Protocole sur l’éducation des Autochtones

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Protocole sur l’éducation des Autochtones pour les collèges et instituts

Les collèges et instituts respectent et reconnaissent le fait que les peuples autochtones, c’est-à-dire les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits, disposent chacun d’une culture, d’une langue, d’une histoire et de points de vue contemporains distincts.

Ils reconnaissent que l’éducation des Autochtones se fonde sur les traditions intellectuelles et culturelles des peuples autochtones du Canada. Ils savent aussi que l’éducation des Autochtones renforcera la contribution des collèges et instituts à l’amélioration de la vie des apprenants et de leur communauté.

Afin de réaffirmer l’importance de l’éducation des Autochtones, Collèges et instituts Canada, en collaboration avec ses membres et des partenaires autochtones, a développé  un Protocole sur l’éducation des Autochtones. Cet ambitieux document met en exergue l’importance des structures et des approches nécessaires pour répondre aux besoins en éducation des peuples autochtones et pour appuyer l’autodétermination et le développement socioéconomique des communautés autochtones.

Ce protocole se base sur sept principes qui visent à guider les établissements qui accepteront de le signer.

Liste des signataires

Les établissements signataires acceptent :

1. S’engager à faire de l’éducation des Autochtones une priorité.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

Incorporer au plan stratégique des collèges et instituts le mandat de desservir les apprenants et les communautés autochtones afin de s’assurer que les besoins de ces apprenants sont pris en considération dans la planification et les prises de décision de l’établissement.

2. Voir à ce que les structures de gouvernance reconnaissent les peuples autochtones et les respectent.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

Garantir la représentation autochtone au sein des conseils d’administration des collèges et instituts, des comités consultatifs sur les programmes, des associations d’étudiants, en y garantissant des sièges pour des chefs des Premières Nations, Métis et Inuits, et en permettant la constitution de conseils consultatifs autochtones et conseils des Aînés/Sénateurs Métis parallèles.

3. Faire appel aux traditions intellectuelles et culturelles autochtones dans la mise en œuvre des programmes d’études et des méthodes d’apprentissage adaptés aux apprenants et à leur communauté.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

Programmes de transition et de mise à niveau :

  • établir des liens et des partenariats entre l’enseignement de la maternelle à la 12e année et l’enseignement postsecondaire, notamment par l’offre de possibilités de double reconnaissance de crédit, permettant une reconnaissance de ces crédits tant par les écoles secondaires que par les collèges et instituts;
  • intégrer aux programmes de mise à niveau provinciaux des programmes ou des modules de mise à niveau centrés sur les besoins des apprenants autochtones;
  • offrir une certaine souplesse en matière de prestation de programmes de transition afin de permettre aux apprenants d’interrompre leurs études pour des raisons familiales, communautaires ou professionnelles, et de les reprendre plus tard;
  • utiliser des outils d’évaluation pertinents sur le plan culturel, qui peuvent être différents pour les apprenants des Premières Nations, Métis et Inuits.

Programmes d’études des collèges et instituts :

  • saisir et refléter l’histoire, et notamment l’histoire orale, telle que la comprennent les Autochtones, dans l’ensemble du programme d’études;
  • promouvoir et appuyer la préservation des langues autochtones;
  • incorporer aux programmes les traditions intellectuelles et culturelles des autochtones;
  • combiner une pédagogie et une épistémologie imprégnées du savoir des Aînés/Sénateurs Métis;
  • faire face aux séquelles des pensionnats, reconnaître les défis que pose le contexte institutionnel et favoriser le processus de guérison et de réconciliation;
  • reconnaître que le savoir autochtone peut profiter à tous les apprenants (par exemple, en matière d’environnement et de justice) et disposer de mécanismes pour que le transfert de savoir se fasse dans les deux sens, par exemple aussi bien selon des modes scientifiques que traditionnels.

Méthodes d’apprentissage :

  • offrir une certaine souplesse dans la prestation des programmes et des cours, et prévoir des possibilités d’interruption et de reprise des cours;
  • élaborer et mettre en œuvre des programmes de formation et d’éducation communautaire qui s’alignent sur les besoins de développement social et économique et les besoins du marché du travail des communautés autochtones, reconnaissant que les peuples autochtones sont distincts et que les besoins en matière de programmes d’éducation de leurs communautés sont différents;
  • reconnaître la légitimité du savoir traditionnel en allouant des crédits postsecondaires dans ce domaine, comme pour les autres compétences ou domaines d’expertise.

4. Aider les étudiants et les employés afin qu’il existe une meilleure compréhension mutuelle et une plus grande réciprocité des relations entre Autochtones et non-Autochtones.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

  • Reconnaître le territoire et les terres sur lesquels se situent les collèges et instituts, et intégrer l’usage des langues autochtones aux événements, cérémonies et réunions qui y sont organisés.
  • Intégrer les façons de faire et les façons d’être traditionnelles aux mécanismes liés au fonctionnement de l’établissement (par exemple, prière/mots de bienvenue des Aînés/Sénateurs Métis, fêtes et célébrations, danse du tambour, cercles de guérison/cercles de partage, narration d’histoires et de contes).
  • Créer un milieu dans lequel toute personne a une responsabilité à l’égard des questions autochtones par l’entremise d’une responsabilisation intersectorielle, plutôt qu’émanant de la direction.
  • Offrir à tout le personnel, enseignant et non enseignant, une formation interculturelle à l’histoire autochtone (corps professoral, personnel administratif, personnel de soutien et personnel responsable des installations et de l’équipement), notamment par des possibilités et des activités d’apprentissage expérientiel et pratique, réalisées sur le terrain et centrées sur la géographie locale.

