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Lettre ouverte à la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail

La lettre suivante a été adressée à l’honorable Patty Hajdu, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail

 

Madame la Ministre,

Étant donné que 95 % de la population canadienne et 86 % des Autochtones vivent dans un rayon de 50 kilomètres d’un collège, d’un institut, ou d’un cégep, ces établissements se trouvent dans une position sans pareille pour appuyer le développement des compétences partout au pays.

CICan salue le lancement de l’Allocation canadienne pour la formation (ACF). Ce programme constitue une première étape prometteuse vers l’établissement d’une culture de l’apprentissage continu au Canada et l’assurance que les Canadiennes et les Canadiens possèdent les compétences nécessaires à une économie en évolution. Les collèges, instituts et cégeps du Canada ont hâte de collaborer avec votre ministère au peaufinage et à la mise en œuvre de l’ACF pour que les établissements soient prêts à répondre aux besoins en perfectionnement des compétences des travailleuses et travailleurs et de leurs employeurs, que la main-d’œuvre soit en transition vers de nouveaux rôles ou mise à pied en raison de la transformation des milieux de travail.

Pour que la formation appuyée par l’ACF soit aussi ciblée et efficace que possible, les Canadiennes et Canadiens doivent savoir sur quoi miser lorsqu’ils suivent une formation professionnelle. C’est particulièrement le cas pour les personnes appartenant à des groupes vulnérables, qui ne sont peut-être pas conscientes des compétences qu’elles possèdent déjà et qu’elles peuvent mettre à profit grâce à une formation ciblée. Les collèges et instituts utilisent un ensemble de pratiques en matière de qualité, de processus et d’outils bien conçus qui permettent à la main-d’œuvre de se faire reconnaître pour sa formation antérieure et son expérience de travail : l’évaluation et la reconnaissance des acquis (ÉRA), la reconnaissance des acquis (RA), ou la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC). Ces processus consistent notamment à conseiller les apprenants et à évaluer leurs aptitudes et compétences selon des connaissances qu’ils ont acquises dans le cadre d’une éducation formelle, informelle et non formelle, et de leur expérience professionnelle. Les apprenants qui peuvent démontrer de façon fiable leurs connaissances et leurs compétences en lien avec les résultats de l’apprentissage scolaire se voient accorder des crédits par l’entremise de l’ÉRA pour des programmes d’études postsecondaires ou de formation professionnelle connexes. L’ÉRA est avantageuse pour les gens qui ont appris en cours d’emploi, qui ont reçu une formation à l’étranger, qui sont en transition vers l’armée ou qui la quittent. Ce processus a le potentiel de rationaliser le perfectionnement des compétences et de réduire le temps et le coût de la formation pour les apprenants, en reconnaissant leurs connaissances actuelles et ce qu’ils peuvent déjà faire, et, si nécessaire, de fournir une formation ciblée uniquement pour les connaissances et les compétences qui leur manquent, éliminant ainsi la nécessité de répéter les apprentissages. Cependant, le coût est souvent un obstacle pour les apprenants qui veulent tirer profit des services d’ÉRA dans les collèges et les instituts, en particulier pour les personnes appartenant à des groupes vulnérables.

Nous aimerions souligner les avantages de l’ÉRA et recommander que l’ACF permette aux Canadiennes et aux Canadiens de réclamer le coût de ce processus lorsqu’ils demandent le Crédit canadien pour la formation et la Prestation de soutien à la formation d’assurance-emploi. En permettant à la population active d’obtenir la reconnaissance de ses acquis, de ses compétences et de son expérience, nous lui indiquons sur quoi miser pour se perfectionner, ce qui permet aux établissements postsecondaires de mieux cibler la formation. Cela pourrait également encourager les apprenants à poursuivre leur formation et permettre aux établissements d’enseignement postsecondaire d’élaborer des programmes d’apprentissage adaptés plus courts et des contrats d’apprentissage individuels qui ciblent les lacunes définies. Nous croyons fermement que l’ÉRA sera la clé du succès de l’ACF.

Nous serions heureux de fournir plus d’information et de collaborer avec des experts en ÉRA au sein des établissements membres de CICan et de la seule organisation nationale d’ÉRA du Canada, l’Association canadienne pour la reconnaissance des acquis, pour guider le travail de votre ministère pendant la mise en œuvre de l’ACF. CICan se réjouirait aussi de contribuer à faire connaître le programme et de se charger de l’ÉRA pour rationaliser les parcours de formation.

Le Canada doit se forger une culture d’apprentissage continu – en milieu de travail et dans les établissements de formation – et outiller les travailleurs à acquérir de nouvelles compétences par eux-mêmes. En facilitant la reconnaissance des acquis et en les transformant en crédits transférables et en possibilités de formation personnalisée, nous donnons encore plus de raisons à la population active de se tourner vers l’apprentissage et le perfectionnement des compétences.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

Denise Amyot
Présidente-directrice générale