’éducation des Autochtones pour les collèges et instituts.

Le Comité est composé de membres des régions, des zones urbaines et rurales, d’instituts autochtones et de l’Assemblée des Premières Nations. Pour représenter les perspectives de différents établissements, il est constitué de présidents ou directeurs généraux, de vice-présidents, de doyens et de directeurs qui s’occupent des programmes et des services aux Autochtones et des communications.

  • Ken Tourand, président, Nicola Valley Institute of Technology – président du comité
  • Angela Acott-Smith, vice-présidente adjointe aux affaires étudiantes, New Brunswick Community College
  • Karen Barnes, présidente, Yukon College
  • Paula Burns, présidente-directrice générale, Lethbridge College
  • Eric Corneau, doyen du campus Nunatta, Nunavut Artic College
  • Kim Fraser-Saddleback, vice-présidente à l’enseignement et aux services aux étudiants, Saskatchewan Indian Institute of Technologies
  • Diane Gauvin, doyenne des sciences sociales et des technologies des affaires, Collège Dawson
  • Carolyn Hepburn, directrice de l’éducation des Autochtones, Sault College
  • Wayne Poirier, vice-président, services aux étudiants, Mohawk College
  • Larry Rosia, président-directeur général, SIAST
  • Brenda Small, vice-présidente, Centre des politiques pour l’apprentissage des Autochtones, Confederation College
  • Laureen Styles, vice-présidente à l’enseignement, Justice Institute of British Columbia
  • Kory Wilson, directrice, éducation et services aux Autochtones, Vancouver Community College
  • Anna Toneguzzo est la personne-ressource à Collèges et instituts Canada; le comité relève de Terry Anne Boyles, vice-présidente, Politique publique et Partenariats canadiens