5. S’engager à augmenter le nombre d’employés autochtones par des nominations à durée indéterminée dans les diverses catégories d’emplois de l’établissement, y compris celle des cadres supérieurs.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

  • Améliorer les services de première ligne destinés aux étudiants autochtones en allouant des ressources afin de leur garantir un accès régulier aux services des Aînés/Sénateurs Métis de la communauté ou en résidence à l’établissement.
  • Établir des cibles pour l’embauche d’employés des Premières Nations, Métis et Inuits au collèges et instituts, à tous les niveaux.
  • Veiller à définir, dans les stratégies d’embauche et de perfectionnement des ressources humaines de l’établissement, des objectifs et des méthodes visant à augmenter le nombre d’Autochtones au sein du personnel enseignant et non enseignant.

6. Établir des services et un milieu d’apprentissage holistiques centrés sur les apprenants autochtones pour garantir leur réussite.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

  • Amorcer le recrutement des élèves autochtones avant que ceux-ci n’aient atteint les classes de la 7e à la 10e année afin de les familiariser aux programmes d’études des collèges et instituts et aux possibilités de carrière associées à ces programmes, et de les sensibiliser aux prérequis à acquérir au secondaire.
  • Offrir des services d’évaluation pertinents sur le plan culturel :
    • services d’évaluation et de reconnaissance des acquis (RAC) qui reconnaissent le savoir traditionnel et l’expérience de vie des apprenants.
    • nécessité de prendre en considération, lors des évaluations d’anglais/français et de mathématiques, les lacunes que peuvent avoir en anglais ou en français les apprenants de langue autochtone et leur allouer davantage de temps pour qu’ils puissent réussir.
  • Modifier le symbolisme qui existe dans tout l’établissement afin qu’il soit plus respectueux et plus inclusif des façons de faire autochtones et accroître la visibilité de la culture autochtone dans les lieux de rassemblement, les jardins, la signalisation, les œuvres d’art exposés et les cérémonies.
  • Passer d’une approche centrée sur la sécurité d’un lieu à celle centrée sur la sécurité du campus dans son ensemble en veillant à ce que la culture, la langue et le rôle des Aînés/Sénateurs Métis ne soient pas considérés comme étant compartimentés, mais qu’ils soient visibles et viables dans tous les aspects des activités de l’établissement et de l’expérience vécue par les étudiants.
  • Offrir des services d’aide axés sur la population autochtone afin de répondre aux besoins des apprenants selon un mode global et en s’inspirant de la sagesse et de l’orientation des Aînés/Sénateurs Métis, notamment :
    • services des Aînés/Sénateurs Métis de la communauté ou en résidence à l’établissement;
    • aide au logement, services de garde enfants, transports;
    • tutorat et autres services de soutien à l’apprentissage;
    • service de counseling en santé et en santé mentale;
    • service de mentorat et d’encadrement par des étudiants diplômés;
    • service d’orientation professionnelle et d’emploi; et
    • accent mis sur la structuration des activités autour de la famille.
  • Veiller à ce que les services de soutien soient pluridimensionnels pour répondre aux besoins respectifs de chaque groupe autochtone : qu’il s’agisse des Autochtones vivant en milieu urbain ou en milieu rural, des Autochtones inscrits ou non inscrits, des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits
  • Veiller à l’intégration des systèmes et des dispositions pour éliminer les obstacles financiers auxquels les étudiants autochtones sont confrontés, notamment par :
    • des places parrainées;
    • des fonds de participation aux programmes de mise à niveau;
    • une aide financière, y compris des bourses et prix divers;
    • le financement de partenariat pour l’organisation de visites, de réunions et d’événements;
    • l’allocation d’une subvention de base par l’établissement pour minimiser la dépendance à l’égard de modes de financement souples;
    • l’abolition des frais de scolarité dans le cas d’enfants à charge;
    • modèles de financement différenciés au sein des établissements pour tenir compte des plus faibles taux d’inscription.

7. Nouer des relations avec les communautés autochtones et assumer la responsabilité du soutien à leur autodétermination par l’éducation, la formation et la recherche appliquée.

Pratiques exemplaires liès à l’application de ce principe :

  • Officialiser les partenariats des collèges et instituts avec les collectivités membres des Premières Nations, métisses et inuites, les établissements d’enseignement supérieur autochtones et les organismes autochtones tels que les centres d’amitié et les conseils communautaires métis, en reconnaissant l’égalité de statut des divers partenaires.
  • Identifier les besoins de la communauté selon une approche consultative ouverte et authentique, notamment en ce qui concerne :
    • la façon dont la communauté veut travailler avec le collège ou l’institut;
    • le contenu des programmes d’éducation et de formation;
    • les modes et lieux de prestation.
  • Voir à ce que les partenariats des collèges et instituts avec les communautés autochtones sont adaptés aux besoins de développement économique et du marché du travail de ces communautés :
    • en favorisant les occasions de mobilisation de la part de la communauté, du collège et de l’industrie concernés et les possibilités de projets conjoints;
    • en encourageant l’entreprenariat et le développement commercial dans les communautés autochtones;
  • Élaborer et diffuser des programmes d’études sur la gouvernance des communautés autochtones, et susciter une connaissance, une compréhension et une appréciation plus profondes à l’égard de l’autogouvernance et de l’autodétermination.
  • Soutenir la viabilité des communautés autochtones en offrant des programmes communautaires qui traitent des préoccupations industrielles et environnementales.